J'ai quelque chose à vous dire...

J’AI QUELQUE CHOSE A VOUS DIRE… ROBERT CONRAD (Hommage)

Très cher Robert Conrad,

 

 

Voilà qu’à votre tour vous quittez la scène, vous une véritable légende du petit écran, tirant votre révérence quelques jours à peine après un géant d’Hollywood qui fit les beaux jours du septième art, Kirk Douglas, nous laissant inconsolable, moi et le petit garçon que j’étais quand je vous découvris pour la première fois sur l’écran de la télévision familiale, dans un épisode d’une série que je ne découvris qu’au cœur des années 70 : Les Mystères de l’Ouest. Vous avez été une idole pour des tas d’enfants de ma génération, j’en ai bien conscience, mais je vous garde égoïstement niché au plus près de mon cœur, comme l’un des héros les plus mythiques que j’ai eu le loisir d’admirer à une époque où l’on est impressionnable et où se font les idoles que l’on garde pour la vie. Vous possédiez une allure athlétique, une distinction, une classe, une animalité qui me fascinaient et j’aurais donné n’importe quoi pour avoir un dixième de vos gadgets et de votre souplesse. Votre charisme, votre sex-appeal, je ne m’en rendais pas encore compte m’auraient sans aucun doute rendus de plus fiers services, mais allez raconter ça à un gamin en dessous de dix ans, ça ne lui parlera pas beaucoup. Si j’ai adoré voir et revoir Les Mystères de l’Ouest, c’est certes par la grâce du duo que vous formiez avec Ross Martin, votre alter ego autant que votre antithèse qui prêtait ses traits à ce caméléon d’Artémus Gordon, mais c’est évidemment aussi parce que je m’identifiais à vous, je me projetais dans les aventures que vous traversiez, j’étais ce jeune homme élégant et virevoltant qui se sortait des situations les plus critiques avec un flegme et une intelligence qui dépassaient l’entendement. Et cette voix… Bon d’accord je n’avais pas encore totalement assimilé que le sublime timbre de Jacques Thébault ne vous appartenait que par procuration, mais cette voix faisait totalement partie de l’admiration que vous suscitiez à mes yeux et qui a perduré des années durant. Car ça oui, je vous ai admiré cher Robert Conrad, des photos découpées dans les magazines aux épisodes des séries qui suivirent et que j’ai regardé en boucle, usant les bandes des VHS à vous revoir jouer les têtes brûlées, à être L’Homme de Vienne ou le Pasquinel de Colorado avant de vous regarder des étoiles dans mes yeux d’enfant être le distingué agent spécial Thomas Remington Sloane III.

Un train qui file dans la nuit, un avion qui s’envole pour dézinguer un zéro, une décapotable blanche qui vous pose un agent secret…, si la virilité d’un homme se mesure aux véhicules qu’il a eus entre les mains alors vous étiez l’homme le plus viril de la planète, à l’aise également aussi bien à cheval ou en bateau. D’ailleurs, je vous imitais évidemment sautant sur mon cheval imaginaire (l’accoudoir du canapé était plutôt docile) filant au galop vers de nouvelles aventures. Et puis je me battais en essayant tant bien que mal d’avoir votre agilité, enchainant les crochets du droit et les directs dans le vide laissant ko pour le compte mon adversaire imaginaire (ou mon frère c’était selon). Vous étiez parmi les comédiens qui m’ont rendu le petit écran attachant et qui m’y ont attaché comme une fenêtre sur l’imaginaire que je regardais les yeux écarquillés. Vous remercier pour toutes ces heures passées à rêver et à sentir mon pouls s’emballer au rythme des génériques des séries dont vous étiez la vedette était bien la moindre des choses que je puisse faire, aujourd’hui que vous rendez les armes à 84 ans. Je garde en mémoire votre élégance, cette manière à nulle autre pareille de porter des pantalons moulants ou des vestes cintrées quand ce n’était pas l’uniforme qui faisait craquer la gente féminine et rendait vert de jalousie les hommes. Je me rappelle vous avoir aimé jusqu’à la déraison et m’être endormi en repensant à vos exploits, à votre sourire en coin, à votre regard rieur et séduisant. Je me souviens de cette passion qui ne m’a jamais quittée pour une idole de mon enfance qui a forgé une grande part de ma sériephilie, je me souviens de tout, je me souviens de vous, James West, Papy Boyington, Thomas Sloane, Milo Janus, Pasquinel et cette ronde de personnages que je n’oublierais jamais car ils sont ce que je suis désormais. Je vous regarde vous éclipser des poussières d’étoiles dans les yeux, car non je vous l’assure, ce ne sont pas des larmes.

Votre dévoué Fred Teper.

 

 

2 réponses »

  1. Nous avons connu la même enfance, à nous bagarrer comme des fous dans le salon ou le jardin, dès les épisodes terminés… Et à nous sentir plus grands, plus forts, plus droits, volontaires, incorruptibles, avec du charisme, capables de faire tomber un colosse d’un uppercut et de séduire une fille d’un seul clin d’oeil… Nous avons eu le même ami imaginaire, celui qu’on garde pour soi et qui nous aide à devenir des hommes.
    Merci, Fred, pour ce très bel hommage ! Il est parti maintenant mais je suis heureux de partager cet ami imaginaire avec vous.

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