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Journal de bord Cannes 2019 : Jour 3

Journal de bord Cannes 2019 : Jour 3

Ce matin, je m’accorde un peu de repos histoire de récupérer, puis je file à la conférence de presse des Misérables de Ladj Ly à 10h30. A ma grande surprise, il y a peu de monde et je parviens à rentrer pour la première fois dans la salle de conférence ! Celle-ci fut très intéressante, présentant le contexte de la naissance du film (c’est Ladj Ly lui-même qui avait filmé la bavure policière en 2008) et ce qu’il représente aujourd’hui par rapport à la situation des banlieues, pour lesquelles presque rien n’a changé depuis les émeutes de 2005. Certaines questions ont porté sur les parallèles possibles avec des symboles du christianisme (Issa signifiant effectivement « Jésus » en arabe, mais le prénom est finalement le même que celui de l’acteur) ou bien sûr le roman de Victor Hugo (ce qui m’arrangeait bien, étant donné ma tentative d’analyse à ce sujet dans ma critique). Mais Ladj Ly et les scénaristes ont répondu ne pas s’être calqué sur le roman, tout en reconnaissant néanmoins que certains rapprochements pouvaient exister de manière inconsciente. En revanche, ils ont admis que le personnage du jeune Buzz était en quelques sortes le Gavroche du film.

Une fois la conférence terminée, je choisis d’enchaîner avec celle de Bacurau, notamment pour tenter de mieux comprendre ce qui m’aurait peut-être échappé pendant le visionnage du film. De toute évidence, le film a une portée politique très forte par rapport à la situation actuelle du Brésil, en revanche pour quelqu’un d’assez étranger aux problèmes du pays il est difficile de saisir de rapprochement entre la réalité et ce qui est montré dans le film. En tout cas, c’était un projet prévu depuis 2009 qui a mis du temps à germer, la réalité forçant Kleber Mendonça Filho à transformer son scénario vers quelque chose d’encore plus « over the top » que prévu à l’origine.

La journée est malheureusement un peu creuse aujourd’hui, donc je profite du beau temps avant la projection à 16h d’Atlantique de Mati Diop. Je dois dire que le film n’est vraiment pas mon genre de prédilection, avec une atmosphère très sociale et réaliste, des comédiens qui font le minimum et une mise en scène rarement poétique. L’irruption du fantastique à la moitié du métrage relance un peu l’intérêt, mais à terme le film manque clairement de force.

Et pour finir ma journée, je pars voir Sorry We Missed You de Ken Loach, qui revient à Cannes 3 ans après sa Palme d’or. Il faut savoir que je ne suis pas particulièrement friand de sa mise en scène et de ses sujets sociaux, d’ailleurs je n’ai même pas vu son Daniel Blake. Alors quelle ne fut pas ma surprise face à une bonne moitié de film que j’ai tout simplement adoré, remplie d’humanité et doté d’un sujet simple mais intelligemment traité. Malheureusement, le film finit par verser dans trop de misérabilisme à mon goût, et même si la critique du mode de travail qui en fait le sujet en avait besoin, Sorry We Missed You perd de sa justesse. Je développerai tout cela dans ma critique à venir.

3 jours à Cannes et je commence déjà à perdre la notion du temps, mais ça devrait bien se passer, puisque tout le monde me dit la même chose.

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