Fiction Unitaire

JACQUELINE SAUVAGE : C’ETAIT LUI OU MOI (Critique Fiction Unitaire) Un téléfilm saisissant…

SYNOPSIS: Le lundi 10 septembre 2012, Jacqueline Sauvage tue son mari de trois balles dans le dos. Ainsi commence l’affaire judiciaire la plus médiatisée de ces dernières années. A travers son parcours en prison et les deux procès qui ont défrayé la chronique, cette histoire relate le calvaire qu’a enduré cette femme – et ses enfants -, les polémiques autour de sa personnalité, et les rebondissements de son affaire.

Depuis qu’il a quitté le costume du Commissaire Moulin, Yves Rénier s’attelle notamment à la réalisation de téléfilms évènements qui retracent soit des biographies de grandes personnalités de la vie civile (la superflic Martine Monteil dans Flic tout simplement ou Véronique Vasseur dans Médecin-Chef à la Santé) soit des grands faits divers qui ont bouleversé le pays de par leurs proportions uniques (Je voulais juste rentrer chez moi sur l’Affaire Patrick Dills ou aujourd’hui l’histoire bouleversante de Jacqueline Sauvage). Chacun de ces téléfilms a marqué de par son récit ou son interprétation, mais c’est la première fois et de dans de telles proportions que le réalisateur parvient à atteindre ce degré d’émotion et de puissance viscérale qui se dégage non seulement de l’histoire qu’il raconte, que des images qu’il compose, pour donner sens à cette histoire sans commune mesure. Il est juste, avant d’écrire tous les louanges que nous inspirent les comédiens de Jacqueline Sauvage: C’était lui ou moi, de dire que Yves Rénier n’a pas cherché l’esbroufe ou les effets grandiloquents, mais qu’il s’est effacé derrière son sujet pour lui permettre d’éclore à l’image avec force et vérité.

L’affaire Jacqueline Sauvage a défrayé la chronique lorsque cette femme a abattu son mari alors que ce dernier la battait depuis plus de 47 ans. Une histoire tellement forte, suivie de conséquences  judiciaires tellement disproportionnées selon un certain nombre, qu’elle a bouleversée en profondeur l’opinion publique scindant en deux camps ceux qui se postaient derrière la victime Jacqueline Sauvage et ceux qui pensaient que la victime de cette affaire était surtout Norbert Marot. Au-delà des débats sociétaux, moraux et de savoir si la culpabilité peut être partagée dans un tel drame, il ne s’agit pas ici de faire le procès de la justice mais de regarder droit dans les yeux et avec le recul nécessaire et objectif comment cette histoire a pu avoir de telles conséquences. Sujet on ne peut plus délicat, tellement fort et pouvant heurter la sensibilité de tout un chacun, la thématique des femmes battues est traitée ici avec suffisamment de pointillisme pour arriver à l’os du sujet et faire en sorte que toute la force du propos ressorte en creux et interpelle le téléspectateur. Le sujet est également de montrer qu’une victime qui ne sait pas expliquer ce qu’elle a vécu et donc ne parvient pas à convaincre, peut être perçue uniquement comme une coupable quand bien même son geste peut sembler avoir été mû par un instinct de légitime défense.

Écrit par Marie Deshaires, Catherine Touzet, Jean Falculete et Négar Djavadi adapté du livre de Jacqueline Sauvage Je voulais juste que ça s’arrête paru aux éditions Fayard, Jacqueline Sauvage: C’était lui ou moi est évidemment aussi important  par l’histoire qu’il raconte que par l’interprétation des comédiens et d’une distribution exceptionnelle qui s’est adaptée à l’enjeu du programme. Il faudrait les citer tous au-delà du duo central tant leur apport au film lui donne force et vérité, d’Alix Poisson et Armelle Deutsch dans les rôles primordiaux des avocates de Jacqueline Sauvage, des enfants de cette dernière incarnés notamment avec sincérité et émotion par Samantha  Rénier, Erika Sainte et Clément Manuel dans des partitions difficiles dont ils se sortent avec brio. Mais évidemment Muriel Robin et Olivier Marchal sont les catalyseurs de ce téléfilm difficile et terriblement nécessaire. Si L’Emprise avec Odile Vuillemin et Fred Testot nous avait interpellé sur un sujet proche et qu’ils s’étaient révélés brillants malgré certaines réserves que nous avions  pu émettre à l’époque, Muriel Robin est tout simplement époustouflante, n’hésitant pas pour les besoins du rôle à se vieillir. De la stupeur à la douleur, de la tendresse à la terreur, de la souffrance à la perplexité, elle joue sur toute une gamme de sentiments et est proprement exceptionnelle de bout en bout. C’est une tragédienne de haut vol et il est incompréhensible qu’elle soit utilisée avec tant de parcimonie dans ce type de registre au cinéma ou à  la télévision. Olivier Marchal, dont on connait tout le potentiel dramatique passe ici encore un cap en jouant à la fois la pire ordure qui soit, hurlant, vociférant, éructant, frappant avant de tomber au sol en larmes, broyer de douleurs. Cela n’excuse évidemment pas le personnage mais ça lui confère une densité et une complexité qu’un autre comédien aurait sans doute eu du mal à donner. Avec ce duo étincelant, Jacqueline Sauvage: C’était lui ou moi est un film saisissant qui vous prend à  la gorge et vous laisse en apnée 1h30 durant.

Crédits: TF1

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