Critiques

PEUR SUR LE LAC (Critique Mini-Série) Pas révolutionnaire mais parfaitement exécutée…

SYNOPSIS: Lise Stocker et Clovis Bouvier doivent faire face à une nouvelle menace totalement inédite. Plusieurs personnes sont atteintes d’un mal mystérieux et mortel. Un virus est en train de se répandre à Annecy. Une course contre la montre s’engage pour trouver l’origine de ce virus et tenter de stopper sa propagation. Est-ce un accident ? Un acte criminel ? Terroriste ? Ce virus a-t-il un lien avec la disparition mystérieuse d’une petite fille et de son père ? Chaque minute compte car déjà le nombre de victimes augmente… 

Quatre ans après Le Mystère du Lac et un peu plus de deux ans après Le Tueur du Lac, les aventures de Lise Stocker et de Clovis Bouvier reviennent rythmer nos soirées pour six  nouveaux épisodes avec Peur sur le lac. Julie de Bona (Innocente, Le Bazar de la charité…) ayant remplacé avec succès Barbara Schulz, rien ne pouvait entraver la mise en chantier d’une suite pour cette série qui est parvenue à se renouveler après avoir perdu sa tête d’affiche. Dans la droite lignée du Tueur du Lac, Peur sur le Lac reprend les ingrédients qui fonctionnaient parfaitement et y ajoutent un postulat de virus mortel, donnant à cette nouvelle mini-série des allures de série catastrophe à même de développer, grâce aux risques qu’ils encourent, encore plus d’empathie pour les personnages. Si Julie Depardieu, Romane Bohringer, Moussa Maaskri, Clément Manuel, Anny Duperey ou encore Philippe Lefebvre formaient autour des héros une distribution très prestigieuse dans la précédente saison / mini-série, on passe ici la surmultipliée avec les présences conjointes de Sylvie Testud, Clotilde Courau, Anne Charrier, Bruno Debrandt, Juliette Roudet, Michaël Cohen, Frédéric Bouraly, Frédéric Chau et les retours de Lola Dewaere, Juliette Plumecocq-Mech, Joyce Bibring, Pierre Perrier, Justine Le Pottier et Cécile Reboah.

Écrite par Didier Le Pêcheur, Jérôme Cornuau, Nicolas Douay avec les collaborations de Yann Brion et Laurent Burtin, la série est toujours réalisée par Jérôme Cornuau et retrouve son capital initial d’épisodes (6 au lieu de 8 dans Le Tueur du Lac) et c’est là que le bât blesse. Car aussi réussie soit-elle comme nous allons le voir, à vouloir faire entrer autant de sous-intrigues dans 6 épisodes que dans 8 alors même que nous émettions une réserve similaire il y a deux ans, cela s’avère très compliqué en terme d’équilibre. On a par moments la sensation que certains éléments du scénario ne sont pas menés à leurs termes ou sacrifiés sur l’autel de l’efficacité et cela s’avère parfois dommageable. Hormis cette réserve et son corollaire (certains comédiens bien qu’excellents ne parviennent pas à donner leur pleine mesure car étriqués dans des rôles pas suffisamment développés), Peur sur le Lac joue parfaitement son rôle de thriller anxiogène. Efficace tant dans le suspense que dans l’action, parvenant à nous faire nous inquiéter pour le destin de tous les personnages dont on n’est jamais sûr de ceux qui survivront ou pas, les épisodes s’enchainent sans temps mort grâce à un montage astucieux et une mise en scène fluide et précise de Cornuau qui sait aussi très bien profiter de la beauté des paysages contrebalançant ainsi un récit particulièrement anxiogène.

L’intrigue centrale aurait sans doute suffit à nous contenter et la multiplication des personnages n’aide clairement pas à rester centrer sur le cœur de la saison. Fort heureusement tout est pourtant rondement mené, la qualité de la patte de Didier Le Pêcheur à l’écriture (Les Innocents, Crimes Parfaits…) permettant à l’ensemble d’être vraiment prenant. Rayon interprétation, Julie de Bona est toujours impeccable, confirmant la place prépondérante qu’elle a acquise dans la fiction française. Lannick Gautry lui aussi est parfait, et si son potentiel dramatique est moins exploité que dans Le Tueur du Lac, il n’en demeure pas moins charismatique. Leurs interactions concourent à en faire un vrai beau couple de télévision. Concernant les guests, Sylvie Testud, si elle n’a pas grand chose à défendre, assure ce qu’elle peut, tandis qu’Anne Charrier ou Bruno Debrandt démarrent avec des personnages peu étoffés mais qui gagnent en densité au fil des épisodes. Juliette Roudet, Michaël Cohen ou encore Clotilde Courau sont quant à eux moins bien lotis, le temps manquant singulièrement pour développer leurs arcs respectifs. Dans les personnages déjà présents on signalera notamment trois comédiennes qui tirent superbement leur épingle du jeu: Juliette Plumecocq-Mech (qui parvient à insuffler de l’émotion à un personnage d’apparence assez sèche), Joyce Bibring toujours juste et une Cécile Reboah réellement bouleversante. En définitive, Peur sur le Lac apparait un peu comme un rejeton télévisuel d’Alerte (Wolfgang Petersen, 1995) et de Contagion (Steven Soderbergh, 2011). Un thriller-catastrophe qui vous tient en haleine jusqu’à son dénouement avec son lot de fausses pistes et de potentiels suspects, une série sans doute pas révolutionnaire mais parfaitement exécutée.

Crédits: Elephant Story / TF1

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s