Critiques Cinéma

UNE VIE CACHEE (Critique)

une vie cachée affiche provisoire cliff and co

SYNOPSIS: Inspiré de faits réels.
Franz Jägerstätter, paysan autrichien, refuse de se battre aux côtés des nazis. Reconnu coupable de trahison par le régime hitlérien, il est passible de la peine capitale. Mais porté par sa foi inébranlable et son amour pour sa femme, Fani, et ses enfants, Franz reste un homme libre. Une vie cachée raconte l’histoire de ces héros méconnus.

Il faut avouer quelque chose : depuis quelques années, le cinéma de Terrence Malick fatigue un peu. Depuis l’inégal mais fascinant The Tree of life, le réalisateur américain semblait avoir trouvé un idéal de style, le répétant depuis inlassablement : voix off, acteurs qui restent silencieux, grand angle et courte focale, l’alchimie fonctionnait parfois mais la réussite du film dépendait surtout du casting et du sujet, la mise en scène restant la même. Malgré la parenthèse Voyage of time un peu différente, on pouvait difficilement attendre autre chose de la part de son nouveau film Une vie cachée (A Hidden Life en V.O.), notamment d’après le court extrait présenté lors de la cérémonie d’ouverture du festival. Cependant, le cadre de la seconde guerre mondiale pouvait laisser espérer une belle surprise.

une vie cachée 1 cliff and co

Pendant un temps, la belle surprise est bien là : par une introduction sublime opposant des images d’Hitler à l’amour entre un homme (August Dielh) et une femme (Valerie Pachner), leur famille naissante et leur vie dans un petit village d’Autriche, Terrence Malick convoque son plus beau cinéma, celui qui magnifie les sentiments et le paysage. La photographie de Jörg Widmer (et non pas, cette fois, d’Emmanuel Lubezki) est absolument magnifique, la musique de James Newton Howard (dans les mêmes tons que celle composée pour The Village de M. Night Shyamalan) est divine, la voix-off est moins pompeuse que dans ses précédents films et les deux acteurs principaux ont une alchimie incroyable. La perfection était telle que les larmes guettaient déjà leur apparition en à peine un quart d’heure.

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Cependant Malick fait rapidement évoluer son récit vers quelque chose de beaucoup moins paisible, un terrain sur lequel il a moins l’habitude d’aller, et place son personnage masculin dans une situation de doute terrible entre accepter l’allégeance à Hitler ou mourir. Ce questionnement entre honneur quasi-spirituel et préservation de la vie a beau être passionnant (il avait notamment été traité, avec une toute autre manière, dans le Tu ne tueras point de Mel Gibson, voire le Silence de Martin Scorsese), Malick le place dans une suite de scènes au sein d’un camp de prisonniers qui paraissent très répétitives sur la longueur. Plus gênant encore, sa mise en scène poétique hors du temps ne sied pas du tout au sujet de la dictature nazie, sublimant ainsi des actions qui ont tout du sinistre. La caméra ira même jusqu’à adopter un point de vue subjectif lors d’un plan à l’issue fatidique : une idée surprenante mais déplacée, d’autant plus qu’elle ne va pas jusqu’au bout. De fait, à peine entrecoupée de moments suivant sa femme et ses enfants au travers d’une correspondance épistolaire, le reste du long métrage se déconnecte petit à petit de toute relation émotionnelle entreprise avec le spectateur jusqu’alors. En cherchant à mettre en valeur l’incroyable force mentale de Frantz, le réalisateur de Song to Song échoue à sublimer l’amour entre deux êtres et finit par provoquer l’ennui.

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Une vie cachée ne manque pour autant pas d’éclats y compris dans cette partie du film, et propose parfois de purs moments de grâce comme Terrence Malick a toujours su les produire à l’écran. Excepté les moments de complicité entre les deux amants tous magnifiques, on retiendra ce regard intense et emphatique de Bruno Ganz jouant un général nazi (Malick prenant un pari presque insensé mais réussi) en entendant le raisonnement de Frantz sur la notion de Bien et de Mal. Avec amusement, on pourrait d’ailleurs en faire l’exact opposé des échanges entre Matt Dillon et ce même Bruno Ganz dans The house that Jack built. Ou encore ce moment à l’intérieur d’une prison vide accompagné d’une musique d’opéra à la connotation divine, rare instant du film que l’on pourrait qualifier d’errance pourtant chère à Malick. Au final, dans Une vie cachée comme tout film de Malick, l’ensemble prime sur les instants, et l’ensemble apparaît trop comme un long poème abstrait pour que le spectateur en sorte vraiment ébloui. Pourtant, Terrence Malick ne passe pas loin du coup d’éclat total, si seulement il avait emprunté d’autres passerelles pour raconter son histoire et ainsi conservé ce qui rendait les premières minutes si sublimes.

une vie cachée affiche provisoire cliff and co

Titre Original: A HIDDEN LIFE

Réalisé par: Terrence Malick

Casting : August Diehl, Maria Simon, Bruno Ganz …

Genre: Drame, Biopic

Sortie le: Prochainement

Distribué par: Orange Studio Cinéma / UGC Distribution

BIEN

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