Critiques Cinéma

ANNABELLE – LA MAISON DU MAL (Critique)

anabelle 3 affiche cliff and co

SYNOPSIS: Déterminés à mettre Annabelle hors d’état de nuire, les démonologues Ed et Lorraine Warren enferment la poupée démoniaque dans leur « pièce des souvenirs », en prenant soin de la placer derrière une vitre sacrée et de solliciter la bénédiction d’un prêtre. Mais Annabelle réveille les esprits maléfiques qui l’entourent et qui s’intéressent désormais à de nouvelles victimes potentielles : Judy, la fille des Warren âgée de 10 ans, et ses amis. Une nouvelle nuit d’horreur se prépare…

L’univers étendu Conjuring ne fait que s’étoffer depuis quelques années. Il a clairement volé la vedette à toute autre saga horrifique et fait désormais office de « référence » dans le milieu. Initié (et toujours géré) par James Wan, la saga met désormais en place une ribambelle de spin-offs centrés sur les différentes entités qu’on a pu rencontrer lors des opus précédents estampillés Conjuring. Ainsi, le second volet a vu naître La Nonne et la Malédiction de la Dame Blanche, mais c’est bien du premier volet que provient le personnage le plus emblématique de cet univers : la poupée Annabelle. Annabelle apparaît en coup de vent dans le premier Conjuring lors d’une scène qui pose les bases de sa légende et qui, évidemment, ouvre une porte de possibilités pour les producteurs (dont James Wan est la « tête pensante »). En 2014 sort donc le premier opus consacré à la poupée hantée, soit un an après le premier Conjuring. Réalisé par John R. Leonetti et écrit par Gary Dauberman (retenez ce nom), le premier Annabelle mettait donc en scène l’histoire de Mia et John, un couple qui acquiert la poupée Annabelle, quelques temps avant les événements de Conjuring. On y apprenait bon nombre d’informations sur la légende de la poupée, et bien qu’il n’ait pas été très bien reçu par la critique, on peut y trouver de bonnes idées horrifiques, ce qui en faisait un spin-off plutôt bon. Le deuxième volet, sorti en 2017 et intitulé La Création du Mal (les français aiment dramatiser un maximum les titres en ajoutant une notion de « mal » alors que les américains gardent le sobre Creation en titre), est un préquel du premier Annabelle. On y explorait alors les origines directes du pantin, et par une imbrication avec le premier volet, complexifiait son histoire. A noter que cet opus fut également écrit par Gary Dauberman. On en vient enfin au sujet de cette critique : le troisième opus d’Annabelle. Cette fois-ci, fini d’explorer l’origine de la poupée. Il est temps de la voir en action.

anabelle 1 cliff and co

Annabelle 3, intitulé La Maison du Mal (le titre original apporte une notion un peu plus mystique avec le mystérieux Comes Home), se passe juste après le premier Conjuring. Ed et Lorraine Warren, les démonologues stars et têtes d’affiche de la saga, ont ramené Annabelle chez eux pour l’enfermer et ainsi annihiler la menace. Mais le calme est de courte durée, quand Annabelle est libérée de sa cage et prend le contrôle du Mal qui rôde dans la « pièce des souvenirs » du couple Warren. Et cette menace va peser sur la jeune fille Warren, Judy, sa baby-sitter Mary Ellen, son amie Daniela et le maladroit Bob, bien décidé à charmer la jeune Mary Ellen. Ce volet est toujours écrit par Gary Dauberman, qui officie également pour la première fois en tant que réalisateur sur ce projet. Dauberman, dont la spécialité est le film d’horreur (il a notamment été scénariste de Ça 1 et 2, Destination finale 5 et La Nonne), semble donc être un choix audacieux mais intéressant pour mener ce projet.

Mais tout ne fonctionne pas dans ce film. On a l’impression d’être assis dans un train-fantôme où l’on circule sans surprise parmi les objets maudits. Le tout manque cruellement de consistance et de profondeur et sa construction scénaristique semble bien pauvre. Cependant, il faut l’avouer, niveau spectacle, c’est tout à fait honorable. Annabelle 3 ne se posera jamais comme un classique, mais on ne boude pas son plaisir devant quelques scènes sympathiques. Il prend aussi le risque d’adopter un ton différent des autres opus en amenant une donnée plutôt surprenante dans un film du Conjuring Universe : l’humour. Car au-delà d’être un film d’horreur, Annabelle se positionne comme un teen-movie avant tout, et prend ainsi comme exemple les classiques du slasher teen de l’âge d’or du genre. C’est un tout ou rien, car avec l’ambiance viennent les classiques clichés du genre. Alors que le film demande l’indulgence du spectateur par l’excuse de l’hommage, on peut se sentir replongé de force dans une époque du cinéma révolue et définitivement dépassée. On pourra donc se demander si ce « plaisir » que l’on s’avouait précédemment n’est finalement pas au détriment du film, si ce n’est pas ses défauts qui le rendent risible. C’est bien possible.

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Annabelle – La Maison du Mal est maladroit mais démontre une envie de s’amuser avec son concept. Cet opus oublie la tentative d’insuffler une subtilité aux éléments horrifiques des Conjuring, et se pose en une espèce de galerie répertoriant plein de nouveaux personnages et intrigues possibles pour être en tête de prochains spin-offs. Il semble bien trop lisse pour être autre chose qu’une pub/teaser pour la suite. Et cela vient d’abord de son scénario. En effet, ses grandes lignes ont été résumées plus haut. Il n’y a rien d’autre à ajouter : c’est un survival en huis-clos dans la maison des Warren. Il y a là un concept limité qui pourrait marcher si le ton n’était pas aussi léger (abaissant clairement les enjeux) et si l’on développait réellement plus les personnages. Car ils semblent bien transparents face aux objets des Warren. Ils ont été annoncé comme la tête d’affiche de cet opus, mais non, les Warren ne sont pas les personnages principaux. Ed et Lorraine apparaissent 10 minutes au début et 5 à la fin. Leur impact sur les événements est clairement minime, et Vera Farminga et Patrick Wilson servent simplement à relier la trilogie Annabelle avec les opus Conjuring. Au centre du film, on retrouve la jeune Mckenna Grace incarnant la fille des Warren, Judy. Accompagnée par Madison Iseman et Katie Sarife (Mary Ellen et Daniela), elles créent un trio tantôt convaincant tantôt caricatural. Rien de mémorable dans leur interprétation, mais elles s’en sortent tout de même bien dans leurs rôles respectifs à différents registres. On notera aussi la présence au casting de Michael Cimino (pas le réalisateur, hein) qui incarne Bob, le comic-relief, le running gag sur lequel le film aime s’attarder tout du long.

Au final, on n’est nullement surpris de cet opus, aussi oubliable que étrangement divertissant. Il ne faut pas y chercher un film d’horreur de haute voltige, et Annabelle 3 ne prétend pas en être un. Ainsi, la métaphore que nous posions précédemment semble particulièrement appropriée, et résume bien l’impact de ce film : c’est un train-fantôme. Rien de plus. La mise en scène de Gary Dauberman est formelle et carrée. Il tente peu d’audace, et le film n’essaye jamais de prendre des risques. Il se pose en film de transition, une sorte d’épisode « filler » au sein du Conjuring Universe. Peut-être est-ce le signe que l’histoire d’Annabelle s’essouffle et qu’il serait temps d’ouvrir une nouvelle page de l’univers horrifique le plus lucratif et le plus clé du moment. Avec le récent échec du remake de Child’s Play, on a peut-être là la preuve que les poupées tueuses n’intéressent plus le public. L’Univers Cinématographique Conjuring semble regorger de nouveaux concepts, explorés avec cet opus, donc on n’a pas de soucis à se faire. On aura bientôt une nouvelle tête d’affiche pour Conjuring, sauf si Annabelle décide de se faire la mal(le) une quatrième fois…

Titre Original: ANNABELLE COMES HOME

Réalisé par: Gary Dauberman

Casting :  Mckenna Grace, Madison Iseman, Katie Sarife…

Genre:  Epouvante-Horreur

Sortie le: 10 juillet 2019

Distribué par: Warner Bros. France

2,5 STARS MOYEN

MOYEN   

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