Critiques

INSOUPCONNABLE (Critique Mini-Série Episodes 1×01 – 1×02) Une recréation transcendée par un acteur magnétique…

SYNOPSIS: Chloé Fisher, brillante criminologue parisienne, est dépêchée à Lyon pour enquêter sur le meurtre d’Adeline Moreau, belle-fille du puissant député local Damien Moreau. Le tueur, c’est Paul Brodsky, un père de famille aimant, insoupçonnable, et prêt à récidiver… Une adaptation réussie de la série britannique The Fall, offrant un face-à-face glaçant dans la capitale des Gaules. 

Ce sera l’un des prochains gros évènements fiction de TF1, l’adaptation de la série britannique The Fall qui mettait aux prises Gillian Anderson et Jamie Dornan, devenu Insoupçonnable chez nous, poursuivra la collection des adaptations dont la chaine s’est faite une spécialité depuis quelques temps, que ce soit avec La Main du Mal, Les Bracelets Rouges ou Les Innocents. Une gageure que ces adaptations que la chaine a souvent relevée pour le meilleur, le seul obstacle majeur étant de séduire le public qui connaitrait déjà la version originale. En effet, si ces formats parvenaient à trouver leur singularité en adoptant les spécificités françaises, ils suivaient souvent stricto sensu l’intrigue d’origine empêchant en cela la surprise d’opérer pour des sériephiles avertis. Un obstacle qui n’a pour autant pas empêché le grand public de faire un triomphe d’audience à ces séries et on gage qu’il en sera de même avec Insoupçonnable qui possède en tous les cas tous pré-requis pour y parvenir. A la différence que si le postulat de départ est le même, le parti pris est de condenser les trois saisons de The Fall en une mini-série de dix épisodes.

La chaine et la production ont mis les moyens et les petits plats dans les grands pour faire d’Insoupçonnable un évènement incontournable. D’abord en réunissant devant la caméra un casting XXL : Emmanuelle Seigner, Melvil Poupaud, Jean-Hugues Anglade, Claire Keim, Blandine Bellavoir, Patrick Chesnais, Sofia Essaïdi, La Fouine, Gerald Laroche, Stéphane Debac… A l’écriture pour adapter la série d’Allan Cubitt, une scénariste chevronnée, Virginie Brac (Engrenages, Les beaux mecs, Paris), et derrière la caméra Fred Garson (Les Hommes de l’Ombre) et Christophe Lamotte (Disparue en Hiver). On le voit l’équipe artistique qui préside aux destinées de la série est de grande qualité et les deux premiers épisodes que nous avons pu découvrir confirment un cachet visuel plus léché que les standards usuels qui lui confère d’emblée une belle exposition.

Cependant, comme pour The Fall, la série prend son temps pour démarrer et nous montrer en parallèle l’avancée de cette enquête sombre et la vie de famille tranquille couplée aux actes monstrueux de cette assassin méticuleux. Figure fascinante du mal dont on connait d’emblée l’identité, la série doit s’appuyer sur d’autres ressorts pour maintenir le spectateur en haleine. Aussi ce sont les investigations qui partent dans un sens pour mieux nous perdre, un petit jeu, qui, s’il devenait trop répétitif sur la durée, pourrait finir par lasser. Mais ces deux premiers épisodes d’Insoupçonnable recèlent suffisamment de mystère pour qui ne connait pas la série originale, que l’on se laisse facilement prendre dans la toile d’araignée tissée inexorablement par Virginie Brac.

La réussite de ces premiers épisodes repose aussi sur le fait que la chaine n’ait pas décidé d’édulcorer le caractère extrêmement glauque de cette histoire, assumant sans problème apparent sa filiation. C’est non seulement diablement efficace même si ça reste aussi un peu perturbant, le téléspectateur étant plutôt malmené tout comme il l’était dans La Mante.  Tout ce bel équilibre brinquebale toutefois quelque peu lors de scènes de moindre intensité (les séquence dans l’enceinte du commissariat et les interactions entre flics ne sont pas les mieux écrites) et certains des seconds rôles nous apparaissent pour le moment un peu tendres dans leur caractérisation et le niveau de justesse d’interprétation (La Fouine notamment). Au delà de ça, il faudra en voir plus pour se faire une réelle idée des enjeux dramatiques et de leur évolution, même si ces prémices nous sembles très favorables.

Mais qu’en est t-il du duo vedette d’Insoupçonnable que l’on attendait pas vraiment dans un tel registre? Sur ces deux premiers épisodes Emmanuelle Seigner a opté pour un jeu assez glacial ne favorisant pas l’empathie et force est de constater qu’elle en vient à en être quasi dépourvue d’émotions, sans réelles variations dans ses expressions et proposant le plus souvent un visage figé. Si c’est pour donner à son personnage une aura de mystère, c’est assez réussi, mais du coup elle perd nettement en complexité au regard du personnage incarné par Gillian Anderson dans la série d’origine. Il sera intéressant de voir si son jeu évolue au fil des 10 épisodes avant de juger de ses qualités de comédienne sur ce rôle, mais ses premières apparitions laissent planer un léger doute sur sa capacité à lâcher le frein à mains. Face à elle, Melvil Poupaud est quant à lui formidable et contrairement à sa partenaire, il fait preuve d’une subtilité et d’une palette d’émotions extrêmement large, passant du père de famille aimant et prévenant au psychopathe précis et obsessionnel en un clin d’œil. Il est absolument glaçant et l’argument numéro un pour voir en Insoupçonnable bien plus qu’un remake mais une recréation transcendée par un acteur magnétique. Vivement la suite.

Crédits: TF1

 

 

 

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