Critiques Cinéma

LOVE, WEDDING, REPEAT (Critique)

SYNOPSIS: Jack jongle entre son devoir fraternel afin d’assurer à sa sœur, Hayley, le mariage de ses rêves et son désir de retrouver, Dina, la femme dont il est amoureux et qu’il a perdu il y a deux ans. Le destin va lui donner un coup de main… 

Ou pas. Sorti le 10 avril sur Netflix, que vaut ce remake sauce à la menthe de notre Plan de table plus choux à la crème ? Parce que bon, les occasions ne sont finalement pas si nombreuses où les maîtres incontestés de la rom-com viennent fouiner du côté des nôtres pour en proposer leur version. Pour le meilleur ? Pas si sûr. Petit rappel : réalisé par Christelle Raynal, Plan de table est sorti sur nos écrans en 2012. Avec un casting éclectique : Dubosc, Zylberstein, Lamy (Audrey) y encadrent Louise Monot et Lannick Gautry dans un tourbillon tout à la fois romantique et loufoque, un peu dingue et parfois amer, de réalités alternatives engendrées par un électrisant jeu de chaises musicales et de tables tournantes. Si l’intrigue, tout compte fait, reste dans une veine assez convenue, Plan de table bénéficie d’un rythme soutenu, appuyé par l’effet de répétition emprunté à Groundhog Day et l’imprévisibilité de chaque trame qui explore d’infinies possibilités, toutes plus improbables les unes que les autres, mais rarement propices à un happy end de conte de fée. Mais il suffit d’une fois, un peu comme dans Avenger’s Endgame où une seule réalité permet la victoire… mais laquelle ? Bref, dans le genre film de mariage en français dans le texte, c’est ce qu’on a fait de plus inspiré au cours de la dernière décennie. Et d’original.


Love, Wedding, Repeat, réalisé par Dean Craig, bénéficie lui aussi d’un casting plein de charme. On y retrouve notamment le délicieux Sam Claflin, la sublime Olivia Munn et la piquante Freida Pinto en tête d’affiche. Au rayon des seconds couteaux, Eleanor Tomlinson et Jack Farthing, échappés de la série Poldark, ainsi que Joel Fry et Aisling Bea (vue récemment dans l’intrigante mini-série Living With Yourself aux côtés de Paul Rudd), complètent la galerie d’interprètes entre glam’ et décadence de ces noces marquées par le sceau de la discorde.  Cette fois, le héros n’est pas l’ex de la mariée, mais son frère dévoué, résolu à faire barrage à tout événement perturbateur. L’action est transposée en Italie (pour plus d’exotisme et de sérénades sans doute) et, malgré une exposition excessivement longue et maladroite, censée relier les points entre chaque invité, on en vient finalement au fameux plan de table de tous les dangers… A ce moment, on a déjà quelque appréhension quant à la suite, ayant déjà éclusé une très grosse demi-heure de non action quasi absolue. Sachant que le film fait un petit 1h40, mathématiquement, on redoute déjà que l’exploration de tous les possibles tourne court. Et à raison.


Rapidement, le remake se révèle paresseux au possible, indigent en terme d’intrigue et de ressorts comiques, les gags principaux, convenus, reposant sur – spoiler alert ! – un somnifère jamais pris par la bonne personne, un mec obnubilé par la taille des attributs de son rival, un ivrogne résolu à faire scandale et un asocial frappé de diarrhée verbale qui embarrasse ses interlocuteurs. Le tout entre deux verres de champ’ et la pièce montée, la seule à faire preuve d’un peu de hauteur dans cette réception ronflante qui ne s’échappe jamais de son cadre. La première « possibilité » s’éternise, déconcertante. Gêne, embarras. Ennui poli. Comble de la fainéantise (ou du découpage mal géré), la valse des possibles est montrée presque honteusement dans un montage accéléré tout à la fois décevant et un peu ridicule, qui nous laisse clairement sur notre faim, à tel point que le dénouement, attendu, ne nous importe plus. Malgré l’abattage héroïque de Sam Claflin, et le charme indiscutable d’Olivia Munn, reléguée au rang de love interest pas loin de la potiche, cette non-répétition lourdingue ne convainc pas, et la fête tourne court. Love, Wedding, Repeat, s’ajoute à la longue liste de remakes paresseux qui n’apportent rien d’original, et encore moins de nouveau à l’original… et démontre à quel point l’indigence d’un scénario ne saurait être compensée par le charme d’un casting pourtant attachant, mais embourbé dans le néant. En termes de remake, c’est pas bon. Et si ça n’en était pas un… ça serait pas super non plus. Love, wedding… divorce.

Titre Original: LOVE. WEDDING. REPEAT.

Réalisé par: Dean Craig

Casting : Sam Claflin, Olivia Munn, Freida Pinto …

Genre: Romance, Comédie

Sortie le: 10 avril 2020

Distribué par: Netflix France

PAS GÉNIAL

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