Critiques Cinéma

BURN OUT (Critique)

SYNOPSIS: Tête brûlée, accro aux sensations fortes, Tony ne vit que pour une seule chose : devenir pilote professionnel de moto superbike. Jusqu’au jour où il découvre que la mère de son fils est liée à la pègre manouche. Seule issue pour la sortir de cet engrenage : mettre ses talents au service des truands. Pilote de circuit le jour, go-faster la nuit, Tony est plongé dans une spirale infernale qui le mène au bord de la rupture… 

A force de s’entendre dire que le cinéma de genre a déserté les écrans français il faut croire que cette maxime a réveillé les velléités de certains producteurs offrant enfin les coudées franches à des cinéastes trop heureux de pouvoir s’y frotter. Après Carbone et Tueurs fin 2017, c’est Burn Out qui débarque sur les écrans en ce début d’année avec pour objectif de proposer un film haletant, généreux en action et prenant. Après avoir revisité le thriller sophistiqué avec le très réussi et ambitieux Un Homme idéal (il avait auparavant réalisé Captifs) qui plongeait Pierre Niney dans une atmosphère oppressante et angoissante, Yann Gozlan revient avec ce Burn Out, un polar librement adapté d’un roman de Jérémie Guez, Balancé dans les cordes. et co-écrit avec Guillaume Lemans (complice de Fred Cavayé sur A Bout Portant et Mea Culpa notamment) où il place François Civil (Five, Ce qui nous lie) aux prises avec la pègre manouche de laquelle il souhaite extraire la mère de son fils qui leur doit une forte somme d’argent.

Yann Gozlan également coscénariste du très intéressant La Mécanique de l’ombre de Thomas Kruithof avec François Cluzet et même producteur associé de D’après une histoire vraie le dernier Roman Polanski trouve ici un terrain de jeu où s’exprime sa personnalité atypique dans un cinéma français sclérosé. Un vrai film de genre, qui parvient à ne jamais relâcher la pression de l’étau dans lequel il prend le spectateur. Sachant mettre en place une atmosphère tendue et anxiogène, la mise en scène sait se faire immersive tant et si bien que dès que Tony est au guidon de sa moto et qu’il transpire à grosses gouttes sous son casque on est avec lui, à partager son anxiété et l’escalade de ses pulsations cardiaques. A la tension permanente instillée par Yann Gozlan se  double une appétence pour l’action décomplexée qui fait plaisir à voir et Burn Out s’assume pleinement sans jamais céder trop de terrain à des ramifications psychologiques qui auraient pu ralentir inutilement le rythme du film. La réalisation est efficace et sans fioritures ce qui n’empêche aucunement le réalisateur, bien au contraire, de démontrer qu’il est autant un excellent technicien qu’un conteur qui va jusqu’au bout de son postulat. Son film témoigne également d’un aspect formel soigné, avec de nombreuses scènes nocturnes qui sont superbement photographiées et dotées d’une palette chromatique variée.

En prenant comme dans ses précédents films son héros dans un univers quotidien lambda et en le plaçant dans un monde où il ne possède pas ses repères, Yann Gozlan nous immerge avec lui dans la découverte de ce milieu sombre et violent où il doit s’adapter sous peine d’y rester et la peur tout autant que l’adrénaline vont se révéler bonnes conseillères pour y parvenir. Si le film manque parfois de nuances pour prendre une dimension supplémentaire il n’en demeure pas moins d’une efficacité redoutable provoquant chez le spectateur un véritable plaisir. Le tout bénéficie évidemment d’une distribution à l’avenant, avec au premier rang un excellent François Civil, très à l’aise dans des registres variés et qui confirme de film en film qu’il va désormais avoir une place prépondérante dans notre cinéma. La bonne idée est aussi de le mettre aux prises avec des personnalités aussi fortes que Olivier Rabourdin et Samuel Jouy, tous les deux glaçants et angoissants à souhait. Seule la caution féminine dans cet univers très masculin, incarnée par Manon Azem, reste anecdotique et la comédienne n’a malheureusement pas suffisamment à jouer pour développer un personnage qui ne dépasse jamais sa fonction. Mais ça n’empêche pas Burn Out de posséder suffisamment d’atouts pour se laisser prendre dans ses filets sans crier un seul instant à la dépression nerveuse.

Titre Original: BURN OUT

Réalisé par: Yann Gozlan

Casting : François Civil, Olivier Rabourdin, Samuel Jouy, Manon Azem…

Genre: Action

Sortie le: 03 janvier 2018

Distribué par: Gaumont Distribution

TRÈS BIEN

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s