Critiques Cinéma

HOT FUZZ (Critique)

SYNOPSIS: A Londres, le policier Nicholas Angel est le meilleur de son équipe. Tellement bon qu’il fait passer ses collègues pour de simples gardiens de la paix. Le chef de la brigade décide donc de le « promouvoir » dans le petit village de Sandford, où il ne se passe rien. Aux côtés du policier local Danny Butterman qui rêve de devenir Mel Gibson, Nicholas règle quelques contraventions sans grand intérêt. Une série de crimes étranges va le remettre dans l’action… 

L’excursion d’Edgar Wright à travers le cinéma zombiesque dans son barré Shaun of the Dead en 2004 a marqué les esprits. Jusqu’à s’installer comme une référence dans le milieu horrifique (fait peu commun pour une comédie). Il sera même remarqué et salué par de grandes figures du genre telles que Stephen King, Quentin Tarantino et même – distinction parmi les distinctions – par George A. Romero lui-même. Le réalisateur conviera en 2005 Edgar Wright et Simon Pegg pour faire une courte apparition dans son  Territoire des Morts, signe ultime que ce premier volet de la Trilogie Cornetto a marqué son genre et tout un pan du cinéma. Une suite était à prévoir, et était évidemment attendue. Mais comment signer une suite à un film comme Shaun of the Dead, qui avait déjà tout dit sur le film de zombie ? Et bien tout simplement en ne faisant pas de suite. Le deuxième volet de la Trilogie Cornetto n’est pas un film de zombie. Il ne met pas en scène Shaun et Ed. Exit également la couleur rouge prédominante dans le premier opus (rouge comme le sang). Cette fois-ci, on part sur du bleu. Bleu comme la couleur d’un uniforme de police. Et Edgar Wright embarque ses compères Simon Pegg et Nick Frost dans un buddy movie policier qui, à l’instar de Shaun of the Dead et ses zombies, déconstruira avec style et panache, un autre sous-genre tant apprécié par son réalisateur.



Hot Fuzz, sorti en 2007, met en scène Nicholas Angel, l’archétype du flic brillant. Tellement brillant et efficace à travers les rues de Londres qu’il met mal à l’aise ses propres collègues. Son boss lui propose alors une mutation en guise de « promotion » vers le petit village perdu en pleine cambrousse de Sandford. Le flic génial tout droit sorti d’un actioner explosif se retrouve dans un village où il ne se passe rien. Strictement rien. Lorsqu’une mystérieuse vague de meurtres inexpliqués survient au sein de cette paisible bourgade, Angel reprend du service. Accompagné de Danny Buttermann, le fils immature du chef de police de la ville et fan de films policiers, il va tenter de percer le mystère de Sandford, peut-être un endroit trop parfait pour être vrai…



Pour faire un film de la trilogie Cornetto, quelle est la recette ? Prenez de l’humour sans avoir peur de verser dans le trash délicieusement british, des comédiens à la limite de la parodie composant une galerie de personnage terriblement grotesque, un scénario qui déconstruit la structure du sous-genre qu’elle adapte tout en tirant sur ses codes pour en faire ressortir l’attachement de son réalisateur, et un montage rythmé et tout en classe qui fournit des gags hilarants autant que des scènes d’action redoutablement précises. Hot Fuzz signe la suite parfaite à Shaun of the Dead. En faisant de la trilogie une anthologie basée sur la relecture de différents genres du cinéma, Edgar Wright évite l’effet de redite et innove à chaque fois. Avec son Hot Fuzz, il frappe une nouvelle fois juste, et on prend notre pied à suivre cette excursion improbable et hilarante en plein milieu de ce petit village anglais en complet décalage avec les images que l’on a dans l’inconscient collectif de l’actioner policier en pleine ville, ou même en haut d’un immense building, dans lequel les explosions s’enchaînent et les balles fusent. Malgré ses aspects très visuels et percutants, Hot Fuzz se montre très subtil dans sa volonté de s’immiscer à l’intérieur du genre pour en extraire son âme. Pour en extraire ces petites choses qui font de ce film un buddy movie par excellence. Edgar Wright réitère l’exploit, et signe un deuxième volet drôle, mystérieux, constamment sur le fil entre parodie et film à part entière du genre, et au casting brillant. Si citer Simon Pegg et Nick Frost paraît superflu, c’est parce qu’on a déjà tout dit sur eux. Leur alchimie comique brille et cette façon si particulière qu’ils ont de faire interagir leurs personnages donne au film un noyau solide sur lequel Edgar Wright peut développer son concept. Et donner à Simon Pegg ce rôle de flic badass à la John McClane ressemble vraiment à une fausse bonne idée, lui qui campait surtout jusqu’ici des rôles de losers sympathiques. Finalement, on se dit que c’était la pièce parfaite pour apporter au film cette sensation de frôler la parodie, avant d’exploser et d’affirmer, non sans ce flegme typiquement british, que Hot Fuzz est un film policier avant tout. On peut également compter sur les présences géniales de Jim Broadbent en chef de la police, Bill Nighy en inspecteur, Timothy Dalton qui fait briller son sourire et sa moustache dans des scènes hilarantes, Olivia Coleman géniale à chaque apparition au second plan, et le retour de Martin Freeman en Sergent qui décide de muter Angel. On pourra également citer quelques caméos géniaux, puisque Cate Blanchett se cache derrière le masque et les lunettes de la petite amie d’Angel et le réalisateur Peter Jackson derrière la barbe du gangster déguisé en Père Noël qui poignarde la main de notre protagoniste.



Comme avec son précédent Shaun of the Dead, Edgar Wright montre qu’il maîtrise les objets à sa disposition, et monte un film hilarant et réussi. Il monte également à un niveau supérieur en ce qui concerne les entrées et sorties de champ de ses personnages, jouant tout le temps habilement avec un montage millimétré. Peu de réalisateurs font des comédies comme Edgar Wright, et il le prouve encore avec ce film. Hot Fuzz propose une avalanche de gags qui inonde l’écran, et font de lui un film riche en détails. Murtaugh et Riggs n’ont qu’à bien se tenir : Angel et Buttermann sont là et pourraient bien leur voler leur place…

Titre Original: HOT FUZZ

Réalisé par: Edgar Wright

Casting: Simon Pegg, Martin Freeman, Bill Nighy

Genre: Comédie, Policier, Action

Sortie le: 18 juillet 2007

Distribué par: StudioCanal

4,5 STARS TOP NIVEAUTOP NIVEAU

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