Critiques Cinéma

FREDDY – CHAPITRE 2: LA REVANCHE DE FREDDY (Critique)

SYNOPSIS: La famille Walsh emménage dans une maison restée abandonnée depuis quelques temps à Elm Street. Les adolescents de la rue recommencent à faire d’effrayants cauchemars dans lequel Freddy Krueger tue des enfants, des cauchemars qui malheureusement trouvent leurs répercussions dans la réalité. Ron est l’un de ses adolescents possédés dans ses rêves par Freddy. Sa petite amie est la seule à pouvoir l’aider, et empêcher l’ignoble serial killer d’utiliser les cauchemars de Ron afin de commettre d’autres crimes…  

Question : Quand un film proposant un concept génial et novateur atterrit sur nos écrans et réalise un score non négligeable au box-office, que font les studios ? La réponse, on la connaît depuis longtemps : on fait plus d’argent en surfant sur son succès. Ça n’est pas nouveau, et le principe de saga horrifique a toujours été très répandu. On peut penser déjà aux productions Universal des années 30, qui venaient placer sur le devant de la scène les monstres cultes de la littérature d’horreur que sont la créature de Frankenstein, Dracula ou encore L’Homme Invisible. Rebelote dans les années 50 avec les productions de la Hammer. Les suites à n’en plus finir semblent même être un concept intrinsèque du genre tant il a été utilisé à travers l’histoire du cinéma. Ainsi, une suite aux Griffes de la Nuit de Wes Craven était évidente au vu du succès public du film. Mais Craven refusera de le réaliser (il critiquera toujours les suites du premier Freddy, comme par exemple dans Scream, quand le personnage de Drew Barrymore dit au tueur que seul le premier est bien. Réplique évidemment écrite par le scénariste et non par Craven en personne, mais tout de même gardée par le réalisateur, qui n’en pense pas moins). Le studio repart de zéro avec ce deuxième volet, intitulé La Revanche de Freddy (Freddy’s Revenge en version originale). De zéro car, d’une part un nouveau réalisateur est engagé, et d’autre part les personnages du premier volet disparaissent de l’intrigue (du moins physiquement).

Ce nouvel opus consacré au croquemitaine griffu Freddy Krueger est réalisé par Jack Sholder, qui sort un peu de nulle part. Le projet fut lancé juste après la sortie du premier, et il aura fallu un an pour que la suite soit écrite, tournée et diffusée. Il met en scène la famille Walsh, parfaite petite famille américaine qui s’inscrit complètement dans les clichés de pub télévisées (le père qui lit le journal, la mère qui cuisine le petit-déjeuner, et la petite fille fouillant dans sa boîte de céréales). Alors que cette jolie famille s’installe dans une maison sur Elm Street (celle des Thompsons, lieu de l’action du premier opus), Jesse, l’aîné, est victime de violents cauchemars. Le film s’ouvre sur un bus scolaire. Deux filles lancent des regards et des critiques moqueuses à l’égard du jeune homme. Puis, alors que le bus devient incontrôlable, le conducteur se révèle être Freddy. Il sort de la route, et termine au dessus d’une immense crevasse dans laquelle le bus menace de tomber. Jesse se réveille en sursaut, trempé de sueur. Bref, jusque là, on connaît la chanson. Mais il s’avérera que Freddy ne compte pas le tuer, loin de là : il souhaite utiliser l’enveloppe corporelle de Jesse. Un Freddy qui lui ordonnera de « tuer pour lui », en lui tendant le mythique gant griffu dans un de ces nombreux rêves, toujours dans une chaufferie car que serait Freddy sans la classique chaufferie…

La Revanche de Freddy est réputé pour être l’un des moins bons, si ce n’est le moins bon film de la saga Freddy. La critique récurrente est qu’il s’éloigne tellement des codes instaurés par Craven qu’il n’a plus de cohérence avec l’univers créé par ce dernier. En effet, dans cet opus, Freddy interagit souvent avec des éléments dans la réalité, sortant de sa zone consacrée : les rêves. On peut aussi clairement critiquer le manque de subtilité des éléments horrifiques. L’augmentation du budget effets spéciaux se voit de manière évidente, et ce film représente la bascule de la saga Freddy vers le gore qui sera une de ses marques de fabrique dans le futur. Ici, on passe complètement à côté de ce qui faisait peur dans Les Griffes de la Nuit pour mettre l’accent sur les effets visuels plus que sur l’histoire. Cependant, le film arrive tout de même, non sans mal, à s’inscrire dans la continuité du mythe Freddy. Même s’il est sans aucun doute l’un des opus que nous oublierons (ou que nous avons oublié…) le plus vite.

On peut tout de même saluer le réalisme et la nette progression des effets spéciaux, notamment dans cette scène où Freddy sort littéralement du corps de Jesse en découpant sa chair de l’intérieur. Une scène pour le coup glaçante et particulièrement réussie en terme de dégoût provoqué, de surprise et de retournement de situation. La Revanche de Freddy arrive tout de même à apporter quelques bonnes idées qui seront réutilisées par la suite. Mais les défauts du film sautent autant aux yeux que les réussites, si ce n’est plus… Faire intervenir Freddy au milieu d’une fête remplie de jeunes qui voient un Freddy en dehors de son espace dédié, de même que les deux oiseaux qui explosent (!) en sortant de leur cage dans un étrange remake des Oiseaux d’Hitchcock, sont les meilleurs exemples de la perte de subtilité. Si le premier volet prenait des pincettes pour viser le spectateur là où ça fait mal, cet opus utilise alors un marteau pour nous rouer de coups. Mark Patton et Kim Myers, qui incarnent les deux protagonistes principaux, ne parviennent par à tirer leur épingle du jeu, peut-être à cause du scénario plat qui laisse très peu de place au développement des personnages. Non, la distribution est clairement dominée par la présence infernale de Robert Englund, qui reprend son rôle de Freddy Krueger une deuxième fois. Il donne au film juste ce qu’il faut pour ne pas le faire sombrer dans les abysses. Certes on est loin de là, le film n’est pas foncièrement mauvais, mais il n’est clairement pas l’un des meilleurs. Avec ce second opus un peu précipité suite au succès du film de Wes Craven, Jack Sholder n’arrive pas à créer une œuvre qui se tient de bout en bout, malgré de très bons moments ici et là. Peut-être peut-t-il avoir un goût de plaisir coupable, comme un film que l’on regarde entre amis pour rire des clichés et du sous-texte gay présent absolument partout dans le long-métrage. Un film pas marquant, mais pas indigeste non plus, on peut y prendre un peu de plaisir comme il peut laisser complètement en dehors. Mais malgré tout, il y a une chose dont nous sommes sûrs : Freddy mérite mieux.

Titre Original: A NIGHTMARE ON ELM STREET PART 2: FREDDY’S REVENGE

Réalisé par: Jack Sholder

Casting :  Robert Englund,  Mark Patton, Kim Myers …

Genre: Epouvante-horreur

Sortie le : 26 février 1986

Distribué par: Metropolitan FilmExport

MOYEN

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4 réponses »

  1. « réalisé par Jack Sholder, qui sort un peu de nulle part » >>>> Il avait tourné ALONE IN THE DARK pour la New Line, 3 ans auparavant, donc il avait déjà fait ses preuves pour la firme de Robert Shaye. Ceci explique cela, comme on dit 🙂

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