Critiques Cinéma

BAD BOYS 2 (Critique)

SYNOPSIS: Les policiers Marcus Burnett et Mike Lowrey enquêtent sur Tapia, un ambitieux baron de la drogue décidé à tout pour inonder Miami d’un nouveau poison et accroître son empire. Au cours de leurs investigations, ils se voient épaulés par Syd, la soeur de Marcus, également agent de la D.E.A. (Drug Enforcement Agency). Mike s’éprendra de la demoiselle, provoquant ainsi quelques tensions entre lui et son partenaire…  

Huit ans après la sortie du premier Bad Boys -le premier long-métrage du réalisateur américain Michael Bay– sort la deuxième aventure de Mike Lowrey et Marcus Burnett, nos deux flics têtes brûlées aussi complémentaires que différents. Toujours derrière la caméra, Bay replonge dans sa vision orangée d’un Miami en proie aux trafics de drogues en tout genre. Dans ce nouvel opus, Mike et Marcus font face à un trafic d’ecstasy qu’ils sont chargé de démanteler. Lorsque Mike blesse accidentellement Marcus lors d’une mission, les tensions se font ressentir entre les deux partenaires. De son côté, Marcus décide de se faire muter, alors que Mike fait tout pour cacher sa liaison avec la sœur de son ami, Syd, secrètement agent de la DIA, chargée elle aussi de stopper le trafic d’ecstasy, dirigé par le puissant Johnny Tapia. Ce qui frappe au premier abord dans ce film, c’est l’aspect démesurément caricatural d’un long-métrage bourrin qui semble écrit et mis en scène par un adolescent frustré. Michael Bay se retrouve sans filtre, usant de vulgarité et de violence graphique pour concevoir un concentré d’action pure complètement en roue libre. Le montage charcuté au possible, lui donnant un rythme particulièrement singulier. Bay fait toujours preuve d’ingéniosité pour mettre en scène des séquences d’action mémorables et percutantes, et c’est ce qui constitue la structure, le squelette d’un film qui n’a pas grand chose d’autre pour lui. Contrairement au premier volet qui savait se faire un peu plus subtil et plus intéressant en terme de mise en scène, Bad Boys 2 est un cocktail explosif sans aucune limite, qui se permet même les plus crasseuses blagues.

Même si, on l’admet, le premier film était très loin d’avoir un scénario parfait, il usait de manière satisfaisante de ses personnages et de ses intrigues pour construire un récit basique mais néanmoins fonctionnel. Ce deuxième volet use jusqu’à l’os ses concepts de base, qui deviennent au final sur le long terme (le film dure quand même près de 2h30 !) artificiels. Et même si ce genre de film n’est pas spécialement regardé pour sa profondeur de récit, on peut s’attendre quand même à un minimum d’équilibre dans la structure du scénario. Malgré ça, on peut tout de même souligner la volonté de développer les caractéristiques des personnalités respectives des deux protagonistes. Cela donne la champ libre à la création d’une dichotomie plus évidente que lors du premier volet, entre un Mike toujours dans le feu de l’action, tête brûlée et charmeur, et un Marcus râleur, plus réfléchi et particulièrement aigri. Les échanges de dialogues entre les deux sont toujours aussi piquants et satisfaisants, et le duo fonctionne toujours, construisant une machine qui tourne à plein régime. Et ça, c’est tout particulièrement grâce à deux grands comédiens. Will Smith et Martin Lawrence ont une complicité évidente qui envahit l’écran pendant ces 2h30. Ils soutiennent à eux seuls un script pas évident, et se trouvent des petits moments de gloire. Ce n’est pas pour rien que Nick Frost invite Simon Pegg à regarder Bad Boys 2 dans le Hot Fuzz d’Edgar Wright, soulignant l’aspect « cool » du statut de flic. Ils incarnent cette image de l’âge d’or du film de policier, tirant au ralenti sur des méchants trafiquants de drogue étrangers avec un pistolet dans chaque main. Ils sont les flics « cools » que Wright taquine tout en leur rendant hommage dans sa « ‘parodie ».

Bad Boys 2 a un statut un peu culte de par son aura et sa démesure « cool ». Et même s’il déborde de clichés rendant l’ensemble complètement caricatural et à la limite du nanar, il serait stupide de lui nier ses forces évidentes de ses scènes d’action particulièrement satisfaisantes, mélange d’excès et d’improbabilités risibles. Et si voir Will Smith et Martin Lawrence dans une Ferrari éviter un bateau à moteur lancé par des trafiquants haïtiens ne vous divertit pas forcément, alors c’est que la forme -et surtout le fond- de ce Bad Boys 2 n’est pas fait pour vous. Il n’est ni plus ni moins qu’un film fantasmé par un adulte toujours ado qui ne cherche ni la crédibilité de l’action ni la propreté de son montage, mais simplement le divertissement, les explosions et une certaine idée de la coolitude. Et qui de mieux que Will Smith et Martin Lawrence pour incarner ces sales gosses immatures sans aucune limite qui crachent sur l’autorité et les règles ? En fin de compte, Michael Bay met en scène sa propre immaturité, embrassant son image de sale gosse de Hollywood, une bonne fois pour toute.

Titre Original:  BAD BOYS II

Réalisé par: Michael Bay

Casting : Will Smith, Martin Lawrence, Michael Shannon…

Genre: Action, Comédie, Policier

Sortie le:  15 Octobre 2003

Distribué par: Columbia TriSta Films

3 STARS BIENBIEN

1 réponse »

  1. (evilashymetrie) En salles, cela avait constitué un vrai choc. Et peu importait si on voyait des rats forniquer, hein, le film était tellement grisant et fou qu’on oubliait tous les détails malodorants.

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