Critiques

BODYGUARD (Critique Mini-Série Épisode 1) Un solide polar…

SYNOPSIS: Après avoir aidé à contrecarrer une attaque terroriste, un vétéran de guerre se voit confier une mission de protection d’un politicien qui était farouchement opposé au conflit pour lequel il s’est battu.

World Productions, la maison de production londonienne, se spécialise dans les thrillers aux allures de série procédurales : Bletchley Circle, sans doute leur série la plus célèbre, était centrée sur un groupe de cryptographes utilisant leurs connaissances pour résoudre des meurtres, Born To Kill suivait les désirs psychopathiques d’un adolescent pas comme tout le monde et Bodyguard, se penche sur la vie d’un ex-militaire souffrant de troubles de stress post-traumatiques. Autant vous prévenir tout de suite, si vous voulez des licornes et des amoureux qui gambadent dans la prairie, mieux vaut passer votre chemin. Créée par le scénariste Jed Mercurio (Line of Duty, Lady Chatterley’s Lover) et réalisée par Thomas Vincent et John Strickland, qui se sont partagés les six épisodes de la saison, la mini-série peint un portrait sombre et légèrement démoralisant de leur protagoniste, qui peine à réintégrer la vie “normale”. Mélancoliquement mise en images par le directeur de la photo John Lee, qui exploite au maximum la grisaille londonienne et le spleen de la grande ville, la série s’étire en longues minutes de contemplation et peine, du moins dans ce premier épisode, a vraiment s’imposer.

David Budd, interprété par Richard Madden (le Robb Stark de Game of Thrones) a gardé quelques séquelles de son service en Irak. Père de deux enfants, travaillant comme garde du corps pour payer les factures, et rongé par un mariage qui s’effrite à vitesse grand V, Budd est cependant doté d’un don d’observation hors du commun et d’une capacité à négocier qui lui vaudra de se faire remarquer par ses supérieurs. C’est d’ailleurs une action héroïque et diplomatique qui lui vaudra d’être affecté à la protection de Julia Montague (Keeley Hawes), Ministre de l’Intérieur, aux vues politiques diamétralement opposées à celles de Budd. En termes d’intrigue, c’est à peu près tout ce que ce premier épisode nous révèle, ce qui sera sans doute bienvenu du point de vue de certains, et qui énervera les autres. La première séquence, celle qui se doit de nous révéler à quel genre de protagoniste on a affaire, dure près d’un tiers de l’épisode, un choix sans doute justifié par la gravité de la situation, mais qui alourdit énormément l’exposition et retarde l’arrivée de certains éléments clés qui se retrouvent relégués à la deuxième moitié de l’épisode. C’est un risque à courir avec les démarrages lents, surtout pour des épisodes qui durent une heure, que de suggérer inconsciemment que le spectateur n’a pas les capacités mentales de suivre la trame, d’où le besoin de ralentir et d’expliquer longuement qui est qui et de quoi on parle. D’un autre côté, tout va tellement vite dans ce monde, que le tempo legato du pilote peut également faire figure de bouffée d’air frais. Le public anglais semble se ranger dans la deuxième catégorie, puisque Bodyguard est devenu la série la plus regardée de la BBC depuis 2008, battant même le record de Peaky Blinders.

Du côté des composantes qui marchent très bien, il y Richard Madden, excellent comme toujours, dans le rôle de cet ancien soldat reconverti qui n’arrive pas vraiment à faire le deuil de tout ce qu’il a perdu. L’acteur a une présence indéniable à l’écran et prouve avec ce rôle qu’il a la carrure pour porter une série. L’atmosphère est extrêmement réussie, sombre à souhait, pluvieuse et menaçante, grâce au travail remarquable du concepteur de production James Lapsley et des deux compositeurs chargés de la bande-son : Ruth Barrett et Ruskin Williamson. Et puis surtout, il y a la fantastique Anjili Mohindra qui crève l’écran dans le rôle de Nadia et dont la performance mérite tous les éloges. Si le script n’est pas forcément le plus complexe et le plus alambiqué du point de vue de l’intrigue, la création et l’évolution des personnages sont elles, absolument fantastiques. C’est très lent à se mettre en place tout ça, mais la série est peuplée de gens avec lesquels il est facile de s’identifier et qu’on a envie de voir réussir. On n’irait pas jusqu’à qualifier la série de chef d’œuvre, mais il s’agit certainement d’un solide polar.

Crédits: Netflix

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