Critiques

ROMANCE (Critique Mini-Série) Un vrai régal d’intelligence, de subtilité et de finesse…

SYNOPSIS: 2020. Jérémy a 32 ans. Il habite Paris. Solitaire, « refusant d’appartenir à son époque », il tombe amoureux d’une femme sur une photographie. Une photo prise à Biarritz en 1960.
Romance, c’est l’histoire d’une rencontre qui n’aurait pas dû avoir lieu ; une rencontre amoureuse, passionnelle qui va bouleverser des destins et changer des vies.
2020 : Jérémy découvre un club « le Wonderland ». On y chante et on y danse le rock. Ce club, inexplicablement, va servir à Jérémy de « porte ». Un passage entre le Paris des années 2020 et le Biarritz des années 60.
Un voyage dans le temps… à la fois effrayant et merveilleux.
Biarritz été 1960 : le début du surf ; l’arrivée du rock ; le soleil et l’insouciance. Jérémy rencontre la femme photographiée. Elle se prénomme Alice et elle aussi porte un mystère. Alice : un passé à découvrir, un secret à dévoiler, un amour à vivre… et un destin à sauver.

On connait le travail d’Hervé Hadmar et on l’aime de manière inconditionnelle depuis Les Oubliés jusqu’à Au-delà des murs en passant par Pigalle La Nuit et Les Témoins, une oeuvre qu’il a construite avec Marc Herpoux et qui a, grâce à un vrai travail d’orfèvre en terme d’écriture et à une empreinte formelle indéniable, mis tout le monde – critique et public – d’accord. Dans leur recherche constante d’invention, dans les fantasmes que leurs histoires véhiculent et dans leur manière unique de transcender leurs récits par le biais du genre, ils sont parvenus à nous offrir des propositions sérielles uniques et inédites. Avec Romance, Hervé Hadmar part cette fois-ci seul  à la recherche de l’adéquation entre le fond et la forme. Cette mini-série de six épisodes qu’il a écrite et réalisée est, disons-le tout net, un enchantement. Innovante, enivrante, passionnante, elle parvient à dire des choses sur la vie, l’amour, le rêve, le fantasme avec une délicatesse de dentelière et une sensibilité exacerbée qui font de cette histoire une véritable et émouvante réussite.

Avec peu de dialogues mais un sens aigu de la mise en scène, une élégance infinie dans la composition des plans, une maitrise de la puissance dramatique et ce sans jamais que les intentions ne soient surlignées, Hervé Hadmar réalise un sans-faute, nimbant son récit d’une poésie intemporelle et d’une atmosphère tantôt délicate et insouciante, tantôt empreinte d’une tension qui vous prend au col pour ne plus vous lâcher. Oser utiliser le voyage dans le temps, une thématique vue, revue et re-revue pour permettre à son histoire d’atteindre une véritable singularité et ce sans avoir recours à des artifices qui ruineraient cette belle idée, était une gageure relevée de main de maître. Avec intelligence, le fantastique reste à la lisière de l’intrigue et n’a nul besoin d’être rationalisé pour qu’on y croit. On y croit tout simplement parce que  c’est sincère, romantique, délicat et sublimé par la partition éblouissante d’Eric Demarsan, la musique, qui très vite devient un personnage à part entière de Romance et qui nous fait penser tout autant à Sueurs froides d’Alfred Hitchcock qu’à Il était temps de Richard Curtis, que ce soit pour la subtilité de l’ensemble que pour la complexité d’une intrigue qui nous tient magistralement en haleine.

Pour embarquer dans cette Romance, Hervé Hadmar a fait appel à un couple qui transpire l’évidence et dont on ne doute pas un seul instant qu’ils sont faits l’un pour l’autre. Pierre Deladonchamps et Olga Kurylenko sont magnifiques de bout en bout, lui d’abord maladroit et troublé, elle, inquiète et fébrile. Autour d’eux on notera la présence et le charisme fou de Pierre Perrier, l’intensité du jeu de Anne-Sophie Soldaini, la perfection et la classe naturelle de Simon Abkarian et la sûreté et le naturel de Barbara Schulz. Alors oui pour pinailler, disons que la poésie s’étiole quelque peu en milieu de parcours pour se frotter aux vicissitudes du réel, mais l’ensemble reste d’une cohérence et d’une qualité hors normes. La série, ultra immersive et sensorielle en devient fascinante et chaque minute qui passe nous emmène vers la suivante le cœur battant. Histoire d’amour pleine de douceur, maligne dans son utilisation du genre et dans sa confrontation des époques, on se régale de cette finesse et de cette subtilité qui nous embarquent de bout en bout tout comme Pigalle La Nuit avait su le faire il y a des années, les deux séries se répondant magnifiquement par leur structure sensorielle et hors du temps. Série grand public qui exsude une fibre populaire qui parlera à tous, si vous voulez vivre une Romance intense, échevelée, romantique, poétique et impeccablement menée de bout en bout, celle proposée par Hervé Hadmar possède ce que d’aucuns appellent la grâce.

Crédits: Cinétévé & The Ladder / France 2

1 réponse »

  1. quelqu’un peut il m’expliquer la scene finale ??? sans spoiler je n’ai pas compris la temporalité de la scène et du personnage par rapport au récit

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s