Critiques Cinéma

BRIGHTBURN – L’ENFANT DU MAL (Critique)

2,5 STARS MOYEN

brightburn affiche cliff and co

SYNOPSIS: Tori Breyer a perdu tout espoir de devenir mère un jour, quand arrive dans sa vie un mystérieux bébé. Le petit Brandon est tout ce dont elle et son mari, Kyle, ont toujours rêvé : c’est un petit garçon éveillé, doué et curieux de tout. Mais à l’approche de la puberté, quelque chose d’aussi puissant que sinistre se manifeste chez lui. Tori nourrit bientôt d’atroces doutes sur son fils. Désormais, Brandon n’agit plus que pour satisfaire ses terribles besoins, et même ses proches sont en grave danger alors que l’enfant miraculeux se transforme en un redoutable prédateur qui se déchaîne sur leur petite ville sans histoire…

A une époque où les genres du film d’enfant maléfique et de super héros paraissent voués à produire sans cesse les mêmes produits standardisés, qui, sans être tous déplaisants, échouent assez largement à nous procurer les mêmes frissons que les grands classiques dont nous restons orphelins, BrightBurn, avec la promesse de la rencontre  entre The Omen (Richard Donner, 1976) et Superman (Richard Donner, 1978), mettant en scène un enfant aussi maléfique que Damien Thorn et puissant que Clark Kent, avait fait naître une grande attente depuis plusieurs mois. Reprenant clairement une partie de la mythologie de Superman avec ce nourrisson venu de l’espace, recueilli par une famille d’américains moyens sans enfant, pour basculer dans l’horreur quand se réveilleront les pouvoirs de Brandon, le second film de David Yarovesky (The Hive, 2014) avait le potentiel pour offrir un spectacle stimulant et réjouissant. Encore aurait-il fallu que ce récit puisse prendre corps à l’écran et ne pas être qu’une coquille vide, certes parfois attrayante mais qui se révèle terriblement frustrante si l’on n’a pas mis son cerveau en mode avion et que l’on avait envie de s’attacher au destin de cette famille qui semble plus aux prises avec un croquemitaine qu’avec l’enfant qu’ils ont élevé sans le moindre incident, pendant 12 ans, comme cela nous est montré dans le prologue.

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La famille Breyer n’a en réalité pas d’autre existence que sur les quelques lignes que lui réserve un scénario qui empile clichés et scènes gênantes pour rendre compte de leur vie et de la relation avec leur enfant (le climax étant atteint lors d’une discussion sur la sexualité pendant une partie de chasse entre le père et son fils) lesquels n’ont finalement d’autre but que de donner une apparence de vie et de réalité au récit avant qu’il ne bascule dans le fantastique puis dans l’horreur pure et dure pour ne plus être qu’un slasher dont le bad guy est un enfant aussi puissant que Superman. On se contente de fantasmer le potentiel d’un tel récit sur l’origin story d’un Superman maléfique et les thématiques qu’il aurait pu traiter (le passage à l’adolescence, le traumatisme lié à la découverte de sa véritable filiation, voire même, la crise morale de la société actuelle qui a peut être fait que cet enfant venu des cieux choisira d’utiliser ses pouvoirs pour faire le mal). On se dit aussi que la façon dont est traitée ce récit est quelque part un triste reflet de notre époque, de ce que le cinéma américain a sacrifié depuis des années au profit d’un spectacle pour consommateurs de popcorn qui n’ont que 20 minutes d’attention sur toute la durée d’une séance et qui se contenteront de quelques scènes « trop mortelles ». Il en résulte une succession de scènes dramatiques pré-mâchées, des sentiments en carton pâte, des jump-scares bon marché, une utilisation lourdingue de la bande son et des personnages qui ne sont que de vagues pantins s’animant péniblement.

Jackson Dunn (Finalized)

Le personnage du père (David Denman) est sans doute le pire de tous, tellement sous-écrit et caricatural qu’il semble venir d’un autre film ou d’une sitcom, appelant son fils « buddy », n’ayant aucune alchimie ni avec lui, ni avec son épouse, interprétée par une Elisabeth Banks qui sauve un peu les meubles. Le no man’s land narratif et émotionnel dans lequel erre Brightburn vient massacrer tout ce qui pourrait fonctionner en terme de dramaturgie, vider le film de tout enjeu et le réduire à un spectacle vide, désincarné même si très efficace dans les quelques trop rares scènes de pure horreur exploitant les pouvoirs de ce super démon. Ces scènes reposent souvent sur un tel chaos narratif, de tels artifices, qu’il faudrait presque les prendre comme des petits courts métrages, comme des clips, pour pouvoir les apprécier pleinement. La scène la plus marquante et réellement très réussie si on la prend comme une scène de slasher est l’illustration parfaite de ce dont souffre le film. Elle n’est rendue possible que par une décision aberrante de la future victime de Brandon et le lien qui existe entre eux, la montée dramatique de cette confrontation  n’est pas pleinement exploitée.

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Il y avait aussi quelque chose à dire et capter de la transformation de cet adolescent sans problèmes en super vilain aux capacités de destruction illimitées. On ne sent pas de conflit intérieur chez Brandon et Jackson A.Dunn n’est même pas en cause, il aurait tout à fait pu offrir beaucoup plus si on lui avait donné la matière. Par ailleurs, David Yarovesky a la main plutôt lourde pour appuyer sur le fait qu’il est « sous influence » dans la plupart des scènes où il utilise ses supers pouvoirs à des fins maléfiques. Celles-ci auraient gagné en impact sans cette bande son qui suggère qu’il est poussé par des voix ou une entité mystérieuse provenant du vaisseau dans lequel il est arrivé sur terre. Brightburn aurait infiniment gagné à être plus ancré dans le réel, à jouer du trouble de ses personnages, de leurs liens. Il avait une matière absolument fantastique à développer qu’il a laissé en chemin pour partir sur les sentiers du film d’horreur, nous laissant face à notre frustration, quatre très bonnes scènes sorties de nulle part ne suffisant pas à faire le grand film qu’il aurait dû être entre de meilleures mains.

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Titre Original: BRIGHTBURN

Réalisé par: David Yarovesky

Casting :  Elizabeth Banks, Jackson A. Dunn, David Denman …

Genre:  Horreur

Sortie le: 26 juin 2019

Distribué par: Sony Pictures Releasing France

2,5 STARS MOYEN

MOYEN

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