Critiques

BETTY (Critique Saison 1) Un sympathique apéritif…

SYNOPSIS: A New York, la vie d’un groupe de jeunes femmes évoluant dans l’univers, à prédominance masculine, du skateboard. Elles s’appellent Janay, Honeybear, Kirt, Indigo et Camille. Très différentes les unes des autres, elles partagent une passion commune.

Pour renouveler son programme annuel, HBO se prête à l’exercice de l’adaptation d’un film déjà existant avec Betty, adaptation de Skate Kitchen, sorti en 2018, et qui se déroule dans le milieu du skate féminin à New-York. Reprenant la même histoire et les mêmes actrices, cette déclinaison du film de Crystal Moselle, qui revient aux manettes pour l’adaptation, relate le parcours d’une bande de skateuses unies par une passion pourtant exclusive et masculine sur le papier… Dès le premier plan du pilote qui se concentre sur une vilaine blessure subie par l’une des héroïnes, Betty nous fait comprendre que ces filles ne sont pourtant pas à prendre à la légère. Libres de leurs mouvements, peu soucieuses des contraintes patriarcales et possédant toujours un certain répondant. Le début de la série nous plonge ainsi avec une certaine fluidité dans une discipline qui a ses codes, mais aussi ses défauts, et pour lequel le prix de l’inclusion est parfois difficile à surmonter.

Car si le skate a toujours eu une image d’entre-soi masculin (ce que montrait bien le pourtant très chouette Mid 90’s de Jonah Hill sorti l’an dernier),  chaque discipline peut s’apprivoiser dès lors que l’intérêt est là. Quand Kurt, la meneuse du groupe, tente de convaincre une jeune femme de s’y mettre, ce n’est pas forcément pour la technique, mais pour les sensations que le skate procure ; là où une vision plus masculine des choses, incarnée par un camarade de Kurt, verra davantage l’intérêt dans la technique au détriment des sensations que l’on peut ressentir à rouler dessus.

Sans forcément de créer de scission homme-femme, il faut reconnaître que la sincérité des dialogues et des comédiennes aide à faire passer la pilule d’une histoire en forme de tranche de vie pas déplaisante mais mineure. La mise en scène très axée caméra à l’épaule tente de capter les tourments et les sentiments de ces jeunes filles dans le vent, mais le montage finit par donner le tournis, donnant davantage une sensation de confusion qui devient vite stérile.

C’est dommage, car la série a pour elle, outre ses thématiques, la qualité d’avoir un casting diversifié, représentant toutes les origines, toutes les couleurs de peau, et des orientations sexuelles qui ne se limitent pas à l’hétérosexualité (on en dira pas plus). De cette diversité ressort une richesse culturelle et textuelle intéressante sur le papier, mais qui peine par moments à trouver un écrin à la hauteur, même si la durée des épisodes fait très bien passer la pilule. On se consolera avec une bande-originale excellente et électrisante, qui offre à Betty un aspect girl power pas déplaisant malgré un montage son qui rend parfois difficile la compréhension de certains dialogues.

On dira pour conclure qu’il est encourageant pour HBO d’aller vers toujours plus de diversité, qu’il s’agisse des personnes devant ou derrière la caméra (les temps très limités de Girls sont définitivement derrière nous, et il faut s’en réjouir ! ). Betty n’est pas un essai parfait, mais sa sincérité, son casting, ses scènes de skate filmées avec grâce et ses héroïnes attachantes en font un sympathique apéritif en attendant de retrouver les terrains de skate, d’ici quelques semaines…

Crédits: HBO / OCS

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