Critiques Cinéma

ALEX, LE DESTIN D’UN ROI (Critique)

3 STARS BIEN

SYNOPSIS: Alex est un écolier ordinaire de 12 ans dont la vie va être bouleversée par la découverte de l’épée mythique Excalibur. Il doit à présent former une équipe de chevaliers composée de ses amis, de ses ennemis et du légendaire Merlin l’Enchanteur, afin de contrer la maléfique Morgane, venue du Moyen-Age pour détruire le monde. Alex devra alors se transformer en un héros qu’il n’a jamais rêvé de devenir. »

 Attack the Block (2011), le premier long métrage du britannique Joe Cornish avait marqué les esprits avec cette transposition  dans les banlieues du sud de Londres du cinéma anxiogène de John Carpenter et avait révélé le talent de John Boyega. Pourtant il a fallu 8 ans après ce début en fanfare pour retrouver Cornish derrière la caméra. Après un flirt avec le blockbuster – il a participé au scénario d’ Ant-Man (2015) et était sur le point de réaliser Star Trek: beyond (2016)-, Cornish revient finalement au pays avec une production plus modeste qui rend à nouveau hommage au cinéma des années 80 et lorgne vers les productions Amblin dans le style des Goonies. Si Attack the Block et ses Aliens parlaient à un public adolescent  en partant du même postulat – l’irruption du fantastique dans les décors les plus banals du Londres contemporain – Cornish s’adresse ici au très jeune public lui proposant un genre de film qui a disparu, un  récit d’aventures simple, reposant sur des valeurs morales loin du clinquant des grandes franchises. Cette fois pas de terreur intergalactique, il confronte un groupe de collégiens à l’héritage du roi Arthur et de la Table Ronde et leur confie rien de moins que le sort de la Grande-Bretagne et du monde : « Finir la quête pour sauver la Grande-Bretagne », lit-on sur  la note que le jeune Alex (Louis Ashbourne « fils d Andy » Serkis) laisse à sa mère (Denise Gough). Alex notre héros est un enfant, élevé seul par sa mère – un classique du cinéma des productions Amblin, qui est la proie avec son meilleur ami Bedders (Dean Chaumoo) des brimades que leur infligent quotidiennement Lance (Tom Taylor) et Kay (Rhianna Dorris). C’est en tentant de leur échapper qu’il tombe par hasard sur une épée logée dans une pierre au milieu d’une épave abandonnée d’un chantier de construction. Il la retire de son socle de béton et il est bientôt visité par le sorcier Merlin, qui lui apparaît d’abord comme un adolescent bizarre (Angus Imrie), puis sous la forme d’un hibou, et enfin sous les traits d’un vieil homme (Patrick Stewart) pour expliquer qu’Alex doit vaincre Morgana (Rebecca Ferguson) demi-sœur du Roi Arthur et son armée de chevaliers morts-vivants qui à la faveur d’une éclipse va asservir le Monde des vivants. Il doit avec son meilleur ami Bedders, réunir un groupe de chevaliers y compris parmi ses adversaires pour sauver la Terre.

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La volonté de faire un film authentiquement destiné à un jeune public sans les prendre de haut ou chercher à leur vendre des jouets est évidente dans le travail de Cornish. Il  raconte sous les habits de la fantasy  un récit dramatique autour de la famille duquel une certaine tristesse et amertume ne sont pas absentes , le jeune Alex part à la recherche de son père qu’il croit être la clé des événements et Cornish délivre un message  sur l’héritage,  la transmission des mythes et légendes (y compris familiales) et la façon dont on peut  construire sa propre histoire. Transmission de valeurs également puisque les  étapes proposées par Merlin au jeune Alex  pour sauver le Monde reposent sur le retour à un code de chevalerie – honneur, travail d’équipe et honnêteté. Le fait que le film qui traite du  salut de la Grande-Bretagne sorte en pleine crise du Brexit n’est  pas le fruit du hasard : la réémergence du mal dans le film est  directement lié aux événements géopolitiques actuels, au début du film, nous apercevons devant un kiosque à journaux des gros titres anxiogènes « GUERRE!  PEUR! CRISE! », qui permet à Morgana d’étendre à nouveau  son influence  dans le monde. Le sous-texte devient encore plus explicite quand la sorcière proclame que la Grande-Bretagne est « perdue et sans leader ».

THE KID WHO WOULD BE KING

Mais si Alex, le destin d’un roi se veut  un divertissement familial à l’ancienne volontairement dépouillé reposant plus sur l’attachement aux personnages que sur une débauche d’effets spéciaux, -les quelques CGI ont peu de chances d’effrayer même les plus petits-, cette intention s’accorde mal  avec sa durée de deux heures. Les jeunes comédiens sont appliqués mais il manque au jeune Louis Ashbourne Serkis un je ne sais-quoi pour être pleinement charismatique. L’humour est à destination là encore des plus jeunes mais les grimaces de Angus Imrie (qui rappelle un Eddie Redmayne jeune) pourront agacer les plus grands même si un gag qui révèle où le jeune magicien peut trouver dans le  Londres contemporain de l’urine de castor et du sang de coléoptère pour une potion est vraiment réussi. Pour conclure Alex, le destin d’un roi est un joli film familial un peu suranné auquel il manque un peu de la  folie pour arriver au niveau des classiques des années 80 dont il s’inspire.

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Titre Original: THE KID WHO WOULD BE KING 

Réalisé par: Joe Cornish

Casting : Louis Serkis, Tom Taylor (IV), Rebecca Ferguson…

Genre: Famille, Fantastique, Aventure

Sortie le : 10 avril 2019

Distribué par: Twentieth Century Fox France

3 STARS BIENBIEN

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