Critiques Cinéma

REVENIR (Critique)

SYNOPSIS: C’est la ferme où Thomas est né. C’est sa famille. Son frère, qui ne reviendra plus, sa mère, qui est en train de l’imiter, et son père, avec qui rien n’a jamais été possible. Il retrouve tout ce que qu’il a fui il y a 12 ans. Mais aujourd’hui il y a Alex, son neveu de six ans, et Mona, sa mère incandescente.

Reparti de la prestigieuse Mostra de Venise avec le prix du scénario, Revenir, adaptation du roman L’amour sans le faire de Serge Joncour, arrive sur nos écrans durant un hiver bien redoutable. La précédente adaptation d’un roman de Joncour, également présentée à Venise en 2012, c’était Superstar, par Xavier Giannoli, avec Kad Merad. Changement donc radical de sujet, avec cette virée au soleil, mise en scène par Jessica Palud et interprétée par Niels Schneider et Adèle Exarchopoulos. Le duo fait-il chavirer les cœurs en ce triste hiver ? Sur un canevas très classique (le retour du fils prodigue à la maison, près de sa famille en plein moment difficile), la réalisatrice Jessica Palud, accompagnée entre autres du chanteur Diastème et de Serge Joncour au scénario, tisse rapidement la toile d’une famille brisée par la mort, les difficultés, et qui n’arrive pas à s’en relever, voyant évidemment d’un mauvais œil le retour de l’un des leurs qui a réussi ailleurs. Intoxiquée par les non-dits et les mensonges, cette famille qui se prépare au décès de la matriarche aurait peut-être l’occasion de pouvoir tourner la page, recommencer à zéro. C’est ce que l’on espère pour les personnages, très vite attachants. Victimes du sort plus qu’autre chose, en pleine débâcle financière, leur situation douloureuse attire vite la sympathie, sans pour autant basculer dans le pathos. Ce sont des êtres humains imparfaits, dépassés par leurs enfants, leurs rancoeurs.

Mais en 1h18 qui passent à une vitesse folle, Jessica Palud trouve le temps d’aller à l’épure en ne sacrifiant pas leur humanité, mais en leur apportant au contraire épaisseur et complexité. On suit ces personnages durant une courte période, assistant autant au deuil qu’à la naissance d’une histoire d’amour. En liant vie, mort et amour, Jessica Palud revient au final à l’essentiel, dans un décor faisant part à la nature. Une nature extrêmement présente puisque le script parle en filigrane des difficultés rencontrées par les agriculteurs, quelques mois après Au Nom de la Terre. Une preuve que le cinéma français se montre toujours aussi actuel, et aussi anxieux vis-à-vis d’une profession éprouvée de tous les côtés, au taux de suicide de plus en plus inquiétant.

Si on pourra reprocher au film un certain manque d’originalité, le fond et la forme de Jessica Palud portent Revenir vers le haut. Elle arrive à tirer le meilleur de ses acteurs, notamment Adèle Exarchopoulos dans un rôle très intéressant de mère-courage, et filmée à hauteur de femme, sans l’objectifier, loin de certains réalisateurs. Privilégiant la caméra à l’épaule et les longs plans, Palud suit ses personnages sans les lâcher, leur offrant à quelques rares moments un peu d’intimité. En définitive, et même si on aurait volontiers rallongé la durée de Revenir, ce petit film aussi humble que son sujet est universel arrive à toucher grâce à son magnifique casting et sa mise en scène très réussie. Un très bel objet de cinéma dans la carrière de Jessica Palud, qu’on espère revoir très bientôt derrière la caméra.

 

Titre original: REVENIR

Réalisé par: Jessica Palud

Casting: Niels Schneider, Adèle Exarchopoulos, Patrick d’Assumçao

Genre: Drame

Sortie le: 29 janvier 2020

Distribué par : Pyramide Distribution

TRÈS BIEN

 

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