Critiques Cinéma

PREDATOR 2 (Critique)

3,5 STARS TRES BIEN

predator2-cliff-and-coSYNOPSIS: Los Angeles 1997. Le détective Mike Harrigan et son équipe luttent contre toutes sortes de trafiquants. Bientôt, un tueur invisible et invulnérable décime leurs rangs. Mike mène son enquête et découvre que Los Angeles est devenue le terrain de chasse d’un prédateur venu d’un autre monde…

Dés 1988 la Fox licencie les droits d’exploitation en bande-dessinée d’Aliens à l’éditeur indépendant Dark Horse qui devant le succès, demande les droits de Predator à la major et publie en 1989 une mini-série signée Mark Verheiden (Timecop) et Chris Warner qui rencontre également un grand succès. Elle met en scène un inspecteur de police (parent du personnage de Schwarzenegger dans le film original) confronté au Predator en pleine vague de chaleur à New-York alors qu’il enquête sur un trafic de drogue et découvre un complot gouvernemental pour exploiter la technologie des Predators. C’est le succès  du comics qui  permet à l’über-producteur Joel Silver  de convaincre les pontes de la Fox de l’intérêt de la mise en chantier d’une suite. Le script du film est signé des auteurs de l’original Jim et John Thomas qui, loin d’en renier l’influence embrassent les concepts du comics comme  le choix d’une grande métropole (Los Angeles au lieu du New York pour des raisons budgétaires – la scène où le Predator soulève le crâne d’une de ses victimes pendant un orage, devait avoir lieu au sommet du Chrysler Building au lieu de l’immeuble Los Angeles – comme nouveau terrain de chasse du Predator et vont  jusqu’à adapter littéralement une scène du comic-book (le carnage dans le métro). Si l’original était un film-concept « Schwarzenegger contre Alien »  la plupart de ses attributs iconiques sont des ajouts tardifs lors du tournage, tel le design de la créature, de ses  armes, qui sont le fruit du travail des équipes de Stan Winston (les mandibules sont une suggestion de James Cameron) c’est donc bien Predator 2 qui établi le canon de cet univers  :  le Predator n’est pas une créature isolée mais appartient à une civilisation extraterrestre dont la culture est basée sur la chasse – la créature du second volet est un novice dont on comprend qu’il passe ici une forme de rite d’initiation – leur appétence pour les régions chaudes (et de conflits), la connaissance par le gouvernement de leur existence et  le fait que leur première venue sur Terre précède le premier film. Mais le film marque surtout l’ »officialisation » des rêves de tant de fans depuis la sortie du premier film et confirme que leurs parties de chasse à travers la galaxie les ont conduits à rencontrer l’autre race extraterrestre la plus célèbre du cinéma US (par chance une franchise Fox) : quand le Predator enchâsse le crâne d’une de ses victimes dans sa salle des trophées au côté du crâne d’un xénomorphe, les salles à l’époque (nous y étions) explosèrent de joie.

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Dans la continuité du premier film qui marquait  le mélange (aujourd’hui on dirait le mashup) du film de monstres et du film de guerre/commando, Predator 2 substitue à ce dernier dans le mélange le thriller policier musclé qui dans  ce début des années 90 est obsédé par le trafic de drogue (la War on Drugs initiée par Reagan bat son plein)  et la violence des gangs qui va devenir un sujet majeur de la décennie. Devant le refus d’Arnold Schwarzeneggerdevenu méga-star- de reprendre du service, plutôt que d’engager Steven Seagal que la Warner voulait lancer, Silver va chercher dans son carnet d’adresses pour lui succéder et propose la tête d’affiche à Danny Glover. Ce dernier incarne le lieutenant-détective Mike Harrigan qui, alors qu’il est sur la piste du baron jamaïcain de la drogue King Willie (Calvin Lockheart)  dont le gang ravage les rues  du Los Angeles « futuriste » de 1997(!) se heurte à un mystérieux agent fédéral, Peter Keyes (interprété de manière fiévreuse par un autre vétéran de LArme fatale Gary Busey). On retrouve au quatre coins de la ville des trafiquants éviscérés et suspendus à des plafonds comme du gibier et lorsque à leurs tours des officiers de police subissent le même sort, Harrigan en fait une affaire personnelle qui va le conduire à affronter le Predator (toujours incarné par Kevin Peter Hall) et Keyes qui traque la créature depuis des années et souhaite la capturer vivante.  Le choix de mettre face au Predator un policier vétéran, clairement trop vieux pour ces conneries au lieu du mâle-alpha incarné par Arnold donne son identité propre au film qui  joue volontairement la surenchère et que la personnalité terre à terre de Glover ancre dans un semblant de réalité émotionnelle. Pour émuler le commando du premier volet, il est entouré d’une équipe constituée d’acteurs à « gueule » comme  Ruben Blades, Robert Davi, Maria Conchita Alonso et Bill Paxton qui tient à nouveau un rôle de grande gueule qui évoque le Hudson d’Aliens pour renforcer de façon subliminale les liens entre les deux franchises (ce qui lui vaudra l’honneur d’être le premier acteur tué par un Terminator, un Alien et un Predator) .

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Après avoir fait appel à Renny Harlin qui avait réalisé le quatrième Freddy (Le Cauchemar de Freddy en VO A Nightmare On Elm Street 4: The Dream Master) pour succéder à John McTiernan sur Die Hard 2  c’est tout naturellement vers le réalisateur de Freddy 5 : L’Enfant du cauchemar (en VO A Nightmare On Elm Street – Part 5 : The Dream Child) que Joël Silver confie la tâche de succéder à McTiernan sur la suite de Predator. Ancien premier assistant de Russell Mulcahy sur Highlander venu comme lui du clip (et d’Australie)  Stephen Hopkins partage avec son mentor un style cinétique et un découpage graphique qui donne à leurs films un aspect « comic-book » novateur à l’époque. Hopkins qui débuta comme dessinateur pour Marvel UK assume donc complètement l’influence des bandes-dessinées à la base du projet  (il avait d’ailleurs conçu une séquence de cauchemar autour d’une bande-dessinée qui s’anime pour son opus de Freddy) .

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Predator 2 est un film excessif  qui pousse volontairement les curseurs de la violence et du gore auquel la mise en scène d’Hopkins, si elle est moins élégante que celle de McTiernan, donne une énergie folle. Sa caméra ultra-mobile virevolte au milieu des explosions et des gunfights tournés au beau milieu des quartiers les plus mal famés de la ville (l’équipe de tournage trouvera un cadavre caché parmi les ordures) dans des conditions de sécurité relatives. Il compose avec son directeur de la photographie Pete Levy des atmosphères expressionnistes comme ces séquences tournées en lumière ultra-violette dans un entrepôt refroidi où Keyes et ses hommes pensent avoir piégé la créature. Hopkins amène parfois le film aux lisières du fantastique dans la confrontation entre King Willie  adepte du vaudou et la créature dans une allée. Pour conférer une atmosphere distincte au film il s’adjoint les services du prestigieux Lawrence G. Paull (Blade Runner, Retour vers le Futur) comme chef décorateur, ce dernier imagine les nouvelles armes du Predator  (la lance rétractable, le Smart Disc, le filet coupant) afin de le différencier du précédent. Il conçoit également l’intérieur de son vaisseau à l’inspiration aztèque qui joue un rôle primordial dans une scène de fin mémorable qui cimente à nos yeux ce  Predator 2, – certes pas aussi bon que l’original, violent et stylé, typique des excès de son époque-, dans le rang des suites cruellement sous-estimées.

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Titre Original: PREDATOR 2

Réalisé par: Stephen hopkins

Casting : Danny Glover, Kevin Peter Hall, Gary Busey…

Genre: Science fiction, Action

Date de sortie: 30 avril 1991

Distribué par:  Twentieth Century Fox France

3,5 STARS TRES BIENTRÈS BIEN

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