Critiques Cinéma

DARK MURDERS (Critique)

SYNOPSIS: Un puissant homme d’affaires est retrouvé sauvagement assassiné. L’enquête est confiée à Tadek, flic intègre et désabusé, en quête de réhabilitation suite à une précédente affaire qui a mal tourné. Très vite, ses soupçons se portent sur un auteur de polar, dont le dernier roman décrit les moindres détails du meurtre, pourtant gardés confidentiels. Peu à peu, l’enquête plonge Tadek dans un monde souterrain pervers et terrifiant, où cohabitent sexe et corruption. Obsédé par cette affaire dont les enjeux le dépassent, saura-t-il affronter ses propres secrets les plus sombres afin de découvrir la terrifiante vérité ? 

Tandis que la saison 2 de Kidding a été repoussée (semble-t-il dans l’indifférence générale) au 9 février 2020 (elle arrivera donc seulement quelques jours avant Sonic qui sort le 12), nous étions cruellement en manque de Jim Carrey et avons décidé de fureter du côté de sa filmographie afin de dénicher quelque chose d’inconnu à nous mettre sous la dent. Il faut le dire, ces dernières années ce bon vieux Jim s’est fait de plus en plus rare et n’a le plus clair du temps pas fait parler de lui pour son travail au cinéma mais davantage pour ses peintures ou ses divers problèmes personnels sulfureux. Sa récente actualité en matière de longs-métrages se limite ainsi à The Bad Batch, où son rôle n’a ni intérêt, ni temps de présence à l’écran, et Dark Murders, un film americano-polonais globalement inconnu au bataillon. L’occasion de se pencher sur ce dernier qui ne semble pas avoir interpellé grand-monde lors de sa sortie chez nous en direct-to-video, mais qui a le mérite de faire jouer à Jim un rôle sombre, registre dans lequel il exerce peu, lui qui nous a pourtant déjà démontré par le passé son potentiel en la matière (Le Nombre 23 étant sans doute en terme de ton celui qui se rapproche le plus de Dark Murders).

Autant vous le dire tout de suite, malgré l’amour que nous portons à Jim, et celui que vous lui portez peut-être aussi, nous vous déconseillons vivement Dark Murders qui n’est ni plus ni moins que l’éloge du vide. C’est très simple, si le film d’Alexandros Avranas était une localité, il concurrencerait sans mal Grenoble pour l’obtention du titre de la ville la plus plate de France. La raison qui a motivé tout ce beau monde à s’échouer dans cette léthargie générale nous échappe, celle de Jim en tête de gondole. Dark Murders met en scène Jim Carrey dans le rôle de Tadek, un flic polonais blasé et délavé qui traverse sa vie de famille tel un automate spectral dans une Pologne si vide, que le film pourrait tout aussi bien se dérouler à Roubaix sans que nous constations de différence notable. Persuadé qu’un écrivain est impliqué dans un meurtre resté jusqu’à présent non élucidé, Tadek s’engage dans un étrange duel avec ledit écrivain (qui a décrit un homicide identique dans l’un de ses romans) afin de prouver sa culpabilité. Inspiré de l’histoire vraie de Bala Krystian (qui croupit actuellement en prison pour les raisons évoquées ci-dessus) et plus précisément d’un article du The New Yorker intitulé True Crime – A postmodern murder mystery*, paru en 2008, le film étonne (dans le mauvais sens du terme) car il avait suffisamment de substance pour raconter quelque chose de piquant et constructif. La véritable histoire est bien plus passionnante que le rendu final et nous nous étonnons d’ailleurs qu’elle soit à ce point sous-exploitée dans Dark Murders. Ajoutons à cela que le scénario n’a aucun sens : comment pourrait-il en avoir puisque l’écriture de ses personnages n’a ni queue, ni tête ?

S’il était naïvement permis de croire lors des premières minutes que l’ambiance du film allait nous rappeler de bons souvenirs des Enquêtes du Département V, il n’en est rien : Dark Murders est désespérément terne et vide, tout n’est que façade y compris sa noirceur ; les passages qui se veulent glauques et malaisants n’ont aucun impact sur le spectateur tant l’empathie pour les personnages et leur caractérisation sont inexistantes. Mais surtout au-delà d’éprouver ou non quelque chose pour eux, nous ne comprenons rien à ce qui anime ces individus sans personnalité qui peuplent le film : leurs attitudes respectives, leurs motivations…même eux n’ont pas l’air de comprendre ce qu’ils font là (la femme de Tadek et ses rares répliques à la mords-moi-le-nœud en sont de bons exemples). Outre des dialogues pitoyables, insipides et totalement risibles, le duel entre Tadek et l’écrivain (personnage borderline dont la logique nous échappe et qui se complait à débiter des conneries pseudo-philosophiques à longueur de temps) est des plus étranges. Autour de cette confrontation au sommet (si ce dernier était une stalactite pointant désespérément vers les limbes), gravitent d’autres personnages dont celui interprété par Charlotte Gainsbourg. On connaissait déjà l’appétence de cette dernière pour les projets bizarres (surtout depuis ses divers passages chez Lars von Trier), la voir ici n’est donc pas si surprenant ; nous supposons par ailleurs que le nom de Jim Carrey doit être sacrément motivant lorsque vous vous voyez proposer une telle collaboration. A part se déshabiller, Charlotte n’a néanmoins rien à jouer car l’écriture de son personnage est déplorable, au même titre que celle de tous les autres. Visionner Dark Murders c’est acheter un ticket pour contempler les abysses de la vacuité et prendre le risque de devenir aussi éteint que les autochtones qui les peuplent.
 

Que Jim Carrey ait souhaité se faire un petit plaisir en s’embarquant là-dedans pourquoi pas, mais il est bien dommage de le voir aller se compromettre dans ce genre de naufrage artistique, lui qui se fait maintenant si rare sur nos écrans. Jusqu’à son dénouement d’une fadeur incommensurable (mais qui comporte aussi paradoxalement l’une des rares vraies bonnes idées de mise en scène), le spectateur qui aura tenu jusqu’au bout immergé dans cet ennui accablant, reste atterré mais heureux de pouvoir retourner vaquer à ses occupations, n’importe laquelle y compris la plus insignifiante ayant davantage d’attrait que ce fiasco en bande organisée.

*True Crime – A postmodern murder mystery par David Grann – 04 Février 2008 https://www.newyorker.com/magazine/2008/02/11/true-crime

Titre Original: DARK CRIMES

Réalisé par: Alexandros Avranas

Casting : Jim Carrey, Charlotte Gainsbourg, Marton Csokas

Genre: Drame, Policier, Thriller

Sortie le: 02 mai 2019 en DVD

Distribué par: Condor Distribution

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