Critiques Cinéma

LES ARISTOCHATS (Critique)

SYNOPSIS: Paris, 1910. Madame de Bonnefamille, millionnaire excentrique, vit seule entourée de ses chats : Duchesse et ses trois petits, Marie, Toulouse et Berlioz. Un jour, elle convie son notaire pour léguer toute sa fortune à ses compagnons à quatre pattes. Cependant, une clause du testament stipule qu’à la mort des chats, ses biens iront à son maître d’hôtel, Edgar. Ce dernier, entendant la nouvelle, décide d’éliminer ces héritiers. Après leur avoir administré une drogue, il les emporte à la campagne avec la ferme intention de les noyer… 

Dans le cadre de notre rétrospective sur les films qui ont cette année 50 ans, on se penche aujourd’hui sur un des grands classiques de Disney : Les Aristochats. Nos souvenirs d’enfance nous ramène immédiatement à la chanson la plus connue du film, cette musique jazzy entêtante : Tout le monde veut devenir un cat. On se souvient rapidement des personnages mais revoir ce classique permet de mesurer les qualités mais également les défauts d’une telle production. Très plaisant à regarder, le dessin animé de Wolfgang Reitherman souffre d’un scénario fort convenu, qui ne développe pas assez ses personnages et passe à côté de grands moments émotionnels. En lançant le film, on est d’abord surpris par la durée d’une telle production. A l’aune des années 2010 et avec nos nouveaux réflexes de spectateur prêt à passer deux heures devant l’écran., voir un film qui ne dure que 78 minutes peut surprendre. En effet, ce dessin animé sera très concis et ira à l’essentiel. On suivra donc la chatte Duchesse avec ses trois enfants Berlioz, Toulouse et Marie. Étonnamment, Berlioz est le musicien de la famille, Toulouse l’artiste-peintre et Marie la cantatrice. Ils vivent sous le toit d’une très riche ex-chanteuse d’opéra qui souhaite léguer sa fortune dans un premier temps à ses chats pour ensuite la léguer à Edgar, son maître d’hôtel. Ce dernier ne l’entend pas de cette oreille là et souhaite disposer de cet argent dès que possible. Il décide de kidnapper les chats.

Ce projet est le dernier initié par le grand Walt avant sa mort en 1966. La réalisation est confiée à Wolfgang Reitherman, déjà auteur de trois très grands classiques Disney : Les 101 Dalmatiens, Merlin l’Enchanteur et Le Livre de la Jungle. C’est donc avec une certaine aura qu’il commence à travailler sur ce projet. L’action se déroule à Paris en 1910 juste avant les années folles. Le film se déroule donc dans un ambiance ultra classique avec des personnages bourgeois habitant dans une maison gigantesque avec tout l’apparat vestimentaire. Le personnage d’Adelaïde Bonfamille est donc la figure de la haute société mais on saura pas beaucoup plus sur elle à part qu’elle était ancienne chanteuse d’opéra. Les chats sont ainsi baignés dans cette ambiance privilégiée mais sans aucune ouverture sur le monde. Leur kidnapping va enfin leur permettre de pimenter leur vie parfaitement réglée.

Ils vont ainsi croiser différents personnages durant leur périple pour retourner chez leur maîtresse. Cela va leur permettre d’être confrontés à la nature et à leurs semblables moins bien lotis qu’eux. On peut évidemment y voir un message de la part de Reitherman sur l’époque. Les années 1970 furent des années de contestation d’un ordre établi et d’une nouvelle liberté sexuelle revendiquée. Même si la sexualité ne sera pas abordée dans le film de manière subliminale (on est chez Disney ne l’oublions pas), on peut penser que le réalisateur invite la bourgeoisie à sortir de chez elle et de regarder le monde telle qu’il est. Les chatons sont ainsi curieux de vérifier si les rumeurs entendues sur les chats de gouttière sont ainsi avérées. La boite à fantasme sur les classes populaires ont malheureusement la vie dure. Durant leur parcours, il croiseront Thomas O’Malley, un chat de gouttière, qui s’avère tout l’inverse du fantasme du « vilain » chat mais un chat qui ne cherche qu’à aider son prochain.

Mais tout ça est bien trop gentillet pour heurter un tant soit peu notre sensibilité, la faute à un trop faible scénario. Le personnage de Duchesse est à la limite de l’insupportable tellement celle-ci est fade. Elle ne variera jamais dans son attitude alors qu’elle s’est quand même fait trahir par Edgar et que dans le même temps elle rencontre l’amour. Edgar est assez insignifiant en tant que méchant contrairement aux anciens personnages comme Cruella dans Les 101 Dalmatiens ou Shere Khan dans Le Livre de la Jungle. Il fait plutôt penser à un bouffon qui ne nous effraye pas une seule seconde. Enfin, les péripéties qui nous sont présentées ne nous font pas croire une seule seconde que le plan pourrait mal tourner. On aurait voulu être un peu plus bousculé notamment dans ce Paris de début de siècle avec ces rues malfamées. Les moments les plus réussis du film sont probablement les scènes totalement burlesques entre Edgar et les chiens Napoléon et Lafayette. On retrouve toute l’inventivité comique de Disney dans ces scènes au timing parfait ce qui permet de sortir un peu de notre léthargie. Et, on ne peut pas ne pas revenir sur cette magnifique scène de Tout le monde veut devenir un cat. Même si elle arrive un peu tardivement dans le film, celle-ci est brillante en terme de rythme et la cohabitation entre nouveau et ancien monde, Duchesse à la harpe, le groupe au jazz, est parfaite. Ces colorations sont carrément psychédéliques et nous sortent de classicisme du long-métrage. Pour finir, certains moments clés auraient pu être plus développés pour mettre un tant soit peu d’émotions. On ne verra ainsi pas la scène de retrouvaille entre Duchesse, les enfants et Adélaïde. Alors qu’elle recherche désespérément ces chats, une ellipse narrative ne nous montre pas ce moment crucial où elle retrouve ses bébés. De même, on ne saura jamais si elle a pris connaissance de la supercherie d’Edgar. C’est fort dommage quand on pense à la puissance narrative d’une telle scène. La rencontre avec O’Malley et Adélaïde aurait pu également être agréable à voir à l’écran. Bref, revoir Les Aristochats permet de nous refaire une opinion sur ce film et on peut clairement la revoir à la baisse malgré le savoir-faire de Disney. Le film fut d’ailleurs fortement critiqué et considéré comme une reprise inutile des anciens films (Les 101 Dalmatiens notamment). Il est même considéré malgré son carton par certains comme le début d’un certaine descente artistique jusqu’à 1989 et La Petite Sirène.

Titre Original: THE ARISTOCATS

Réalisé par: Wolfgang Reitherman

Casting : Claude Bertrand, Michèle Andrée, Roger Carel

Genre: Animation, Comédie, Famille, Aventure

Sortie le: 08 Décembre 1971

Distribué par: The Walt Disney Company France

2,5 STARS MOYENMOYEN

 

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