Critiques Cinéma

58 MINUTES POUR VIVRE – DIE HARD 2 (Critique)

3,5 STARS TRES BIEN

SYNOPSIS: L’inspecteur de police McClane attend que l’avion de son épouse atterrisse dans un aéroport international proche de Washington. D’étranges allers et venues attirent son attention. Il suit des hommes qui communiquent discrètement entre eux jusqu’au sous-sol de l’aéroport. Là, des inconnus tirent sur lui et des mercenaires prennent le contrôle de l’aeroport, coupant toute communication avec l’extérieur. Les passagers des avions prêts a l’atterrissage, dont la femme de McClane, n’ont plus que cinquante-huit minutes pour vivre !

On avait laissé John McClane sur les ruines fumantes du Nakatomi Plaza après un tonitruant Piège de Cristal qui avait révolutionné le genre du cinéma d’action et avait du même coup mis au rencard tous les papys de l’action old school. On le retrouve deux ans plus tard, on est toujours la veille de Noël et McClane va encore se retrouver au mauvais endroit au mauvais moment. John McTiernan a laissé les manettes au yes man Renny Harlin, habile faiseur, Bruce Willis rendosse le marcel sanguinolent de l’antihéros le plus attachant qui soit, et tout semble aller comme sur des roulettes. Sauf que Die Hard 2 c’est très bien, mais c’est un peu comme le canada dry avec l’alcool, ça ressemble à Die Hard, ça a la couleur de Die Hard…mais ce n’est pas Die Hard. Pourtant que peux t-on au juste reprocher à ce film de fort belle facture par ailleurs? C’est un film d’action réussi avec des scènes spectaculaires, des fusillades, des bastons à mains nues, un McClane déconneur et vanneur comme pas un, un flic solide mais qui souffre quand les coups pleuvent sur son corps, un type meurtri dans sa chair mais qui est capable d’aller au bout de lui-même et de se dépasser pour sauver la vie de milliers de personnes. Bref, un type lambda devenu une icône du cinéma d’action hollywoodien. Seulement l’effet de surprise est passé et 58 Minutes pour vivre a du mal à se défaire de l’ombre écrasante de Piège de Cristal et malgré toutes ses qualités, Renny Harlin n’est pas John McTiernan.

Doug Richardson qui a écrit le script subit le même sort que Jeb Stuart sur Piège de Cristal et est remercié par le producteur Joel Silver qui place Steven E. De Souza à la barre pour muscler l’ensemble avec des scènes d’action encore plus folles. Et si le film souffre d’être comparé à son devancier, il n’a finalement pas à en rougir non plus. Il en reprend avec un certain bonheur la structure narrative et le cocktail d’action et d’humour fait souvent des étincelles tandis que Renny Harlin ne singe pas McTiernan et tente d’imprimer sa patte, moins caractéristique certes, mais pas non plus dénuée de personnalité. Le film subit surtout le fait de devoir être crédible avec un personnage qui se retrouve dans une situation quasi identique à celle du premier film (vraiment pas de bol le gars) et le recours par trop systématique à un humour à base de punchlines efficaces mais qui arrivent dans la bouche des protagonistes de manière moins naturelle que dans le premier opus. On sent une mécanique où des rouages un peu grippés mettent un certain temps à s’emballer quand Piège de Cristal était lui une mécanique de précision qui ne souffrait d’aucune faute de goût. Harlin use de figures de style jusqu’au-boutistes n’hésitant pas à aller dans la surenchère d’effets pas tous très heureux mais qui font avancer le film cahin-caha jusqu’à son spectaculaire dénouement.

58 Minutes pour vivre a beau être un film bancal et trop stigmatisé pour ne pas parvenir à sortir de l’ombre tutélaire de Piège de Cristal, il n’en reste pas moins extrêmement divertissant. S’il ne réussit pas à reproduire le miracle du premier épisode c’est surtout qu’il est un film hybride entre la singularité de Die Hard et le film d’action plus grand public façon James Bond (la poursuite en moto-neiges en est un exemple frappant) mais il n’en devient jamais ni putassier, ni désagréable. En dehors de Bruce Willis qui s’amusait encore lorsqu’il était acteur, on prend plaisir à retrouver des personnages du premier film (Bonnie Bedelia, Reginal Veljohnson, William Atherton) et d’en découvrir des nouveaux campés par de vraies gueules qui permettent de donner de la densité à des antagonistes bien moins complexes que Hans Gruber/Alan Rickman (Franco « Django » Nero, John Amos, William Sadler, Fred Dalton Thompson, Robert Patrick et l’extraordinaire Dennis Franz (Blow Out, NYPD Blue…)). Longtemps considéré comme l’épisode le plus faible de la franchise, 58 Minutes pour vivre a forcément été revu à la hausse après le DTV innommable qui a servi de cinquième épisode. Mais au-delà de cet état de fait, il est un film, sinon original, à tout le moins représentatif du cinéma d’action hollywoodien des années 90 qui ne cherchait pas constamment à sortir du lot mais qui offrait sa quote parts de testostérone et d’humour à un public qui appréciait la démarche. Du cinéma pop-corn dont on conserve le goût même si la saveur est plus industrielle que certains grands crus.

Critique de Piège de Cristal ici

Critique de Une Journée en Enfer ici

Critique de Belle Journée pour Mourir ici

TITRE ORIGINAL: DIE HARD 2

Réalisé par:  Renny Harlin

Casting : Bruce Willis, William Atherton, Franco Nero …

Genre: Action, Thriller

Date de sortie: 03 octobre 1990

Distribué par: Fox-Hachette

TRÈS BIEN

 

 

 

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