J'ai quelque chose à vous dire...

J’ai quelque chose à vous dire… Steven Spielberg

Cher Monsieur Spielberg

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J’appréhende un peu de prendre la plume et de m’adresser à vous car c’est la première fois que j’écris à une divinité. Je ne sais pas si j’ai tous les codes, ni si les mots qui sortiront de mon clavier auront suffisamment de force et reflèteront suffisamment l’admiration que j’éprouve à votre égard. J’en doute fortement d’ailleurs mais il faut parfois saisir les opportunités lorsqu’elles se présentent. Vous avez toujours été présent dans ma vie de cinéphile, aussi loin que mes souvenirs remontent mais la première fois où je me rappelle avoir pleuré à chaudes larmes au cinéma c’est devant E.T. Vous êtes donc à l’origine de cette sensation magique qui est de pleurer en regardant des acteurs donner vie à des personnages sur un écran et les suivre dans une histoire qui nous touche et dans laquelle on se projette tant et si bien que nos barrières tombent et que nous nous en trouvons bouleversés. Vous remercier pour m’avoir inculqué ce sentiment est bien la moindre des choses. Vous êtes un magicien chez monsieur Spielberg et regarder vos films avec des étoiles qui scintillent dans les yeux est un cadeau qui se renouvelle à chaque fois. J’ai pleuré donc, mais j’ai ri aussi, j’ai eu peur, j’ai été ému, curieux, séduit, renversé, étonné, émerveillé, vous m’avez fait passé au fil de vos films par tout un panel d’émotions tellement fortes que je vous en serais éternellement reconnaissant. Tour à tour, je me suis identifié à vos héros, à vos marottes, j’ai aimé de manière inconditionnelle votre façon de raconter des histoires et de nous faire croire au merveilleux et à l’incroyable comme peu sont capables de le faire.

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De manière plus personnelle, je vous ai vu tout près de moi au Festival de Cannes 2013 où vous m’avez fait l’honneur de me signer un autographe. C’est l’une des toutes premières fois où j’ai bien failli faire une syncope, c’est dire comme à la fois, vous m’intimidiez et comme j’étais heureux. Vous témoigner mon admiration est bien le moins que je puisse faire tant vous m’avez offert sans même le savoir, des joies immenses. Vous dire merci pour E.T donc, mais aussi pour Indy, pour Tintin, pour Amblin, pour le T Rex, pour le requin des Dents de la Mer, pour Dreamworks, pour votre collaboration avec Tom Hanks, pour votre vision de Peter Pan, pour vos films avec Tom Cruise, pour tous vos projets, présents, passés et à venir. Et merci, oui merci infiniment pour La liste de Schindler. Pour avoir dit et montré l’horreur indicible de l’une des plus grandes tragédies de l’Histoire et de l’avoir dit et fait avec ces images-là, avec cette émotion là, avec cette conviction là…

Cette année vous êtes de retour avec deux nouveaux films. Si le geek qui est en moi attend en trépignant d’impatience votre vision et votre transposition de Ready Player One, votre mise en scène virevoltante et aérienne dans Pentagon Papers m’a éblouie. Non pas que j’ai été surpris par votre talent. Il est unique et connu de tous depuis longtemps, mais j’ai trouvé que votre mise en scène épousait non seulement votre propos, mais le sublimait et lui donnait une dimension supplémentaire exceptionnelle. Pendant que je découvrais votre film, les mouvements opératiques que vous opériez me mettaient dans un état euphorique, un sourire béat me barrait les lèvres et cette sensation d’être transpercé de part en part en part par quelque chose d’impalpable qui vous transporte et vous soulève a achevé de me renverser. Je sais bien que vous êtes sans doute protégé par les communicants qui vous entourent et que vous échapperez sans doute du coup à ceux qui vous auront trouvé trop programmatique, ceux qui diront que vous martelez un propos plus que vous ne le suggérez subtilement et que si certains ne manqueront pas de se livrer à une mise en cause de la bienveillance critique dont vous bénéficiez, vous n’aurez pas à subir sans doute trop frontalement les aléas de ce monde numérique, dominé par des réseaux sociaux hargneux, où chacun y va de sa vérité qu’il délivre comme définitive. Je le sais, il m’arrive parfois d’y succomber aussi, mû par cette conviction d’avoir raison envers et contre tout et tous. Tous les avis se valent évidemment, tout dépend du point de vue d’où on les regarde et tant qu’ils ne cèdent pas à la moquerie, à la haine ou à la détestation, je les respecte. Même si au bout du compte, je sais que j’ai raison surtout quand il s’agit de vous. Pardonnez-moi cette coquetterie et cette pointe de mauvaise foi. Je sais tout ça. Mais vous détenez ce pouvoir de rendre les choses ordinaires, extraordinaires, de faire d’un monde perclus de doutes et d’angoisse, une place où avoir un idéal et des convictions permet encore de pouvoir changer le cour des choses. Et rien que pour ça, j’ai au plus profond de moi encore envie d’être naïf et de croire que le bien finit par triompher parfois. Merci cher Steven Spielberg de m’accompagner encore et toujours dans ma passion du cinéma et de me faire croire encore que certains rêves ne sont pas vains. Et de par vos films et votre talent incommensurable, de faire de moi un homme meilleur, capable de croire encore un peu en l’humanité.

Votre dévoué Fred Teper

*ce texte a été initialement publié le 18 juillet 2016 dans le cadre d’un dossier Steven Spielberg en partenariat avec Erwan Darbellay. Il est republié ici et mis à jour.

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