Le Festival de Cam

4 RAISONS DE REVOIR LA NUIT DU CHASSEUR

la nuit du chasseur affiche cliff and co

SYNOPSIS: Un prêcheur inquiétant poursuit dans l’Amérique rurale deux enfants dont le père vient d’être condamné pour vol et meurtre. Avant son incarcération, le père leur avait confié dix mille dollars, dont ils ne doivent révéler l’existence à personne. Pourchassés sans pitié par ce pasteur psychopathe et abandonnés à eux-mêmes, les enfants se lancent sur les routes. 

Et voilà, ce qui devait arriver, arriva. Il y a un moment où vous faites le malin (la maligne en l’occurrence) et, dans un état d’inconscience totale, vous vous proposez pour écrire sur La Nuit du chasseur. Oui, vous avez bien lu : La Nuit du chasseur. Chef-d’œuvre des chefs-d’œuvre absolument incritiquable. Film unique de Charles Laughton qui, alors même qu’il fit un véritable four à sa sortie en 1955 et poussa l’acteur-réalisateur à abandonner la mise en scène, est aujourd’hui analysé dans tous les cours de cinéma sans exception. Référence inspirante pour des générations entières de cinéastes, de Martin Scorsese à Tim Burton, en passant par David Lynch, Terrence Malick ou Xavier Legrand (Jusqu’à la garde). Vous l’aurez donc compris, critiquer une nouvelle fois La Nuit du chasseur serait une perte de temps. Tout a déjà été dit, analysé, décrypté. Inutile d’enfoncer des portes ouvertes. Au lieu de ça, parce qu’il est tout de même bon de s’y replonger, on vous propose 4 raisons de (re)voir cette œuvre infinie.

la nuit du chasseur 1 cliff and co

#1 – Pour enfin comprendre d’où vient le tatouage « LOVE/HATE » sur les phalanges des bad boys

Vous l’avez forcément vu quelque part, c’est l’un des tatouages les plus repris, copiés et détournés. Aussi bien au cinéma (The Rocky Horror Picture Show, The Blues Brothers…), que dans les séries (Lost) et dans la vraie vie (en général, chez les mêmes personnes qui portent la veste scorpion de Drive et qui vouent un culte à Tony Montana). En fouillant un peu sur les internets, on se rend d’ailleurs compte que certaines âmes en peine cherchent désespérément l’origine de ce tatouage. Il est temps de rétablir la vérité. Celui qui fut le premier à afficher le célèbre blase sur ses doigts n’est autre que… je vous le donne en mille… Robert Mitchum dans La Nuit du chasseur. CQFD. Cependant, bien plus qu’un signe distinctif pour se faire remarquer (quoique), le tatouage de Mitchum a une portée symbolique : comme il l’explique dans une scène mémorable, c’est toute l’histoire de l’humanité qui est inscrite sur ses doigts. Rien que ça. Pour les différentes interprétations, à vous de laisser aller votre imagination. Peut-être est-ce le symbole d’une société américaine manichéenne, en proie à une foi aveugle, où le bien et le mal s’affrontent sans merci ? Un clin d’œil aux contes de Grimm qui ont inspiré Laughton ? Un reflet de l’ambivalence du personnage de Mitchum (révérend et psychopathe) ? La liste est longue, et c’est d’ailleurs l’un des traits caractéristiques de La Nuit du chasseur : chacun peut se faire sa propre idée !

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#2 – Pour vous faire remarquer en soirée en citant quelques plans iconiques

Chef-d’œuvre oblige, La Nuit du chasseur regorge de plans ancrés dans les mémoires collectives qu’il est toujours bon de connaître pour impressionner. Il se murmure que Charles Laughton a puisé son inspiration dans l’expressionnisme allemand, le cinéma muet de Griffith (le personnage de Rachel Cooper est d’ailleurs interprété par son égérie, Lillian Gish), les contes, l’Americana (genre qui met en valeur un élément de la société américaine), le surréalisme, les tableaux d’Hopper, les cartoons et même les lanternes magiques. Encore une fois, chacun peut faire sa cuisine. Parmi les scènes incroyables, on trouve, pêle-mêle, le sermon de Mitchum pour expliquer la lutte entre l’amour et la haine (cf. l’histoire du tatouage plus haut), l’ombre menaçante d’un chapeau sur le mur d’une chambre d’enfants, les cheveux flottants d’un cadavre au fond d’une rivière (hardcore pour un film sorti dans les 50’s), la fuite onirique en bateau des enfants John et Pearl sous l’œil d’animaux nocturnes… Et ce n’est qu’un échantillon. Sachez également que si vous séchez sur les séquences mythiques et que vous voyez que votre auditoire décroche, vous pouvez toujours tenter de lancer un grand débat sur les différents thèmes du film. Là aussi, quelle richesse ! De la perte de l’innocence à l’amour fraternel, en passant par le fanatisme religieux, la violence conjugale, l’inceste… On parie que personne ne sera d’accord ?

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#3 – Pour trembler devant un film en noir et blanc

Si vous faites le malin en disant qu’en dehors de Psychose, vous n’avez jamais frissonné devant un film en noir et blanc et que ça a forcément vieilli, regardez donc La Nuit du chasseur. On vous l’accorde, vous ne serez sûrement pas mort de peur, caché derrière votre plaid. Il se pourrait cependant que vous ayez quelques sueurs froides en faisant la rencontre d’Harry Powell (Robert Mitchum). Certes, il n’est pas Michael Myers ou Dark Vador. Mais il est pire que ça. Il va parfois vous faire sourire, voire rire, il va vous séduire. Et puis, il va vous traquer. Sans relâche. Car il ne dort pas. Et il est effroyablement déterminé. Harry Powell est le mal par excellence (satan si on reste sur une vision manichéenne, mais ça pourrait tout aussi bien être le pédophile, l’homme violent…). Dans cette pépite noire et terrifiante qu’est La Nuit du chasseur, la peur et le malaise sont insidieux. Et le travail du directeur de la photo Stanley Cortez sur les clairs-obscurs ne fait qu’ajouter à l’angoisse.

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#4 – Pour vivre une expérience différente à chaque visionnage

Enfin, on écrit ici beaucoup de bêtises mais si vous devez retenir UNE seule bonne raison (sérieuse) de voir ou revoir La Nuit du chasseur, ce serait celle-là : à 10 ans, 25 ans, 38 ans, 65 ans, 89 ans… le ressenti ne sera jamais le même. Chacun peut avoir une histoire avec le film de Charles Laughton. Chacun peut s’en faire sa propre interprétation. Gamin, vous serez traumatisé de découvrir que les adultes peuvent vous abandonner face à la monstruosité de la vie. Étudiant, vous pourrez vous endormir pendant l’échappée de John et Pearl sur la rivière. Adulte, vous pourrez mourir d’angoisse pour la femme sacrifiée ou pour les enfants pris en chasse par le mal incarné. Etc. C’est l’essence des chefs-d’œuvre : on grandit, on évolue, on vit avec eux. La Nuit du chasseur est un bijou éternel. Sûrement l’un des plus beaux films au monde. Faisons en sorte qu’il ne sombre jamais dans l’obscurité.

Titre Original: THE NIGHT OF THE HUNTER

Réalisé par: Charles Laughton

Casting: Robert Mitchum, Shelley Winters, Lillian Gish

Genre: Thriller, Drame, Epouvante-Horreur

Sortie le: 11 mai 1956

Distribué par: Les Productions Artistes Associés

CHEF-D’ŒUVRE

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