Critiques

LES RIVIERES POURPRES (Critique Saison 2) La même eau qui coule…

SYNOPSIS: Après une série d’enquêtes originales et intenses, le duo de choc du commandant Pierre Niemans et Camille Delaunay replonge dans le versant noir de l’âme humaine, le long d’une route parsemée de morts inexpliquées, dans des univers toujours plus étranges et mystérieux. Prenant soin l’un de l’autre, leur relation va se renforcer lorsque le fils de Camille se retrouvera dans une situation désespérée.

Il y a un peu plus d’un an, la première saison de l’adaptation en série télé du roman de Jean-Christophe Grangé, Les Rivières Pourpres (déjà adapté au cinéma en 2000 et 2004) nous avait fait une impression plutôt favorable bien que l’ensemble semblait plus être une version dérivée du livre qu’une adaptation stricto sensu. Intégralement écrite par le romancier dont le talent pour les intrigues tortueuses assurait la plongée dans un univers sombre et glauque qui font toujours la renommée de ses livres, les premiers épisodes se focalisaient sur les enquêtes au détriment de scènes explicatives sur la relation liant le duo central de la série et avouons que ce choix nous avait paru sujet à caution, tant on avait la sensation qu’avait été coupée dans le vif tout ce qui pouvait faire office de fil rouge. Tout cela ressemblait furieusement au retour à une télévision où les lignes narratives complexes et entrecroisées n’auraient pas droit de cité et où les épisodes d’une série sont conçus pour fonctionner par soirée de deux parties pouvant se visionner sans ordre précis pour ne pas bouleverser les habitudes des téléspectateurs. Les enquêtes étaient fort heureusement bien troussées mais ce format -qui fait fi de plus de 20 ans d’une télévision française qui avait mis un temps fou à proposer enfin des épisodes de 52 minutes- imprimait à la série un rythme assez lent qui nuisait à sa modernité. Enfin, si les personnages manquaient de contraste dans leur caractérisation, les interprétations conjointes d’Olivier Marchal et d’Erika Sainte permettaient de trouver l’ensemble parfaitement efficace et bénéficiant d’une production extrêmement soignée.

En saison 2 ce sont toujours les mêmes ingrédients qui sont utilisés et on se retrouve en terrain connu. Si Grangé a lâché du lest sur l’écriture (il a écrit 4 épisodes sur 8, Furta Sacra et La lignée de verre), il n’a pas laissé la série dans des mains trop légères. Yann Le Gal, David Neiss, David Morley, Louis Grangé et Olivier Prieur se glissent dans son sillage sans pour autant le singer et avec une vraie réussite. Les scénarios continuent à plonger dans les tréfonds de l’âme humaine et à explorer les personnalités déviantes de mabouls hors normes. Les crimes et leurs représentations graphiques sont toujours impressionnants et aucun humour facile n’est là pour caresser dans le sens du poil le téléspectateur. C’est d’ailleurs surprenant que la chaine n’ait pas été tentée de contrebalancer la noirceur de sa série par des bulles d’oxygène récurrentes et au fond c’est tant mieux, mais la dichotomie entre son format vieillot et son effrayante peinture d’une certaine criminalité fait des Rivières Pourpres une œuvre singulière et une proposition pourtant intéressante à plus d’un titre.

L’univers initié par Grangé est donc bien présent, son goût pour les communautés vivant en vase clos, la sophistication des meurtres, les criminels à l’ego démesuré et à la recherche de la perfection, les tendances déviantes et visuellement la série se montre à la hauteur de ces descriptions macabres. Série atmosphérique privilégiant la psychologie à l’action, Les Rivières Pourpres utilise plus ses personnages principaux pour leurs fonctions de flics que pour leurs personnalités qui continuent d’être explorées très (trop) partiellement. Si on ne sait quasiment rien de Niemans si ce n’est son côté ours mal léché et l’admiration qu’il suscite auprès de ses jeune collègues, on en apprend un peu plus sur Camille et l’histoire avec son fils. Cela reste trop peu pour ressentir un réel attachement envers eux même si la tendresse qui les lie et qui passe en filigrane des épisodes permet d’atténuer ce ressenti. Toujours parfait Olivier Marchal a des scènes savoureuses et des dialogues assénés avec sa gouaille coutumière qui nous rendent son personnage sincère et pétri d’humanité. Erika Sainte démontre elle aussi, dans la lignée de la saison 1, qu’elle ne s’en laisse pas compter et que son caractère et sa personnalité sont très loin d’en faire un faire-valoir pour Marchal, même si la tendance récurrente de son personnage à foncer dans le tas sans réfléchir est parfois agaçante. On a plaisir à retrouver dans les épisodes de cette saison 2 des guests que l’on apprécie (Elodie Hesme, Gérald Laroche, Serge Riaboukine, Claude Perron, Olivier Chantreau…) et qui apportent au tandem Marchal-Sainte un contrepoint riche et pugnace. Dans la droite lignée de la première saison, Les Rivières Pourpres continue d’assumer sa noirceur même si la série ne parvient toujours pas à se transcender. C’est toujours la même eau qui coule mais tant qu’elle reste fraiche pourquoi s’en plaindre!

Crédits: France 2 / Storia Télévision

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