Evénements/Festivals

JOURNAL DE BORD CANNES 2018 Saison 5 Épisode 11 & 12

Festival de Cannes, Saison 5 épisode 11 & 12

Passé le réveil difficile – pas merci la soirée de clôture de la Semaine de la Critique – le temps est venu de voir Dogman de Mattéo Garrone, qui revient se battre en compétition officielle après être reparti bredouille en 2015 avec son pourtant très bon Conte des Contes. Une critique sera disponible prochainement sur le site pour celui-là.

Le temps file à une vitesse folle, le festival nous pousse à faire des choix cruels, éliminer un film pour en sauvegarder un autre, la grille des projos devient un véritable casse-tête chinois. Coup de bol monstrueux en début de soirée, on me tend dans les mains une invitation « orchestre » pour la projection gala d’Un Couteau dans le Cœur, le nouveau film de Yann Gonzalez qui figure en compétition officielle. Assis juste devant Cate Blanchett, Kristen Stewart et Léa Seydoux, et juste derrière l’équipe du film, avec, entre autres, Vanessa Paradis et Nicolas Maury. Ma critique complète étant déjà disponible ici, je ne m’attarde pas sur le sujet.

Petite séance d’écriture à l’appartement, suivi d’un dodo bien mérité.

Le lendemain, avant dernier jour du festival, l’heure est au rattrapage du Capharnaüm de Nadine Labaki, film de la compet’ qui a    « buzzé » la veille lors de sa présentation officielle au Grand Théâtre Lumière. Produit par Danny Glover (improbable!), le long-métrage nous plonge dans l’enfer du quotidien d’une jeune garçon libanais de 12 ans, Zain, qui se rebelle contre la vie qu’on cherche à lui imposer en entamant un procès à l’encontre de ses parents pour l’avoir mis au monde. Évidemment fort de par son sujet brûlant, encore trop souvent tabou au cinéma (la maltraitance infantile), Capharnaüm se vautre malheureusement rapidement ailleurs, faute aux partis pris artistiques (traitement du pitch, mise en scène, messages délivrés) entrepris par Nadine Labaki. À travers le regard de cet enfant marqué par un parcours du combattant au sein d’un bidonville libanais, la cinéaste propose en effet un drame extrêmement balourd, plombé par un faux suspense risible (basé sur une tragédie qu’on sait de toute façon inéluctable, c’est dit dans l’intro !), des tics de réalisation agaçants (l’inévitable gimmick de la caméra épaule permanente pour offrir un aspect documentaire à son film, ou en tout cas « en prise avec le réel ») et un discours moralement questionnable et très maladroitement amené sur la nécessité d’interdire à certains parents d’avoir des enfants. Trop long, sentencieux, trop appuyé dans le pathos, surtout dans sa dernière partie horrible, Capharnaüm reste toutefois à voir pour la prestation convaincante du comédien principal, vraiment exceptionnel de sincérité et de maturité pour son jeune âge, faisant d’ores et déjà office de sérieux prétendant au Prix d’interprétation masculine au Palmarès.

N’ayant guère de films à voir ensuite, étant en effet peu intéressé par deux les films présentés ce jour en séances de gala, je décide de m’offrir une petite récréation festivalière en allant voir Deadpool 2, le blockbuster de David Leitch sorti mercredi dernier partout en France. La déception est au rendez-vous, mais c’est pas grave, ce fut divertissant et « reposant ».

La fin du festival approche à grands pas. Consolons-nous avec ceci : demain matin, c’est le traditionnel rattrapage des films de la compétition officielle pour les retardataires ou ceux qui, comme moi, ont raté quelques perles. J’espère ainsi pouvoir enfin découvrir Une Affaire de Famille, le nouveau Hirokazu Kore-eda dont certains prédisent d’ores et déjà une place au Palmarès de demain soir.

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