Critiques

MIDNIGHT, TEXAS (Critique Saison 1 Episodes 1×01 – 1×03) A consommer comme du pop-corn…

SYNOPSIS: Au fin fond du Texas, dans une petite ville tranquille, votre voisin pourrait être un vampire, une sorcière, un loup-garou… Les habitants tentent de combattre les menaces extérieures provenant de gangs de motards, de policiers suspicieux et même de leur propre passé.

Monica Owusu-Breen a commencé sa carrière de scénariste au tout début des années 2000 avec la série Charmed. S’ensuivent de nombreux contrats, principalement sur des séries qui flirtent avec le surnaturel comme Lost, Alias, Fringe et plus récemment Marvel’s Agents of SHIELD. Ça n’était donc qu’une question de temps avant que la scénariste chevronnée ne décroche sa propre série, et c’est désormais chose faite, avec Midnight, Texas, une adaptation d’un roman de Charlaine Harris à qui l’on doit également la saga de Sookie Stachkhouse, source originale de True Blood. Si la comparaison avec la série de HBO est inévitable, notamment à cause de la verve très particulière de Harris, mélange d’humour noir et de gore psycho-sexuel horrifique qui se glisse dans toutes les adaptations télévisées de ses œuvre, Midnight, Texas, diffusée depuis juillet 2017 sur la chaîne NBC, ne bénéficie malheureusement pas de la subtilité de son aînée, ou soyons francs, du charisme d’Alexander Skarsgård. Reste une série très fun, mais qui ne fera jamais pâmer personne.

Manfred Bernardo (François Arnaud) est le dernier descendant d’une longue lignée de mediums, chiromanciens et diseurs de bonne aventures en tous genres, et en dehors d’un certain goût pour les vêtements bobo-chic, notre protagoniste a également hérité du don de communiquer avec les morts. Poursuivi par de mystérieux gangsters à qui il semblerait qu’il doit de l’argent, Manfred quitte Manhattan pour le Texas et, suivant le conseil de sa grand-mère Xylda (Joanne Camp) dont le fantôme hante le mobile-home familial, il décide de chercher refuge dans la petite ville de Midnight. Un endroit très particulier où les habitants sont si peu nombreux qu’ils tiennent autour d’une seule table. Ils ont leurs secrets, bien sûr, ces « Midnighters », et entre Lemuel (Peter Mensah) le vampire, Olivia (Arielle Kebbel) l’Amazone, et Fiji (Parisa Fitz-Henley), la sorcière qui fait les yeux doux à Bobo (Dylan Bruce), l’un des rares humains du coin, autant vous dire que Manfred va se sentir comme un poisson dans l’eau. Si seulement l’eau en question n’était pas empoisonnée par des esprits démoniaques cherchant à provoquer l’Apocalypse… On ne sait pas trop si c’est le climat ou la cuisine, mais il semblerait que le Sud des États-Unis soit une des portes de sorties préférées de l’enfer.

On ne va pas vous mentir, les dialogues sont loin des échanges étincelants des salons de Ninon de Laclos, mais la série a un côté vintage et bon enfant qui rappelle les classiques de la fin des années 90 comme Buffy ou Angel. Question effets spéciaux, on est en effet plus proches des démons des sœurs Halliwell que ceux de Strangers Things et il semblerait que la comparaison ne dérange pas du tout Midnight, Texas, qui aurait même plutôt tendance à en rajouter une couche à coup de longs manteaux de cuir flottant derrière nos héros et ralentis à la Matrix. L’esthétique oscille constamment entre le ringard assumé et le divertissement décomplexé, ce qui rendra la tambouille indigeste pour tous ceux qui voudront trouver de la profondeur dans le propos. D’ailleurs, vous le verrez au premier coup d’œil : pas de grand débat théologique ou de discours raffinés ici, comme peuvent en témoigner les t-shirts trop petits de Dylan Bruce (il faut chaud aux Texas, vieux, pourquoi est-ce que tu portes autant de manches longues ?), pas d’atmosphère prenante ou de musique hypnotique, tout le monde joue cartes sur table, même si les cartes ne sont pas bonnes. Il n’y a pour ainsi dire aucune chance que Midnight, Texas atteigne le statut culte de ces séries auxquelles elle rend hommage (quoique peut-être de façon inconsciente par moments), mais elle se range très vite du côté des plaisirs coupables, à consommer comme le pop-corn des vieux cinémas : ça n’a aucune valeur nutritive, mais ça croque sous la dent et, du moment qu’on revoit ses attentes à la baisse, c’est plutôt marrant.

Crédits : Syfy

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