Critiques

THE HANDMAID’S TALE (Critique Saison 3) Sous un œil mitigé…

SYNOPSIS: Les servantes sont plus déterminées que jamais à en finir avec la dictature. Le message que June a laissé dans sa chambre est sans équivoque : « Ne laissez pas les salauds vous tyranniser ». La révolte est déjà amorcée. Servantes, Martas et même certaines femmes de Commandants commencent à s’unir pour mettre fin au joug des tyrans. Aucun doute, cette nouvelle saison laisse augurer de nombreux bouleversements

Depuis sa saison 1, The Handmaid’s Tale fait tristement écho à la réalité glaçante d’une Amérique (celle de Trump, de Weinstein…) où les droits des femmes sont chaque jour un peu plus bafoués. À l’heure où sort la saison 3, les choses ne se sont pas arrangées. Loin de là, elles vont de mal en pis. Un décret signé le 23 janvier dernier interdit le financement des ONG soutenant l’avortement. L’Ohio, le Kentucky, le Mississippi, le Missouri… adoptent tour à tour des lois extrêmement restrictives sur l’IVG. Dernier coup d’éclat en date, de la part de l’Alabama, qui envisage de porter le sujet devant la Cour suprême des États-Unis afin de faire annuler le décret « Roe v. Wade » de 1973 reconnaissant le droit à avorter. Il y a donc fort à craindre pour la liberté des femmes à disposer de leur corps outre-Atlantique. Un scénario angoissant qui se rapproche de plus en plus de celui de The Handmaid’s Tale. Ou comment la dystopie pourrait se transformer doucement en réalité.

On le rappelle, dans The Handmaid’s Tale, adaptation du best-seller de Margaret Atwood commandée par la plateforme de vidéo à la demande Hulu, les États-Unis sont désormais appelés Gilead. Dans ce monde où la fertilité est un bien rare et où les femmes n’ont plus aucun droit, on suit le calvaire de June Osborne (Elisabeth Moss), devenue servante écarlate. Autrement dit, un simple outil de reproduction. Une fois par mois, elle est violée par un commandant afin de tomber enceinte d’un enfant qui sera élevé par son agresseur et l’épouse de ce dernier. La saison 1, récompensée aux Emmy Awards et aux Golden Globes, plantait le décor macabre et tétanisant en suivant l’écrit de Margaret Atwood. La saison 2, beaucoup plus critiquée, a poursuivi le cauchemar de June en poussant (à bout ?) la violence, les châtiments corporels et l’horreur de cette dictature patriarcale. La saison 3 devait, quant à elle, laisser entrevoir une lueur d’espoir en se concentrant sur l’essor de la résistance. Verdict ?

Cet espoir, il est long, très long à arriver. Si l’on peut difficilement reprocher la qualité esthétique de The Handmaid’s Tale (au fil des épisodes, les plans sont tous plus travaillés les uns que les autres), on ne peut pas en dire autant de son scénario. Certes, le message est toujours aussi essentiel. On sent cependant qu’on a perdu la justesse et la portée du texte de Margaret Atwood (la fin de la saison 1 correspond à la fin du livre). Les deux premiers épisodes s’avèrent pourtant prometteurs et riches en émotions avec (attention spoilers) la rébellion de Serena (Yvonne Strahovski), le difficile retour à la liberté d’Emily (Alexis Bledel), l’ambiguïté grandissante du nouveau commandant de June, Joseph Lawrence (Bradley Whitford), ou encore le message de June laissé à Luke (O.T. Fagbenle). Puis, le soufflé retombe. On subit un ennui profond, mêlé à des tentatives ratées où les arcs narratifs de plusieurs personnages secondaires sont bousillés sans aucune raison : l’évacuation de Nick (Max Minghella) après un revirement de situation à la mords-moi le nœud, la quasi-absence d’Emily, de Moira (Samira Wiley) ou de Janine (Madeline Brewer)… Et, pour couronner le tout, un épisode-flashback maladroit sur Tante Lydia qui arrive comme un cheveu sur la soupe. Tout cela pour se concentrer sur Elisabeth Moss et ses regards énervés à la limite de la caricature. On sombre de plus en plus dans la noirceur, avec l’impression d’assister à un éternel recommencement. Et soudain, l’épisode 11. Enfin, la révolte approche. Un soupçon d’espoir se fait sentir et la série prend un nouveau tournant jusqu’à la fin de l’émouvant épisode 13, qui ouvre sur de nombreuses interrogations pour la suite. Ce final fera-t-il pour autant oublier le reste de la saison clairement décevante ? Pas si sûr. Quoi qu’il en soit, une saison 4 est d’ores et déjà programmée. Alors, comme on dit, « Blessed be the fruit… ». Ou pas.

Crédits: Hulu / OCS

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