Critiques

L’EFFONDREMENT (Critique Saison 1 Episodes 1×01 – 1×03) Une curiosité qui mérite le détour…

Fin octobre avait lieu le Comic Con Paris ! L’occasion comme chaque année de découvrir en avant-première quelques petites curiosités et notamment l’une des nouvelles séries françaises de Canal+. Présentée comme une création en 8 épisodes de 15 à 26 minutes, cette série anthologique créée par le collectif Les Parasites, suit le destin de plusieurs individus confrontés à un « effondrement » de la société. Lors de cette avant-première nous avons eu la chance d’assister à la projection de trois épisodes. L’occasion d’y croiser plusieurs têtes connues.

Le premier épisode, où l’on retrouve notamment Philippe Rebbot, nous emmène dans une station service dont le carburant est rationné par des profiteurs qui surfent sur le chaos ambiant pour se remplir les poches, en extorquant des provisions aux nombreux péquins qui souhaitent s’y approvisionner. Le deuxième épisode, avec Thibault de Montalembert, met en scène un homme fortuné ayant souscrit une assurance bien particulière en cas d’effondrement, et qui va tout faire pour rejoindre en quinze minutes un aérodrome situé non loin de son domicile dans le but d’être évacué afin d’être mis en sécurité…mais il devra arriver à l’avion avant que celui-ci ne décolle. Le troisième épisode (probablement le meilleur des trois auxquels nous avons assisté) avec entre autres Audrey Fleurot, nous présente quant à lui un groupe de survivants à la recherche d’un hameau, annoncé comme un véritable havre de paix : bien sûr une fois sur place, rien ne va se dérouler comme prévu. Dans chaque épisode présenté nous ignorons les causes de l’effondrement ainsi que son ampleur, ce qui est parfois également le cas de certains protagonistes (dans l’épisode de l’aérodrome par exemple, les personnages secondaires qui gravitent autour de celui incarné par Thibault de Montalembert ignorent clairement ce qui se trame réellement). Cela n’a bien entendu aucune importance dans la mesure où ce qui nous importe ici, est seulement de voir les conséquences dudit effondrement.

La particularité de la série est que tout est fait pour la rendre immersive, c’est une expérience, et pour cause elle est entièrement réalisée en plans-séquences. Chaque épisode est donc tourné sans coupure, l’occasion pour Les Parasites de nous expliquer l’exigence de cette méthode de travail qui lorgne du côté du théâtre, nécessite une parfaite coordination tout en laissant la part belle à l’improvisation. Chaque épisode est répété et tourné plusieurs fois et le rendu final est à la hauteur : le spectateur est au plus près des personnages, sans temps mort, et sans fioriture. Si les versions projetées n’étaient pas tout à fait finalisées (il restait des musiques à ajouter ainsi que quelques effets visuels à incorporer) nous avons néanmoins pu constater le potentiel de la série. L’épisode 3 que nous évoquions précédemment est celui qui se rapproche le plus de ce que nous avons l’habitude de voir à la télévision dans le genre survival : nous pensons par exemple à The Walking Dead. Non pas pour l’aspect zombies (il n’y en a pas dans L’Effondrement et jusqu’à preuve du contraire il ne s’agit pas d’une série fantastique), mais pour les aspects « groupes de survivants », « lieu isolé », « recherche de ressources », « rivalités et conflits entre individus » etc. Le parti pris de la réalisation et son rendu hyper dynamique permettent néanmoins à cet épisode 3 d’être bien plus captivant et percutant qu’une série plan-plan (pour ne pas dire d’une platitude extrême) à la The Walking Dead. Alors bien entendu les formats et les contraintes de L’Effondrement et de The Walking Dead sont radicalement différents, mais quel plaisir dans L’Effondrement de pouvoir regarder des personnages survivre, même banalement, sans s’ennuyer.

Les reproches que nous pourrions faire à la série sont la présence de quelques situations et comportements assez clichés dans les deux premiers épisodes visionnés (la station service et l’aérodrome) et… son concept qui est paradoxalement à la fois son point fort et son point faible. Son point fort dans la mesure où les épisodes sont efficaces et immersifs, son point faible car ces derniers prennent le risque de nous laisser sur notre faim et, en dehors de l’expérience procurée sur le moment, de devenir assez anecdotiques avec le temps. Nous aurions parfois aimé les voir durer plus longtemps (bien que certains épisodes peuvent faire, comme évoqué plus haut, jusqu’à 26 minutes) pour faire perdurer le plaisir et repousser les limites. Reste à voir si la série demeure aussi saisissante sur la durée. Réponse à partir du 11 novembre. Une curiosité qui comme vous l’aurez compris mérite selon nous le détour, et au regard de la durée des épisodes vous ne prendrez pas un grand risque en tentant l’aventure.

Crédits: Canal +

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