Critiques

CRAZY EX-GIRLFRIEND (Critique Saison 3 Épisodes 3×01 – 3×02) Un humour subversif entre réflexion sociale et blagues scatologiques…

SYNOPSIS: Avocate brillante promise à un bel avenir dans un cabinet new-yorkais, Rebecca Bunch travaille trop. Malheureuse, elle abandonne tout sur un coup de tête, dans une tentative désespérée de trouver l’amour et le bonheur dans la banlieue de West Covina, en Californie, où vit Josh, un amour de jeunesse. Excessive, déterminée et aussi un peu folle, la jeune femme entend prendre un nouveau départ… 

Crazy Ex-Girlfriend, série adorée des critiques outre-Atlantique, avait eu, en 2015 bien du mal à trouver sa place au soleil parmi les nouveaux programmes de la CW. Le format de trente minutes si chère à la comédie américaine tronquait le propos, le point de vue de sa protagoniste se trouvait être un peu trop gargantuesque pour l’échelle de la série, et puis, il faut bien le dire, faire une série musicale satirique qui prend le contre-pied des éternels clichés de la comédie romantique en tentant de sensibiliser le public aux délicats problèmes de la stigmatisation de la santé mentale, relevait du pari un peu fou. Mais les créatrices Rachel Bloom et Aline Brosh McKenna se sont accrochées : on retravaille le format qui passe de 22 à 42 minutes, on élargit un peu le champ des perspectives, en donnant notamment des trajectoires plus fouillées et nuancées aux personnages secondaires, on note le départ d’un acteur (le très regretté Santino Fontana) et on en engage un autre pour combler le vide (l’excellent Scott Michael Foster), et voilà que la série vit une vraie transformation, subtile certes, mais qui délie les fils de l’intrigue et fait de Crazy Ex-Girlfriend l’une des comédies les plus intelligentes de ces dernières années.

Pour ceux qui n’auraient pas vu les saisons un et deux, Rebecca Bunch (Rachel Bloom) est une avocate new-yorkaise hyper-éduquée, qui, à l’issue d’une rencontre fortuite avec son amour de jeunesse Josh Chan (Vincent Rodriguez III), décide de tout plaquer pour le reconquérir. Elle abandonne donc les buildings tout de verre et d’acier de la Grosse Pomme pour la petite ville de West Covina, en Californie, où elle ne tarde pas à se faire un cercle d’amis, tous plus délurés les uns que les autres. Il y a bien sûr Paula (la magnifique Donna Lynne Champlin, venue tout droit de Broadway), la meilleure amie qui travaille dans le même cabinet d’avocats que Rebecca, Heather (Vella Lovell), l’éternelle étudiante au débit incroyablement lent, Valencia (Gabrielle Ruiz), l’ancienne rivale devenue amie proche, et le patron de Rebecca, Darryl (Pete Gardner), un personnage difficile à décrire, à mi-chemin entre le clown triste et le centre émotionnel de l’histoire, qui déborde de bonhommie, d’enthousiasme et de sympathie pour tous ceux qui l’entourent. Tous ces acteurs sont visiblement ravis d’être réunis (il y a même une rumeur à Los Angeles, que Crazy Ex-Girlfriend est l’un des meilleurs « plateaux du moment », ce qui veut dire que l’ambiance est au beau fixe) et leur alchimie indéniable fait qu’il est très difficile de bouder son plaisir. La série est exubérante, c’est sûr, mais elle a conscience de son sens très personnel hybris et rend hommage une pléthore de style musicaux, passant du numéro The Math of the Love Triangle, parodie du cultissime Diamonds are a Girl’s Best Friends de Marilyn Monroe, au très médiatisé Sexy Getting Ready Song.

En dépit de ses atouts, Crazy Ex-Girlfriend ne plaira pas forcément à tout le monde (ses parts d’audiences sont d’ailleurs assez faibles et la série doit son sauvetage à l’engouement dont elle bénéficie en SVOD). C’est intelligent, bien écrit, bien joué, bien mené, mais c’est un genre de comédie assez particulier, qui mélange réflexion sociale et blagues scatologiques à une vitesse vertigineuse, et se permet un humour subversif qui flirte parfois avec le dangereux, le tout agrémenté de références théâtrales assez spécialisées puisqu’elle s’alignent avec les traditions américaines du vingtième siècle. La série prouve que le ridicule ne tue pas et que l’on n’a jamais fini de se moquer des tropes narratives du passé.

Crédits: CW

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