Critiques

DAREDEVIL (Critique Saison 3 Episodes 3×01 – 3×04) Du mal à retrouver l’énergie des deux premières saisons…

Le partenariat Marvel-Netflix serait-il en train de fatiguer ? Après la rumeur persistante que The Defenders n’aura pas de seconde saison, puis l’annonce que la plateforme de streaming avait décidé d’annuler Iron Fist, malgré les efforts considérables de l’équipe pour se remettre du désastre de la première saison et enfin l’annonce au lendemain de la mise en ligne  des nouveaux épisodes de Daredevil de l’annulation de Luke Cage, il semblerait que les superhéros aient plus de mal à s’imposer comme de la télévision dite “de prestige” ces deux dernières années. Après une première saison phénoménale sous la houlette du scénariste Drew Goddard, et une deuxième saison à la sensibilité plus théâtrale et toute aussi efficace aux mains de Marco Ramirez et Doug Petrie, c’est un nouveau showrunner qui prend les commandes de Daredevil. Erik Oleson (The Man in The High Castle, Arrow) se charge de ce nouveau chapitre de la vie du héros aveugle et si le ton reste fidèle à lui-même, la structure même de la série change de façon assez radicale. Cette saison reprend le fil de l’histoire là où The Defenders l’avait laissée, et pour ceux qui n’auraient pas vu la série, on vous conseille de regarder l’épisode final, qui vous en dira un peu plus sur l’état physique et mental du démon de Hell’s Kitchen. Sans vouloir vous gâcher le plaisir de la découverte, sachez qu’en ce début de saison, la vie n’est pas très rose pour lui.

Charlie Cox est, naturellement, de retour dans la peau du justicier masqué vêtu de rouge, et c’est toujours un plaisir de le revoir sur nos écrans. Cox a toujours été un acteur exceptionnel, mais il semble avoir une synergie particulière avec Matt Murdoch, plus connu sous le nom de Daredevil. On le sent très investi dans le personnage, mentalement et physiquement (il n’a d’ailleurs pas lésiné sur les heures d’entraînement au gymnase pour préparer le rôle), et le superbe script de Goddard et de son équipe de scénaristes avaient permis au personnage de s’éloigner du côté un peu kitsch des comics, où les super-héros en costumes bigarrés assènent souvent des répliques cinglantes entre deux coups de poing. Daredevil est héros de son époque constamment rongé par des problèmes d’éthique. Si jusqu’à présent, les démons internes de Daredevil s’opposaient à des démonstrations de violence physiques superbement chorégraphiées (Chris Brewster et son équipe de chorégraphes et de cascadeurs font un travail extraordinaire, sans doute le meilleur de la télévision actuelle), cette troisième saison tombe un peu trop vite dans le pathétique et l’auto-flagellation. Il se sent mal, d’accord, mais cette année, il passe le cap du tourment intime pour tomber tout droit dans la catégorie du “noble idiot”, celui qui s’isole pour “protéger” ceux qui lui sont chers, c’est-à-dire Karen Page (Deborah Ann Woll) et Foggy Nelson (Elden Henson) sans donner à ces derniers une chance de s’exprimer. Woll est, comme toujours, absolument parfaite dans le rôle de la journaliste tenace et passionnée, insufflant une énergie considérable à des dialogues plus que médiocres. C’est à se demander quand Marvel daignera lui donner sa propre série ; après tout, si Frank Castle a eu droit à ses propres aventures, pourquoi pas Karen Page ? Quant à Foggy, il est plus ou moins dans le même bateau que Karen : il est joué par un excellent acteur qui a malheureusement trop peu à faire.

Daredevil, la série, se distingue des autres par la qualité de ses scènes de combat et par son casting, sans doute le meilleur parmi les quatre co-productions de Netflix. Mais le fait est qu’on ne peut pas faire tenir une série sur la longueur à coup de bons acteurs et de bastons réjouissantes même si les deux premières saisons jouissaient d’une qualité d’écriture remarquable. A force d’être ressassé, le conflit perd en véhémence et on en vient à se demander quand Matt Murdoch prendra une décision à laquelle il se tiendra. Le pauvre est tiraillé entre les deux facettes de son identité, mais après deux saisons à le voir balancer entre l’avocat aveugle et l’incorruptible justicier, on aimerait bien que le conflit se résolve, ou du moins prenne le chemin de la résolution, ou alors, qu’il vrille dans la direction opposée et s’intensifie de façon notable. Reste une intrigue moyennement intéressante où l’on ressort un vieil antagoniste pour s’opposer à notre héros, et où l’on a du mal à retrouver l’énergie des deux premières saisons. C’est toujours aussi bien fait, bien sûr, bien tourné, bien joué, bien mis en image et chorégraphié, mais l’écriture est de qualité moindre cette année, et même l’arrivée de nouveaux personnages ne parvient pas à combler le manque. On sait que Drew Goddard a beaucoup à faire en ce moment avec tous les blockbusters qu’il est en train de produire, mais est-ce qu’on ne pourrait pas le rappeler pour la saison quatre ?

Crédits: Netflix

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1 réponse »

  1. (evilashymetrie) Je n’ai même pas encore maté la saison 2 de IRON FIST. Comme ce personnage est celui qui m’a le plus déçu parmi les Défenseurs… Daredevil a toujours été mon préféré depuis mes lectures de Strange, donc j’ai tout de même hâte de démarrer cette nouvelle saison. Je crains juste de voir cette saison tourner autour de l’arc narratif célèbre effectué dans le comics par Franck Miller, savoir la déchéance dans l’alcool et la drogue de certains personnages… C’est une storyline que j’avais trouvé très glauque, quand je lisais le comics, gamin…

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