Critiques

FATALE STATION (Critique Saison 1 Épisodes 1×01-1×05) Une station chaudement recommandée…

SYNOPSIS: Fuyant dans le Québec profond un homme qui veut la tuer, et auquel elle vient d’échapper de justesse, Sarah (mais est-ce son vrai nom ?) débarque à Fatale-Station, une bourgade perdue. Séduits, François, le maire, et Eddy, le gérant de l’unique restaurant-bar-hôtel, le Beijing Palace, l’accueillent avec chaleur. Mais Jean O’Gallagher, une femme d’affaires qui possède une bonne part du village et le gère d’une main de fer, ordonne à Eddy de la chasser, affirmant qu’elle va jeter le trouble dans leur petite communauté. Alors que les élections municipales approchent, un barrage routier dressé par la tribu amérindienne voisine échauffe aussi les esprits…

Fatale Station, c’est LA série québécoise qui fait beaucoup parler d’elle, diffusée en ce moment sur Arte. Bousculant allègrement le cliché qui veut que tous les Québécois soient des gentils au cœur d’or, la série aux dix épisodes, écrite par Stéphane Bourguignon (La vie, la vie) et réalisée par Rafaël Ouellet (Nouvelle Adresse), s’approprie les codes du Western spaghetti pour nous livrer un thriller glaçant, qui se concentre intensément sur son héroïne mystérieuse et sa chorale de personnages énigmatiques. Un voyage chez nos amis d’Outre-Atlantique, dans une petite ville paumée de la campagne québécoise, où la beauté même des décors naturels participe à l’atmosphère oppressante. Une atmosphère drôlement bien réussie d’ailleurs, tellement épaisse par moment qu’on a l’impression qu’elle suinte de l’écran, et que l’on doit en grande partie à l’image d’Ian Lagarde et à la musique de Dear Criminals. Un environnement assez sombre, donc, mais dans lequel on trouve quand même une part d’humour, un humour assez noir, certes, mais un humour quand même, qui vient relever les épisodes.

Bienvenue donc, à Fatale Station. Enfin, bienvenue, c’est une façon de parler. Le patelin dans lequel elle est venue chercher refuge voit son arrivée d’un mauvais œil et Sarah Dembski (Macha Limonchik) s’en rend vite compte. Débarquée de nulle part, Sarah est poursuivie par un homme aux allures de Norman Bates qui l’appelle « Marie » et qui cherche très explicitement à la tuer. La nouvelle venue endosse l’habit du cowboy, « the new stranger in town » et bouscule le statu quo, notamment en tentant de convaincre Jean O’Gallagher (Micheline Lanctôt) de la laisser louer une maison en ville. Mais Madame O’Gallagher est une femme dure qui tient la ville d’une main de fer et n’a pas la moindre intention de laisser une parfaite inconnue s’incruste, d’autant qu’une tribu d’autochtones a dressé un barrage sur l’une des routes qui mènent à Fatale Station, ce qui n’arrange pas les affaires de la matriarche. Les autres habitants sont tous plus ou moins sous le joug de cette dernière. Eddy (Claude Legault), le propriétaire du Beijing Palace, le restaurant/chambre d’hôte ou Sarah loge provisoirement, refuse même de continuer à héberger notre protagoniste puisqu’il ne veut pas de problèmes avec Jean. Autant vous dire que, lorsque Sarah décide de passer outre et de s’établir en ville, cela s’apparente beaucoup à une déclaration de guerre en bonne et due forme. Quant au reste des habitants de Fatale Station, ils vivent leur vie au milieu de leur problèmes, de leurs secrets et de leurs aspirations.

Si vous avez entendu beaucoup de bien de Fatale Station, c’est avec raison. La série est servie par une intrigue solide, qui sait très bien où elle veut aller, comment nous emmener avec elle, et qui ne lâche pas le spectateur une seule seconde. Pas un seul personnage n’est innocent ici, et même les victimes font preuve de force et d’un certain ressort, une approche qui contribue à les rendre plus humains et plus vraisemblables, et qui est fort bienvenue principalement lorsqu’il s’agit de personnages féminins. Alors oui, c’est sombre, c’est soutenu par une tension lancinante, c’est même parfois carrément malsain, et ça ne vous donnera pas forcément envie de tout lâcher pour partir en road trip au travers des grands espaces de la campagne québécoise. Mais plus qu’un excellent thriller, Fatale Station est la preuve tangible qu’il y a de la qualité partout dans le monde de la télévision, et pas que chez nos amis américains. Une série qu’on vous recommande chaudement, quoiqu’on vous déconseille de la regarder seul chez vous à trois heures du matin ; ça ne vous aidera pas à dormir.

Crédits : Arte

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1 réponse »

  1. Je me suis régalée avec cette série. Les personnages et l intrigue et la version originale avec l’accent. À quand une suite. UNE AUTRE SÉRIE CANADIENNE SERAIT BIEN VENUE.

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