Critiques Cinéma

LA PROMESSE DE L’AUBE (Critique)

SYNOPSIS: De son enfance difficile en Pologne en passant par son adolescence sous le soleil de Nice, jusqu’à ses exploits d’aviateur en Afrique pendant la Seconde Guerre mondiale… Romain Gary a vécu une vie extraordinaire. Mais cet acharnement à vivre mille vies, à devenir un grand homme et un écrivain célèbre, c’est à Nina, sa mère, qu’il le doit. C’est l’amour fou de cette mère attachante et excentrique qui fera de lui un des romanciers majeurs du XXème siècle, à la vie pleine de rebondissements, de passions et de mystères. Mais cet amour maternel sans bornes sera aussi son fardeau pour la vie… 

La Promesse de L’Aube, c’est une épopée de plus de deux heures dans laquelle on plonge la tête la première, même si la facture du film est classique. Efficace et bien réalisée, c’est l’adaptation cinématographique du roman autobiographique romancé de Romain Gary. Le film permet d’explorer les prémices de la multiplicité des identités de cet écrivain aux différents pseudonymes, vainqueur du Goncourt à deux reprises dont une sous un nom d’emprunt Émile Ajar. C’est une affaire qui fit grand bruit dans le paysage littéraire français des années 70, car personne ne savait que Romain Gary et Émile Ajar, vainqueur tous deux du prix Goncourt, était une seule et même personne. Gary révélera la supercherie peu de temps avant de se donner la mort en 1980. Romain Gary fut aussi aviateur, militaire, résistant, diplomate, romancier, scénariste et réalisateur. Son aura et ses abondantes vies sont un terreau cinématographique sans fin et La Promesse de L’Aube tente de lui rendre toute sa mesure. C’est en partie une gageure réussie mais pas assez.

C’est l’interprétation et l’investissement de Charlotte Gainsbourg qui est le plus marquant dans cette fresque. La comédienne s’est quasi transfigurée. Elle est sortie de ses zones de conforts. On la connaissait timide, éthérée, murmurante au cinéma. Et là elle se mue en mère passionnée, passionnante, dévorante. Elle est menaçante à certains moments car dévorée par un amour inconditionnel, débordant pour son fils, presque irrationnel. La comédienne excelle dans ces registres qu’on ne lui a jamais connus. Il y a fort à parier que ces facettes de jeu révélées dans La Promesse de L’Aube marqueront un passage déterminant de sa carrière de comédienne. Une nomination aux César 2018 est a envisager, voir une obtention du prix de la meilleure actrice après son César du meilleur espoir féminin pour L’Effrontée de Claude Miller en 1986. Pierre Niney en contre-point du jeu de Charlotte Gainsbourg offre un miroir où l’actrice peut laisser libre court à ses propositions de jeu. Niney possède cette qualité des grands acteurs de ne pas faire son numéro mais de posséder cette juste modestie, d’offrir un jeu tout en nuances d’une grande générosité avec ses partenaires. Ainsi les rapports mère/fils transfigurent bons nombres de passages du film. Même quand la mère et le fils n’apparaissent pas tous les deux à l’écran. Cette impression de leur proximité filiale pré-existe dans l’imaginaire du spectateur d’une manière presque sensorielle. Comme un fil d’Ariane qui serait omniprésent en dehors de la pellicule.

Les rapports de Gary avec sa mère sont montrés à travers trois âges : enfant, adolescent et adulte. Les jeux de Pawel Puchalski (Gary enfant) et Nemo Schiffman (Gary adolescent vu dans Elle s’en va de Emmanuelle Bercot sa maman dans la vie ) jeunes acteurs à suivre apportent leurs pierres angulaires à l’édifice de cette fresque cinématographique et des différents visages de Gary. On peu considérer que le film pèche par son pathos et ses moments grandiloquents à certains moments mais ces passages se marient avec cohérence dans l’ensemble de cette fresque qui passe de la Pologne, à Nice, à Londres et en Afrique. La promesse de l’Aube est à découvrir pour ceux curieux de ce type de cinéma classique, efficace mais sûrement un petit peu trop lisse.

La fatalité du destin de Gary est justement dépeinte. Car de cette multiplicité de réussites professionnelles que sa mère espérait pour lui, il s’est accompli dans beaucoup de domaines. Mais à force de courir après différents méandres de vies diverses et variés, il aura eu le sentiment de ne pas s’accomplir dans une seule et même vie tout simplement. Gary reste un personnage fascinant et ça le film le présente avec justesse et mérite le coup d’œil à défaut d’être un vrai coup de cœur. On vous laisse sur ces quelques mots de Romain Gary issu du roman éponyme qui résume bien le film : « Il n’est pas bon d’être tellement aimé, si jeune, si tôt. Ça vous donne de mauvaises habitudes. On croit que c’est arrivée. On croit que ça existe ailleurs, que ça peut se retrouver. On compte la-dessus. On regarde, on espère, on attend. Avec l’Amour maternel, la vie vous fait à l’aube une promesse qu’elle ne tient jamais. On est ensuite obligé de manger froid jusqu’à la fin de ses jours. »

Titre Original: LA PROMESSE DE L’AUBE

Réalisé par: Eric Barbier

Casting : Pierre Niney, Charlotte Gainsbourg, Didier Bourdon …

Genre: Comédie dramatique, Drame

Sortie le : 20 décembre 2017

Distribué par: Pathé Distribution

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