J'ai quelque chose à vous dire...

J’ai quelque chose à vous dire… Caïn et Bruno Debrandt

On porte tous des masques. Dans la vie de tous les jours, on en change à chaque fois que cela nous arrange, en se montrant sous le jour que la situation exige. Caïn est comme nous. Durant six saisons, il aura porté le visage de Bruno Debrandt, aura épousé ses traits, sa voix, ses intonations, son ironie, son regard perçant, sa façon de désamorcer les situations les plus graves par un trait d’humour irrésistible, sa dextérité à manier l’émotion autant que l’humour. Il nous aura tour à tour séduit, fait rire, agacé, énervé, touché, emporté… On gardera pour ce Caïn première époque un amour indélébile. Il nous laisse à nos souvenirs à foison, sa personnalité unique, ses aventures prenantes, ses enquêtes haletantes, sa complicité avec Moretti, sa manière bien à lui de taquiner Borel, son cœur battant même à son corps défendant pour Lucie… Il nous laissera ses duels à fleurets mouchetés avec tous ces suspects qui l’auront si souvent regardé de haut parce qu’ils se croient supérieurs à ce fonctionnaire de police mais aussi parce qu’ils sont debout quand lui est assis. Lui les aura toisés de sa vision à rayons X pour découvrir la noirceur qu’ils cachaient en eux, il en aura fait des marionnettes entre ses mains expertes avant de les confondre grâce à son sens de la déduction et à sa finesse d’esprit. Caïn première version c’ÉTAIT Bruno Debrandt sans discussion et pour toujours.

Bruno Debrandt. Un comédien fantastique plus que fantasque, capable de passer d’une émotion à une autre d’un même élan, charriant un charisme qui n’est pas donné à tout le monde. Il laisse son personnage fétiche droit dans son fauteuil, sans lui avoir rien retiré de ce qui faisait sa spécificité. Un acteur qui aura joué sur tous les registres en donnant une impression de facilité et de véracité jamais prises en défaut alors qu’il aura travaillé d’arrache-pied pour que Caïn marche droit et qu’il lui aura permis de rouler du début à la fin. « L’heure n’est plus de regretter son départ de la série mais d’espérer que la sortie qui lui sera réservée sera conforme à l’acteur éblouissant qu’il est et au héros qu’il aura contribué à ériger en figure emblématique d’une série qui, si elle nous frustre dans certains des choix opérés cette saison, n’en reste pas moins chère à nos cœurs. » disions-nous ici dans notre critique de la saison 6 et la fin qui lui est offerte à l’issue de ce qui est son ultime saison est conforme à ce qu’il aura donné six saisons durant, pleine de dignité, matinée d’une véritable émotion, sans doute satisfait du devoir accompli d’avoir emmené Caïn, avec la complicité des auteurs, pile là où il devait aller. On va s’arrêter là question compliments. L’émotion nous gagne et Bruno Debrandt nous a toujours donné l’impression de préférer mettre l’aventure collective en avant plutôt que sa personne. Et si jamais on se trompait, il n’en serait de toute façon que meilleur comédien.

Finalement ce n’est pas tant de dire adieu dont il s’agit là mais bien de savoir dire au revoir à une première incarnation. Unique, marquante, inoubliable. Et le duo Fred Caïn-Bruno Debrandt on le garde en nous pour toujours. L’émotion aura beau nous submerger à la dernière seconde du dernier épisode de cette saison 6, Caïn n’est pas mort, il recule juste dans l’ombre pour un temps, nous laissant suspendu à l’attente du reflet que le poste de télévision finira par nous renvoyer.

Crédits: France 2

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