Critiques Cinéma

POWER RANGERS (Critique)

power rangers affiche cliff and co

SYNOPSIS: Dans une petite ville, cinq adolescents découvrent qu’ils ont des pouvoirs extraordinaires. Ils vont devoir apprendre à surmonter leurs peurs et à faire équipe pour devenir les Power Rangers : le destin les a choisis pour sauver le monde de la destruction orchestrée par une force extraterrestre surpuissante… 

Malgré des hauts et des bas, la licence Power Rangers (qui fêtait ses 25 ans l’année dernière) est increvable et continue chaque année son petit bonhomme de chemin…et ce n’est pas près de s’arrêter vu son récent rachat par Hasbro qui fonde de grands espoirs dessus. Nous ne referons pas l’historique de Power Rangers, comme nous ne réexpliquerons pas son concept qui est maintenant connu de tous. Néanmoins il est important de préciser qu’au-delà de la série télévisée (dont la cible est surtout les plus jeunes) qui perdure malgré une qualité très aléatoire, Power Rangers a une aura particulière, souvent plus affirmée à l’étranger (beaucoup d’anciens acteurs de la série, Jason David Frank en tête, écument les conventions du monde entier à la grande joie des fans nostalgiques) et continue à s’étendre que ce soit en comics (que nous vous recommandons chaudement) chez Boom! Studios (en France, malgré un gros retard de publication, vous les trouverez chez Glénat) ou en jeux vidéo (pour les fans de la première heure, Mega Battle est une petite sucrerie). L’année 2017 marquait leur grand retour au cinéma, après des années d’absence sur grand écran, sous la houlette de Dean Israelite. Le moment de paraphraser Alpha avec un « Aïe Aïe Aïe ! » de circonstances ?

power rangers 1 cliff and co

La promotion du film Power Rangers avait été assez étonnante : mystérieuse de prime abord (ce qui était une bonne idée), elle avait soigneusement évité de dévoiler le contenu du film avant de lâcher quelques rares images. Sans être inexistante il paraissait évident que pour un blockbuster de cet acabit la communication n’était pas suffisante pour convaincre les spectateurs de se ruer vers les salles de cinéma. Après un excellent démarrage au box-office américain le film s’est d’ailleurs rapidement écroulé, compromettant largement l’idée d’une suite tandis que plusieurs longs-métrages devaient lui emboiter le pas. Si Hasbro avait initialement annoncé, après le rachat des droits, qu’une suite était maintenue, il semblerait au regard des dernières prises de paroles publiques que nous nous dirigeons vers un nouveau reboot. Nous ne pouvons pas dire que cela nous attriste fondamentalement car le film ne nous a pas offert grand-chose : un dépoussiérage du concept sur le fond et la forme, mais sans surprise ni inventivité (hormis l’étonnante scène d’ouverture). Cette origin story s’avère de surcroît posséder un découpage et un rythme très mal gérés : ne vous attendez pas à voir les Power Rangers en action, ou même d’ailleurs les Power Rangers tout court, avant les 25 dernières minutes, sachant que durant les trois quarts de ce temps ils sont en costumes avec leurs visages apparents. Le film n’est donc qu’une grande introduction à un deuxième volet que nous ne verrons vraisemblablement jamais. Le souci c’est que nous attendons justement des Power Rangers qu’ils soient en partie des Power Rangers…et pas uniquement des civils. Si les séries télévisées donnent la possibilité aux scénaristes de prendre leur temps, c’est malheureusement délicat pour une telle franchise au cinéma de se permettre ce genre de fantaisies. Depuis sa sortie le film a été démoli et raillé par la critique, mais malgré les défauts susmentionnés et un déséquilibre flagrant, Power Rangers est loin d’être honteux et ne méritait sans doute pas d’être ainsi traîné dans la boue : car du positif il y en a. A commencer par son casting, dont quelques figures de proue : Bryan Cranston (que nous ne présentons plus) joue un Zordon froid et peu bienveillant en guise de mentor ; quant à Elizabeth Banks (popularisée par Hunger Games) elle incarne l’iconique Rita Repulsa. Mention spéciale à RJ Cyler (le ranger bleu) déjà notamment aperçu dans This is not a love story, son personnage étant le plus amusant et le plus attachant du groupe. Nous appréhendions un peu l’interprétation de Naomi Scott (le nouveau ranger rose) peu convaincante dans le naufrage Terra Nova, mais au final celle qui devient l’une des nouvelles coqueluches d’Hollywood après Aladdin (et en décembre dans Charlie’s Angels), se débrouille assez bien, sans faire d’étincelles. L’occasion également de retrouver Dacre Montgomery (depuis devenu très populaire suite à son rôle dans les saisons 2 et 3 de Stranger Things) en chef d’équipe. Quant aux effets spéciaux, nous constatons que, sans casser la baraque, il y avait suffisamment de budget pour faire quelque chose d’agréable à regarder. Globalement le concept du film et son univers sont amenés de façon crédible mais beaucoup trop balisée (le début ressemble beaucoup à Chronicle).

power rangers 2 cliff and co

Le problème majeur de Power Rangers c’est qu’à aucun moment nous ne comprenons à qui il s’adresse. Aux fans ? Peu de choses sont faites pour les contenter. Alors oui vous retrouverez un Alpha 5 plutôt rigolo avec quelques fameux « Aïe Aïe Aïe ! », le thème « Go Go Power Rangers » (balancé à la truelle…un plaisir doux-amer), un caméo de deux acteurs de la série Mighty Morphin, une scène post-générique qui annonce une suite plus palpitante avec l’introduction d’un personnage bien attendu des fans…mais hormis cela la personnalité et les codes de la série passent clairement à la trappe (le dépoussiérage ne justifiant par tous les choix effectués). 
 S’adresse-t-il alors à un nouveau public ? Rien n’a été fait pour l’attirer en salle : ni la promotion, ni le résultat final qui aurait pu avoir un bouche à oreille favorable en cas de bonne surprise. De plus l’équipe des Power Rangers a le droit à un traitement superficiel et à un esprit de groupe extrêmement artificiel (alors que le sujet du film est justement l’instauration d’une cohésion) auquel nous ne croyons jamais. Les personnages féminins étant les plus mal lotis tant ils sont creux et insipides. Cette longue exposition a des conséquences et laisse peu de temps afin d’exploiter le concept : un seul réel combat au corps- à-corps (avant de passer directement aux Zords), et pas des plus impressionnants, ainsi que des ralentis inutiles qui desservent l’action. Niveau monstres, rien à se mettre sous la dent : des dizaines de créatures en pierres à l’allure douteuse et le mythique Goldar…ici relégué à une immense bête en or, sans visage, a priori sans âme, et qui ne parle pas…un peu dommage d’avoir transformé l’une des figures mythiques de la série (et sa grande gueule) en coquille vide. Après plus d’1h30 d’exposition, le combat final est rushé et laisse le spectateur sur sa faim : l’occasion de constater (même si nous pensons qu’à ce stade le doute n’était plus permis) que la promo ne gardait finalement pas grand-chose sous le coude.

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Dans l’ensemble le film perd un peu trop l’esprit de la série originelle avec une Angel Grove terne, morne, vide, sans arts martiaux et sans Juice Bar…des éléments qui une fois dépoussiérés auraient contribué à donner une véritable identité au film qui en manque cruellement. Quant à l’OST elle est faiblarde mais fait le travail. Il semble difficile pour les équipes créatives de trancher afin de choisir un ton adapté aux nouvelles itérations des Power Rangers : le court métrage Power/Rangers réalisé par Joseph Kahn en 2015 avait décidé de partir directement dans une direction violente, extrêmement noire et déprimante, qui n’était sans doute pas la plus adaptée pour exploiter la franchise ; le film de 2017 a au moins eu le mérité malgré ses imperfections d’être sur la bonne piste…car Power Rangers constitue un divertissement tout à fait honnête qui ne sème pas que des mauvaises idées. Si vous êtes fan des Power Rangers ou si vous avez grandi avec, il y a de fortes chances que vous appréciez un minimum le long métrage, en le prenant pour ce qu’il est : la résurrection et le dépoussiérage d’une référence de votre enfance, qui mise sur un aspect « réhabilitation des Power Rangers auprès du grand public » en délaissant un peu la construction et la profondeur de son histoire. Si vous n’en avez rien à faire des Power Rangers, nous doutons que vous y trouverez votre compte car paradoxalement vous ne semblez pas non plus être la cible, et si jamais vous l’appréciez il vous apparaitra sans doute comme un banal popcorn movie distrayant mais juste bon à tuer le temps, et vous l’oublierez dès le lendemain.

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Power Rangers n’étant ni plus ni moins qu’un combat du bien contre le mal (comme la plupart des œuvres) il est aisément possible de faire une multitude de choses avec le concept (la seule limite étant l’imagination) mais pour se démarquer il va falloir approfondir la mythologie de l’univers et lui donner une personnalité plus affirmée (pourquoi ne pas piocher des idées dans les comics qui le font justement très bien ?). Une suite directe n’est sans doute pas l’idée à privilégier et nous ne verrions pas d’un mauvais œil un nouveau reboot, quand bien même il y avait ici matière à faire un deuxième volet. Une occasion manquée.

power rangers affiche cliff and co

Titre Original: SABAN’S POWER RANGERS

Réalisé par: Dean Israelite

Casting : Dacre Montgomery, RJ Cyler, Naomi Scott

Genre: Action, Aventure, Science fiction

Sortie le: 05 avril 2017

Distribué par: Metropolitan FilmExport

BIEN

 

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