Critiques

LES INNOCENTS (Critique Mini-Série) Aux innocents les mains pleines…

SYNOPSIS: Alors qu’ils partagent un moment d’intimité isolés dans les bois, Yann et Lucas, deux adolescents, sont témoins d’une tuerie exécutée par un tueur froid et méthodique. Ils ont vu l’assassin, et l’assassin les a vus avant qu’ils ne lui échappent. Les deux garçons, qui n’assument pas leur attirance mutuelle, décident de taire leur présence sur les lieux du crime pour éviter que leur secret ne s’ébruite. Ce mensonge, ils l’opposent à leurs amis, à leur famille, et surtout à l’enquêtrice principale, le gendarme Hélène Siquelande, qui est aussi la tutrice de Yann. Mais la situation ne tarde pas à se corser puisque l’assassin est parvenu à remonter leur piste et va tout tenter pour éliminer ces témoins gênants.

Le format de la mini-série évènementielle avec un casting de haut vol a depuis quelques temps a nouveau le vent en poupe sur les chaines de télévision française (La Forêt, La Main du Mal, La Mante…). Adapté d’un format norvégien, Les Innocents ne déroge pas à cette règle et réunit une distribution exceptionnelle pour un thriller haletant qui est bien plus qu’efficace. Tendu de bout en bout, magnifiquement interprété, habilement écrit et savamment mis en scène, Les Innocents parvient en six épisodes à nous maintenir sous pression et dans l’incertitude des évènements qui vont survenir. C’est suffisamment rare pour s’en féliciter. Si le fond du récit était déjà là à l’origine, il n’est jamais simple pour des scénaristes de parvenir à apposer leurs personnalités ainsi que les spécificités judiciaires ou culturelles induites par le pays où se déroule l’intrigue, lorsque celle-ci a déjà ses grandes lignes de posées. C’est tout le défi de l’adaptation et c’est ce que Delphine Labouret et Didier Le Pêcheur sont parvenus magistralement à faire mais plus que de toiletter le récit, ils l’ont embrassé totalement et impriment constamment leur sens du rythme. Pour illustrer ce scénario, Frédéric Berthe parvient par une mise en scène sans fioritures superflues (et une magnifique photo lumineuse à souhait contrastant avec la noirceur de l’intrigue) à donner aux épisodes un tempo étincelant, conforté par un montage aux ellipses subtilement distillées, l’écriture et les images se fondant en un ensemble harmonieux et extrêmement excitant. Vous nous trouvez dithyrambiques? Nous le sommes. Les Innocents est une vraie réussite et s’inscrit dans les choix gagnants effectués par TF1 en terme de fiction ces derniers temps. Ne venez pas y chercher une révolution quelconque, ni espéré y trouver le renouveau de la série française, mais renverser les codes ou être audacieux dans la narration n’est pas toujours gage de qualité. Ici avec des outils certes classiques, Les Innocents n’en reste pas moins irrigué par des rebondissements éprouvants, des cliffhangers surprenants et des arches narratives parfaitement équilibrées.

Car en bonne mini-série chorale, Les Innocents fait place à tous ses personnages sans en privilégier un en particulier, et ce même si la communication est axée sur les deux têtes d’affiche. Chacun a sa part à jouer, faite de pleins et de déliés, aucun n’est mis plus en avant qu’un autre et tous participent à l’harmonie générale d’une fiction dont on voit l’os et qui est débarrassée du gras qui pourrait alourdir sa musicalité. Car tout est aussi affaire de rythmique dans Les Innocents autant dans la fluidité des scènes que dans la justesse des dialogues. Odile Vuillemin réussit une composition vraiment excellente, bien éloignée des personnages tourmentées dans lesquels elle a pu s’illustrer auparavant. Sa palette de jeu s’en trouve renforcée et elle est étincelante autant dans l’émotion que dans la détermination. Face à elle Tomer Sisley est impeccable en bad guy glacial, véritable machine à tuer et dépourvu de scrupules. Face à eux, on notera la double belle surprise avec le duo Barbara Cabrita-Cyril Gueï en duo de flics charismatique et séduisant tandis que le face-à-face Olivier Marchal-Francis Renaud est un régal comme toujours, même si on aurait aimé que leurs apparitions soient encore plus conséquentes. Citons aussi Alexis Loret, Stéphan Guérin-Tillié ou Charlotte Valandrey qui font partie de l’aventure et mention spéciale aux deux jeunes comédiens, Jules Houplain et Victor Meutelet qui dans des rôles vraiment pas faciles s’en tirent à merveille et déploient un véritable charisme.

Évidemment on pourrait toujours trouvé à redire mais de notre point de vue avec Les Innocents TF1 tient un de ces programmes fédérateurs non pas parce qu’il satisfait les instincts populaires les plus bas mais surtout parce qu’il tire vers le haut une fiction de qualité, qui va droit au but, qui s’assume comme un divertissement exigeant et qui au final nous permet de damer le pion aux esprits chagrins qui ne chercheront de toute façon pas plus loin que le bout de leur nez.

Crédits: TF1

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