Critiques

DESENCHANTEE (Critique Saison 1 Episodes 1×01 – 1×05) Un but ambitieux mais qui ne tient pas toutes ses promesses..

SYNOPSIS: Dans Désenchantée, les spectateurs seront transportés dans le royaume médiéval en ruines de Dreamland, où ils suivront les mésaventures de Bean, une jeune princesse picoleuse, de son compagnon, un elfe chicaneur nommé Elfo et de son propre démon, Luci. En chemin, le fantasque trio rencontrera des ogres, des lutins, des harpies, des diablotins, des trolls, des morses et beaucoup d’humains idiots.

Après l’excellent BoJack Horseman, série animée ultra autoréférentielle sur les déboires d’un acteur has been, suivi par Troll Hunters en 2016, puis Big Mouth en 2017 (énorme succès critique aux États-Unis), voici que Désenchantée arrive sur Netflix. La nouvelle série de Matt Groening, créateur des Simpsons et produite par Groening, Patric M. Verrone (Futurama), Reid Harrison (Danger Mouse) et Josh Weinstein (Gravity Falls), collaborateurs de longue date, raconte les aventures d’une princesse pas comme les autres, héritière du royaume de Dreamland, qui va se retrouver, comme les chevaliers de la table ronde, dans une quête itinérante au cours de laquelle elle rencontrera toutes sortes de créatures. Le casting est de premier ordre : Abby Jacobson de Broad City prête sa voix à la princesse Bean, Eric André offre la sienne au démon Luci et Nat Faxon, à l’elfe Elfo. Le reste de la distribution comprend Jeny Batten, Matt Berry, Tress McNeille et Maurice LaMarche, entre autres, pour un résultat très efficace, portant la marque très distincte de Groenig. Netflix est derrière le projet à cent pour cent, puisque la compagnie commande deux saisons d’un coup, preuve que ceux qui prennent les décisions du haut de la tour d’acier de la plate-forme de streaming, ont toute confiance en la série (même si rares sont les séries  Netflix à ne pas connaitre deux saisons NDLR)

Désenchantée démarre de façon assez balourde. On est au pays des contes de fées, peuplé de princesses, de rois, d’elfes, de magie et châteaux en tous genre, mais naturellement, les codes des vieilles histoires folkloriques ne s’appliquent pas ici. La princesse Bean (“haricot” en anglais, un clin d’œil au célèbre conte) ne passe pas son temps à attendre le prince charmant en travaillant son point de tapisserie, mais se saoule régulièrement, perds son argent de poche au tripot et se comporte généralement de façon peu royale. Aux pays des elfes, Elfo en a assez de travailler à la fabrique de bonbons et se demande ce que ça peut bien faire de ne pas être heureux tout le temps. Quant au démon Luci, il est envoyé par un couple de sinistres magiciens pour pousser la princesse du côté obscur. Sous l’influence de ce dernier, Bean se rebelle contre son père qui veut la marier au fils d’un royaume voisin, et s’échappe avec Elfo et Luci. Voilà notre princesse toute seules sur les routes du pays, poursuivie par son fiancé qui n’a pas l’intention de laisser une alliance politique s’effondrer sous prétexte que sa future femme a des velléités de choisir son destin. Désenchantée reprend tous les fils narratifs qui avaient fait de Shrek un succès international, depuis la princesse pas sage, jusqu’au détournement des archétypes du folklore européen, et tente de créer une série plus “adulte” que les aventures de l’ogre vert. Selon le créateur, l’objectif principal est de montrer que l’on peut “continuer à rire dans un monde plein de douleur et d’idiots, et ce en dépit de que ce vous disent les aînés, les magiciens et les crétins” (Matt Groening, dans une interview pour Deadline, le 25 juillet 2017). Un but ambitieux, et certainement des plus nobles, mais qui ne tient hélas pas toutes ses promesses.

D’un point de vue visuel, la marque “Groening” est là : le même trait, le même genre d’animation, la même utilisation brillante de palettes de couleurs, la même direction créative qu’on a appris à connaître avec Les Simpsons et Futurama. Mais si le légendaire créateur était tout à fait à l’aise dans la satire de l’Amérique moyenne, on le sent moins corrosif avec la monarchie. Pour ceux qui s’attendaient à un commentaire pointu sur le privilège royal, le traitement des femmes au Moyen-Âge et les relations entre races, on vous conseille de revoir vos attentes à la baisse. Bien sûr, l’héroïne a du caractère. Bien sûr, les répliques fourmillent de clins d’œils et de référence au monde d’aujourd’hui, et bien sûr, la subversion du genre est extrêmement présente, mais là où Les Simpsons se feraient un plaisir de tailler un costume, Désenchantée se contente d’effleurer du doigt sans grande conviction. La faute au fait que les Américains n’ont pas le même vécu que nous, n’ayant jamais eu de rois, de population divisée en trois états, de loi de vassalité, de guerre de succession, de droit de cuissage ? Peut-être. Ou peut-être que les scénaristes étaient moins inspirés que d’habitude cette fois-ci. Une série sympathique au final, mais qui manque de mordant et qui nous fera regretter la grande période des Simpsons. A consommer avec modération.

Crédits: Netflix

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