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Journal de Bord Cannes 2019 : Jour 12

Journal de Bord Cannes 2019 : Jour 12

Ça y est, le dernier jour du festival est arrivé : la croisette se vide petit à petit, même si les étudiants Pass 3 jours sont assez nombreux. En tout cas, l’ambiance n’est plus la même pour ce samedi réservé aux rattrapages des films de la compétition et à la cérémonie de clôture. Pour ma part, je tombe assez mal car le seul film que je souhaite rattraper est Douleur et Gloire de Pedro Almodovar, qui passe à 8h30. Mais Cannes n’a pas de prix alors je me motive pour me lever de bonne heure et parvient à rentrer dans la salle. Il ne fait aucun doute que le film représente un aboutissement autobiographique très important pour le réalisateur espagnol, qui se livre à travers Antonio Banderas comme il ne s’était probablement jamais livré. Almodovar donne ainsi à voir un film sensible sur la dépression, l’addiction et la quête du passé (ou plutôt, la tendance qu’à le passé de venir s’imposer, ici pour le meilleur). Banderas est très grand, la mise en abyme faite d’imbrications de récits dans le récit est toujours au service de la poésie et non de la référence, bref Douleur et Gloire est un film majeur dans la filmographie du cinéaste. Je n’irai pas jusqu’à dire que le film mérite la Palme d’or face aux autres excellents films de la compétition, mais il ne démériterait pas forcément, d’autant plus qu’Almodovar n’en a encore jamais remporté.

D’ailleurs, en parlant de Palme d’or et puisque j’ai fini mes films de la journée (je verrai probablement Hors normes de Nakache et Toledano ce soir après la cérémonie mais j’en parlerai une autre fois), voici mes pronostics/favoris (un petit compromis entre les deux, disons) sur qui remportera quel prix de la Compétition.

Palme d’or : Tout le monde s’accorde à dire que le choix se porterait entre 3 films « favoris », à savoir Parasite de Bong Joon-ho, Portrait de la jeune fille en feu de Céline Sciamma et Douleur et Gloire de Pedro Almodovar. Personnellement j’aimerais beaucoup que Parasite l’emporte, mais je crains qu’il soit un peu trop catégorisé « genre » pour remporter la Palme auprès du Jury. Si le Sciamma l’emporte, je serais également très heureux. Mais mon choix se porte sur Douleur et Gloire, pour sa valeur symbolique testamentaire, sa déclaration d’amour au cinéma et puis aussi parce que c’est un excellent film.

Grand Prix : Il est probable que l’un des trois films cités plus haut qui n’aura pas remporté la Palme d’or remporte ce Grand Prix. Si je me tiens à mon pronostic d’Almodovar en Palme d’or, je miserais pour le Sciamma pour ce prix. Encore une fois, je doute que Bong Joon-ho parvienne à tirer son épingle du jeu, malgré peut-être un sentiment d’avoir snobé Okja il y a deux ans, et donc d’avoir envie de récompenser cet immense cinéaste. Mais attention, un Terrence Malick sauvage pourrait aussi arriver sans prévenir.

Prix du Jury : J’aimerais beaucoup que Ladj Ly remporte le prix, qui me paraît adéquat pour un premier film d’une telle force. Espérons que le Jury n’ait pas oublié le film malgré sa présence en début de festival. Sinon, je parie que It must be heaven d’Elia Suleiman remportera le prix à la place.

Prix d’interprétation masculine : Ce sera probablement soit Antonia Banderas pour Douleur et Gloire, soit Pierfrancesco Favino pour sa prestation remarquée dans Le traître de Marco Bellocchio. Je mise une pièce sur l’acteur italien. Il reste néanmoins possible que Kris Hitchen, l’acteur principal du film de Ken Loach Sorry we missed you, en sorte gagnant.

Prix d’interprétation féminine : Je ne vois tout simplement aucune concurrence possible à Noémie Merlant, l’une des deux actrices principales du Portrait de la jeune fille en feu de Céline Sciamma (Adèle Haenel étant un peu plus en retenue). Cela dit, je n’ai pas vu Sybil, qui pourrait comporter une interprétation féminine de grande qualité.

Prix de la mise en scène : Si le film de Sciamma ne remporte ni la Palme d’or ni le Grand Prix, il remportera ce prix-là. Sinon, ce sera probablement Le lac aux oies sauvages de Diao Yinan. Peut-être un ex-aequo ?

Prix du scénario : Voilà un prix que mériterait amplement Parasite, si jamais il ne parvient pas à remporter un prix plus prestigieux. Le traître de Marco Bellocchio et La Gomera de Corneliu Porumboiu pourraient également être envisagés. Ou bien pourquoi pas le Ken Loach, après tout !

Voilà pour mes pronostics qui bien sûr ne sont que purement hypothétiques, le Festival de Cannes réservant chaque année son lot de surprises et controverses. A ce soir pour le verdict !

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