Critiques

DEVILS (Critique Saison 1 Episodes 1×01 – 1×06) La subtilité d’un éléphant dans un magasin de porcelaine…

SYNOPSIS:  Massimo Ruggiero est un brillant trader de la NYL, une banque d’investissement américaine basée à Londres. Alors qu’il est en pole position pour devenir Vice CEO, Massimo voit le poste lui échapper au profit d’un autre. Se sentant délaissé par Dominic Morgan, son mentor, Massimo entreprend de le faire tomber avec l’aide de son équipe. Il se retrouve alors pris au milieu d’une guerre financière mettant en péril l’économie européenne.

Débutée le 17 avril dernier sur la chaîne Sky Atlantic et le lendemain en France sur OCS, Devils est une série italienne, fruit d’une coopération européenne (comme l’avait déjà fait OCS l’année dernière sur la mini-série Le Nom de la Rose), adaptée du roman I diavoli de Guido Maria Brera, un ancien trader. Localisée dans le monde impitoyable de la finance en pleine crise européenne de 2011 (même si la série navigue parfois à travers le temps), Devils marque le retour sous les projecteurs de Patrick Dempsey après la décevante adaptation de l’excellent roman de Joël Dicker, La Vérité sur l’affaire Harry Quebert où l’ancien docteur Mamour sortait déjà un peu des sentiers battus et réussissait malgré tout à tirer son épingle du jeu. Il endosse cette fois-ci le rôle d’un calculateur charismatique pour qui la fin justifie amplement les moyens. Si Patrick Dempsey n’a pas le premier rôle, il demeure un pilier important de Devils et s’avère tout à fait brillant pour incarner un tel personnage, loin des standards dans lesquels il s’était largement encroûté au fil du temps.


La série se focalise sur Massimo Ruggero (le charismatique Alessandro Borghi) un brillant trader membre d’une élite qui se prend pour Dieu en tirant dans l’ombre les ficelles qui impactent chaque jour l’économie mondiale. Très tape-à-l’œil Devils ne s’éloigne pas des productions du genre, nous présentant une salle de marchés presque fantasmée avec des hommes beaux, tirés à quatre épingles dans de magnifiques costumes, qui vont à des soirées chics où ils trompent leurs femmes sans vergogne. On ne comprend pas bien ce qu’ils font mais nous assimilons rapidement le fait qu’ils gagnent et font gagner beaucoup d’argent, et qu’il n’y a pas besoin d’en savoir beaucoup plus. Si certains éléments entretiennent des relations particulièrement toxiques entre eux (le duel au sommet entre les personnages de Massimo (Alessandro Borghi) et Dominic (Patrick Dempsey) en est d’ailleurs l’illustration principale) nous décelons malgré tout à de nombreuses reprises des démonstrations de solidarité au sein de ce monde de requins. Outre les manigances de chacun ainsi que les coups de couteau dans le dos qui vont bien, un fil rouge se détache et repose principalement sur le décès d’un collègue, disparition qui apparaît rapidement comme un meurtre déguisé en suicide, où les protagonistes se retrouvent à enquêter ou à être suspectés. Un jeu du chat et de la souris se met alors en place. D’autres intrigues se greffent en parallèle dont une basée sur la femme de Massimo ; bien qu’il tienne en haleine cet arc secondaire semble surtout servir jusqu’à présent à humaniser le personnage de Massimo, ce dernier étant les trois quarts du temps assez impassible. En dehors de la magnifique banque dans laquelle évoluent les personnages, nous constatons qu’un soin particulier a été apporté aux décors intérieurs : par exemple l’appartement de Massimo est extrêmement moderne et meublé avec goût. Devils a beau vouloir nous montrer les travers de ce genre de vies, le rendu final encourage tout de même le téléspectateur à l’admiration et au péché d’envie.


Si la forme est particulièrement soignée il faut bien le reconnaître, l’univers n’évite pas tous les clichés du genre et nous affuble par-dessus le marché de surenchère inutile à différents niveaux : nous nous serions bien passés de la voix off en début de chaque épisode qui alourdit inutilement l’ensemble, et beaucoup de séquences sont dotées d’un montage visuel et sonore totalement exagéré, systématiquement dans l’optique d’enfoncer le clou d’une révélation ou d’une découverte quitte à rendre les choses parfois risibles. Nous pensons notamment ici au personnage d’Oliver (Malachi Kirby), vraisemblablement mentaliste et observateur de l’extrême à ses heures perdues qui se retrouve le plus clair du temps à faire le petit génie au milieu d’un feu d’artifice inutile venant appuyer des compétences qui flirtent déjà passablement avec le ridicule. La galerie de personnages demeure néanmoins agréable et ce malgré ces écueils et une superficialité d’ensemble exacerbée qui tient pourtant maladroitement à nous montrer un côté humain en grattant vaguement la surface : la plupart des protagonistes ne sont que des pions, mais les principaux ont la chance de voir leurs vies un peu décortiquées. Là où le bât blesse c’est que si la série est bien produite et plutôt efficace, les ficelles sont grosses, pour ne pas dire énormes. Devils souhaitant par ailleurs montrer l’impact de ces diables en costumes sur le monde, des parallèles sont faits avec l’histoire moderne comme la crise économique argentine, l’arrestation de Dominique Strauss-Kahn, ou même la mort de Mouammar Kadhafi. Le tout mixé avec la casquette thriller que nous évoquions plus haut : le mélange est divertissant mais too much.



Ces six premiers épisodes de Devils nous ont diverti sans nous surprendre ou nous subjuguer. Si la série s’avère extrêmement bien produite avec un Alessandro Borghi et un Patrick Dempsey charismatiques, classieux et tout à fait crédibles, le show a la subtilité d’un éléphant dans un magasin de porcelaine. Les ramifications sont classiques, ne proposent rien de particulièrement palpitant mais réussissent leur job de divertissement jusqu’à nous rendre suffisamment curieux pour vouloir connaître le fin mot de l’histoire. De là à devenir votre doudou de confinement ? A vous de voir ! A retrouver chaque semaine sur OCS avec deux nouveaux épisodes.

Crédits: Sky Atlantic / OCS

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