Critiques

THE BAY (Critique Saison 1) Une réussite aboutie, rondement conclue…

the bay affiche cliff and co

SYNOPSIS: Dans la station balnéaire de Morecambe, les jumeaux adolescents Holly et Dylan Meredith ont disparu. C’est le capitaine Lisa Armstrong, agent de liaison auprès des familles dans les cas de disparition, qui est chargée de l’affaire. Lisa découvre la famille Meredith de l’intérieur et découvre qu’un lien extra professionnel la rattache à eux. Les premières 24h sont capitales. La disponibilité totale et l’empathie de Lisa mettent cependant en péril sa propre vie familiale. Mère célibataire, elle a de plus en plus de mal à suivre ses ados, en particulier sa fille Abbie.

Impossible de ne pas se livrer au jeu des 7 erreurs entre The Bay, mini-série événement de la rentrée sur France 2 depuis le 16 septembre 2019, et Broadchurch, la série mère au succès retentissant diffusée sur la même chaîne à partir de 2014 et qui a, depuis, fait de nombreux petits. Y compris The Bay donc, surnommée The Northern Broadchurch, dont l’intrigue reprend les codes de sa figure tutélaire, avec une disparition inquiétante de mineurs au cœur d’une station balnéaire hors saison, sur fond de secrets de famille et de rancœurs rentrées. La formule marche à plein, pourquoi en changer ? Avec ce savoir-faire inimitable qu’ont les britanniques pour peaufiner des ambiances mélancoliques rurales propres à encourager les faits divers doublés de drames familiaux qui fleurent bon les embruns, The Bay captive d’emblée par son entrée en matière originale, qui déballe les bases de son intrigue comme on éparpille un puzzle sur une table, avec la certitude que toutes les pièces sont là, et qu’il n’y a plus qu’à se retrousser les manches. Passé le générique, sobre et superbe, souligné d’une mélodie envoûtante, et la gueule de bois de Lisa Armstrong (Morven Christie), violemment dissipée par l’identité de son coup d’un soir, on ne décroche plus. On a beau connaître toutes les ficelles de ces enquêtes toujours laborieuses parce que s’immisçant dans l’intimité des victimes autant que dans celle des suspects, on se régale toujours, par habitude plus que par étonnement, devant le savoir-faire déployé par le scénariste irlandais Daragh Carville et les réalisateurs Lee Haven Jones et Robert Quinn, qui se sont partagés à parts égales les six épisodes que comptent la première saison. Pris dans la toile délicate de ses vies brisées, dans l’attente du retour de bâton qui guette l’héroïne, on anticipe les complications en cascade, inévitables.

Passionnante, la comédienne écossaise Morven Christie cristallise à elle-seule la majeure partie de l’intérêt que l’on portera à The Bay, davantage même qu’à son intrigue, efficace mais loin d’être déroutante, conférant à son personnage de capitaine de police dévouée à son travail et mère célibataire de deux ados une aura formidable. Sur le papier, tout concourt à ce que l’on éprouve empathie et stupeur face à sa hargne et ses erreurs, nombreuses, qui en font un personnage diablement attachant et humain, à l’instar des autres protagonistes, tous remarquablement interprétés, parmi lesquels on distinguera Jonas Armstrong (Robin Hood, Edge of Tomorrow) en beau-père irascible, Matthew McNulty (Misfits, The Musketeers) en attardé léger, Daniel Ryan (Skins, Doctor Who, Mount Pleasant) en chef déterminé, Taheen Modak en side-kick non désiré et Chanel Cresswell (Trollied) en mère dévastée, visages bien connus des sériephiles. La pluralité des points de vue offre un prisme inquiétant de ce que recouvre cette tranquille bourgade de bord de mer, frappée de plein fouet par le plan d’austérité, sédiment aux conséquences néfastes. Outre la qualité de ses interprètes, les points forts de The Bay reposent sur l’a priori critique imposé dans le premier épisode vis-à-vis du capitaine Lisa Armstrong (Morven Christie), qui tend à nous la rendre sujette à caution, et sur le contrepied pris par rapport aux autres séries du genre qui reposent presque toutes sur un duo de choc : ici, l’agent de liaison aux familles subit son partenaire (Taheen Modak), un bleu maladroit, qu’elle choisit de mettre systématiquement de côté, faisant le plus souvent cavalier seul. Cette absence de cohésion confère un surcroît de réalisme à l’ensemble, hélas contredit par des moyens humains et matériels exagérés pour une ville de cette taille.

Loin de révolutionner un genre finalement encore assez neuf, The Bay nous entraîne avec aplomb dans les sables mouvants de l’inconsistance humaine, dressant l’anatomie du gâchis, nous confrontant aux conséquences d’actes irréfléchis et/ou erratiques, dont l’issue, souvent dramatique, n’en paraît que plus tristement banale. Une réussite aboutie, rondement conclue, qui se verra couronner d’une seconde saison, dont les enjeux nous laissent songeurs…

Crédits: France 2

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