Critiques

THE INFILTRATOR (Critique Saison 1 Épisode 1) Un mélange extrêmement pointu d’action, de drame et de comédie…

SYNOPSIS: Danny Desmedt est un fraudeur qui est mis sous pression par Marc Potvin, le directeur de la Police Judiciaire Fédérale, pour infiltrer le cartel de Freddy Bernaert. En échange d’informations qui aideront Potvin et son adjoint, Karen Hofman, à arrêter les trafics de Freddy, les charges retenues contre lui seront levées. Du moins, c’est ce qu’on lui dit … A contre coeur, Danny devient très proche de Freddy. Sa mission n’est pas sans danger et devient de plus en plus complexe quand il entre dans une lutte pour le pouvoir avec Lars, l’ancien bras droit de Freddy. Et pour compliquer le tout, Danny tombe sous le charme d’Hofman, qui pense, au début, que ce n’est qu’un frimeur pour ensuite commencer à avoir des sentiments pour lui ; avec toutes les conséquences imaginables. Mais l’obstacle le plus important s’avère être Freddy, lui-même. Sa paranoïa et son avarice font que chaque vente de drogue tourne à la catastrophe. Danny et Potvin sont désarmés face à cette situation : comment arrêter un trafiquant de drogue qui ne vend pas de drogues ?

La série était l’une des dix fictions sélectionnées pour la Compétition Européenne du Festival de Fiction de la Rochelle 2018, et elle est malheureusement repartie bredouille, laissant le prix à De Dag (l’autre série venue de Belgique). Créée par les scénaristes Philippe De Schepper et Bas Adriaensen et adaptée du livre Alpha 20: Un Agent Secret Belge Raconte de Kris Daels, De Infiltrant a quelque points communs avec notre OSS 117 national: une façon de mettre en scène les pions du gouvernements avec un style indéniable et un humour décapant, porté par un héros goguenard, pas toujours au sommet. Divisée en huit épisodes de quarante-cinq minutes et réalisée par Joël Vanhoebrouck, la série se gausse gentiment de l’archétype de ces héros du temps passé qui font exploser des trucs sans jamais froisser leur chemise et font preuve de talents innés dans pratiquement tous les domaines. Un voyage sympathique et pétulant dans les bas-fonds des cartels de drogues en Belgique et les ramifications desdits cartels dans le reste de l’Europe.

De Infiltrant, The Infiltrator ou l’Infiltré (il y a de quoi lancer un débat houleux de linguistiques sur la différence sémantique des suffixes), c’est Danny Desmedt (Geert Van Rampelberg), un escroc de petite envergure qui se spécialise dans les petites amies riches et les investisseurs peu scrupuleux. Son dernier client en date est un certain Freddy (Dirk Roofthooft), un type barbu à l’allure tout à fait banale, mais qui se trouve en fait être le plus gros importateur de hash du Benelux. Et lorsque Jolien (Greet Verstraete), la copine de Danny, se rend compte que ce dernier est un fraudeur avec un casier judiciaire bien rempli, elle jette notre protagoniste à la rue. Celui-ci se voit forcé d’accepter le marché offert par Marc Potvin (Peter Van den Begin), le Directeur de la Police Judiciaire Fédérale: infiltrer le cartel de Freddy et fournir des informations à la police, et en échange, les plaintes contre lui disparaîtront mystérieusement dans le grand labyrinthe de bureaucratie policière. Danny n’a pas vraiment le choix et accepte donc de jouer les taupes, reportant toutes ses découvertes à Karen Hofman (Natali Broods), l’adjointe de Potvin, et son contact avec les forces de l’ordre. Sauf que naturellement, la mission comporte moult dangers et complications, notamment avec l’arrestation de deux hommes de Freddy à la frontière espagnole, et puis également avec le fait que ce dernier sombre de plus en plus dans la paranoïa: il est tellement terrifié à l’idée qu’une vente tourne mal qu’il ne vend pratiquement pas de drogues. Et ça, quand on est trafiquant, ça pose pas mal de problèmes.

La grande force de la série, c’est son ton, un mélange extrêmement pointu d’action, de drame et de comédie de l’absurde qui surfe joyeusement sur toutes les formules que l’on connaît par cœur. Le montage de PJ Bergmans, staccato, dynamique, et usant parcimonieusement des changements de ratio, rappelle les parodies comiques des films de James Bond, tandis que la musique de Steve Willaert pimente le tout d’une touche de saugrenu (on jurerait entendre parfois le générique de Joséphine Ange Gardien) qui fonctionne à merveille. On ne perd pas de temps en bavardages, et contrairement à de nombreuses autres séries qui prennent cinq, six, sept épisodes à lancer leur intrigue, De Infiltrant démarre sur les chapeaux de roues, filant à bonne allure au travers des scènes d’exposition pour mordre à pleine dents dans le vif du sujet. La distribution est impeccable, ce qui ne gâte rien, et on prendra le temps de noter la performance de Geert Van Rampelberg, qui étincelle dans la peau de Danny. Il a la carrure, le charme, et surtout la dose d’autodérision essentielle pour faire du personnage un truand auquel on s’attache plutôt qu’un énième petit malfrat trop sûr de lui qu’on rêve d’écraser comme une mouche. Fun, nerveuse, drôle, et surprenante, De Infiltrant est le genre de séries qu’on aimerait voir plus souvent et qui gagnerait à être largement distribuée sur les écrans du monde entier. Allez, Netflix, vous trouverez bien un moyen, non?

Crédits: EYEWORKS FILM & TV DRAMA (Peter Bouckaert, Philippe De Schepper)/ VTM / Warner Bros International Television Distribution

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