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Alors, on regarde quoi ce soir ? (Sélection Sorties Vidéo Janvier 2020)

C’est parti pour notre sélection de janvier. Avec trois films français ! Attention, décompte : trois comme… Trois jours et une vie, deux comme… Deux moi, et un comme… Une fille facile. Mais également deux films américains, Evil Dead et American Graffiti d’un certain Georges Lucas. Bon visionnage.

Trois jours et une vie
Réalisé par Nicolas Boukhrief
Avec: Sandrine Bonnaire, Pablo Pauly, Charles Berling, Philippe Torreton
Durée : 1h59
Date de sortie : Le 22 janvier 2020 chez Gaumont.

SYNOPSIS : 1999 – Olloy – Les Ardennes belges. Un enfant vient de disparaître. La suspicion qui touche tour à tour plusieurs villageois porte rapidement la communauté à incandescence. Mais un événement inattendu et dévastateur va soudain venir redistribuer les cartes du destin…

Après Albert Dupontel et son formidable Au revoir là-haut, c’est Nicolas Boukhrief qui s’attaque à une œuvre de Pierre Lemaitre. L’écrivain ayant gardé les droits cinématographiques de ses livres, il peut, comme ici, contacter lui-même un réalisateur qui l’intéresse et lui proposer le script de l’adaptation de son roman… Nicolas Boukhrief fasciné par l’histoire a accepté le projet et nous offre un polar noir à l’ambiance pesante, entre silences et émotions, Trois jours et une vie est un thriller psychologique et un portrait sur l’enfance d’une redoutable efficacité. Une adaptation habile et sobre, parfois un peu lente, mais d’une belle complexité.

Le saviez-vous ? Lorsque Nicolas Boukhrief a reçu la proposition d’adaptation de Pierre Lemaitre, il était en train de travailler sur le scénario de son prochain film. Ému et captivé par l’histoire de ce jeune « coupable innocent », il a décidé de décaler la mise en chantier de son film pour se consacrer à Trois jours et une vie.

Deux moi
Réalisé par Cédric Klapisch
Avec : François Civil, Ana Girardot, Camille Cottin, François Berléand
Durée : 1h50
Date de sortie : Le 15 janvier 2020 chez Studiocanal

SYNOPSIS : Rémy et Mélanie ont trente ans et vivent dans le même quartier à Paris. Elle multiplie les rendez-vous ratés sur les réseaux sociaux pendant qu’il peine à faire une rencontre. Tous les deux victimes de cette solitude des grandes villes, à l’époque hyper connectée où l’on pense pourtant que se rencontrer devrait être plus simple… Deux individus, deux parcours. Sans le savoir, ils empruntent deux routes qui les mèneront dans une même direction…

Cédric Klapish a toujours été d’une justesse absolue pour décrire les gens, pour parler de la jeunesse avec beaucoup de tendresse et d’humour. Avec Deux moi, chronique douce-amère, il narre « l’avant rencontre » de deux êtres un peu fragiles, récit d’un charme fou et d’une infinie douceur, portrait d’une jeunesse connecté dans un Paris attachant. Cette romance 2.0 où l’on passe du rire aux larmes, résolument optimisme est porté avec une très grande justesse et une belle sensibilité par François Civil et Ana Girardot, un conte urbain d’une belle humanité pour un 13ème long métrage réussi.

Le saviez-vous ? Renée Le Calm, inoubliable Madame Renée dans Chacun cherche son chat, l’un des premiers films du réalisateur en 1996, fait une courte apparition dans Deux moi. Référence assumée par le réalisateur pour qui c’était important qu’elle soit dans le film. L’actrice est décédée quelques mois après le tournage, à l’âge de 100 ans.

Pour retrouver la critique complète de Fred Teper c’est ici

American Graffiti (1973)
Réalisé par Georges Lucas
Avec : Richard Dreyfuss, Ron Howard, Charles Martin Smith, Harrison Ford
Durée : 1h52
Date de sortie : Le 21 janvier 2020 chez Rimini Éditions

SYNOPSIS : Modesto, Californie, Août 1962. Pour Curt et Steve, la nuit qui commence est la dernière avant de partir à la fac. Une dernière nuit de fête, et il sera temps de faire leurs adieux à leurs copains de lycée. Les heures qui viennent seront inoubliables.

Chronique douce-amère sur la fin d’une certaine innocence et le passage à l’âge adulte, Georges Lucas filme une nuit de doute entre le lycée et l’université, une jeunesse qui roule sans but, entre disputes, drive-in, courses automobiles et Cherry Coke. On tourne en rond dans cet étrange danse mécanique d’une jeunesse qui hésite sur le chemin à emprunter, une génération que le ViêtNam n’a pas encore traumatisé, un peu gâtée, un peu perdue, entre son envie de liberté et la tentation de suivre le schéma rassurant des parents… Cette sage fureur de vivre, un brin superficielle mais terriblement attachante, dégage une nostalgie mais surtout une mélancolie et un ton désabusé qui annonce l’explosion à venir de la société américaine. Et puis bien sûr il y a le casting, qui augure les futures grandes heures du cinéma américain. Avec Richard Dreyfuss, (Les Dents de la mer, Rencontre du troisième type), Ron Howard ici acteur qui réalisera Cocoon, Willow ou Backdraft, Charles Martin Smith (Starman, Les Incorruptibles) et bien sûr Harrison Ford

Le saviez-vous ? Un tel nombre de voitures des années 1950/1960 ne fut pas facile à rassembler, il a donc fallu faire appel à des collectionneurs. Certains, pas très rassurés, passèrent le tournage (de nuit) sur le plateau afin de surveiller leur véhicule.

Evil Dead (1981) – 4K UHD
Réalisé par Sam Raimi
Avec : Bruce Campbell, Ellen Sandweiss, Theresa Tilly, Richard DeManincor
Durée : 1h25
Date de sortie : Le 21 janvier 2020 chez L’Atelier d’Images

SYNOPSIS: Cinq amis en vacances s’installent dans un chalet dans les bois. En remettant en marche un vieux magnétophone, ils libèrent sans le savoir une force maléfique. C’est le début d’un véritable cauchemar…

Si j’ai une petite préférence pour le second opus, plus cartoonesque, délirant et drôle que le premier Evil Dead, il est bon parfois de se replonger dans l’origine du mythe. La sortie 4K du premier film par L’Atelier d’Images (ainsi qu’un formidable coffret collector) est l’occasion idéale de revenir aux sources de cette géniale saga. Malgré le manque de moyens, et, parfois, un certain amateurisme, Sam Raimi réussit une œuvre unique, plus horrifique que ses suites, gore et choc, d’une efficacité redoutable, portée par Bruce Campbell dont la folie n’a pas encore totalement explosé… Malgré les défauts, la réalisation démontre déjà tout le talent de Sam Raimi et le génie de sa mise en scène survoltée sans oublier les effets spéciaux que l’on doit à Sam Raimi mais également à Tom Sullivan et Bart Pierce. Bref, un coup de maître et un film de potes qui a marqué son époque et le cinéma fantastique.

Le saviez-vous ? Au générique figure Joel Coen, l’un des frères Coen, ami de Sam Raimi, qui a participé au montage du film. Il écrira également le scénario de Mort sur le grill avec son frère que réalisera Sam Raimi en 1985. En 1994 Sam Raimi et les frères Coen travailleront une nouvelle fois ensemble au scénario du Grand Saut réalisé cette fois-ci par Joel et Ethan Coen.

Une fille facile
Réalisé par Rebecca Zlotowski
Avec : Mina Farid, Zahia Dehar, Benoît Magimel, Clotilde Courau
Durée : 1h32
Date de sortie : Le 21 janvier 2020 chez Ad Vitam.

SYNOPSIS : Naïma a 16 ans et vit à Cannes. Alors qu’elle se donne l’été pour choisir ce qu’elle veut faire dans la vie, sa cousine Sofia, au mode de vie attirant, vient passer les vacances avec elle. Ensemble, elles vont vivre un été inoubliable.

Conte d’été cruel et solaire, Une fille facile séduit par la finesse de son écriture et la justesse de son regard. Cette lutte des classes sensuelle aux accents rohmerien, amorale et ambiguë repose sur le charisme solaire d’une Zahia fascinante, écho contemporain d’une Brigitte Bardot envoûtante. Sous le regard mi réprobateur mi admiratif de la formidable Mina Farid, Zahia campe une femme qui sacrifie ses sentiments sans aucunes illusions pour profiter de tout ce que la vie lui offre. Violence de la lutte des classe, féminité, critique sociale, émancipation sexuelle… la réalisatrice interroge sans juger, avec tact et subtilité. Un très beau film.

Le saviez-vous ? Le premier rapprochement entre la réalisatrice et Zahia Dehar se fait par Instagram. C’est l’actrice qui, un jour, fait un signe à la réalisatrice, surprise d’être « suivie » par Zahia. Elle va donc regarder ses vidéos et découvre sa manière de parler, élégante et littéraire, « le phrasé d’un personnage d’un film d’Eric Rohmer » dira-t-elle, qui la séduira immédiatement.

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