Critiques

FRAPUCCINO (Critique Saison 1) Ça va cogner…

SYNOPSIS: Cyril a le besoin compulsif de frapper une personne, au hasard, trois fois par jour. Paolo est un dragueur invétéré et lourdingue. Amélie et une bourgeoise dépressive au cœur brisé. Ensemble, ils décident de partir pour un road trip explosif, accompagnés d’une mystérieuse malle…

Pour ceux qui auraient envie de secouer un peu la langueur estivale, on a trouvé le parfait remède. Frappuccino (congrûment qualifiée de « série la plus frappée du web ») est un sorbet rafraîchissant qui dézingue, actuellement disponible sur Youtube. La websérie est le résultat d’une collaboration amicale entre le collectif Attention Fragile et l’association Esthésie, deux organismes créés pour encadrer les projets artistiques, en partenariat avec OUI FM. L’idée de la série serait venue à la scénariste Mathilde Bourbin en entendant ses amis comédiens raconter une épopée durant laquelle ils avaient du transporter une malle contenant des accessoires de théâtre. La scénariste recrute deux réalisateurs, David Trujillo et Paul-André Robin pour l’aider à donner vie à son histoire, se glisse allègrement dans la peau d’un des personnages, et concocte ensuite une douzaine d’épisodes tous plus déjantés les uns que les autres.

La vie de famille de Cyril (Jules Poucet) lui a laissé quelques séquelles, notamment le besoin compulsif de frapper. C’est le genre de chose qui pourrait le faire enfermer dans un hôpital psychiatrique jusqu’à la fin de ses jours, et comme Cyril n’a aucune intention de se retrouver en camisole de force, il a trouvé un moyen de canaliser ses énergies : il frappe trois fois par jour, à huit heures, midi et vingt heures, et s’arrange comme il peut pour mener une vie plus ou moins normale. C’est avec cet énergumène peu bavard que Paolo (Pierre-Emmanuel Parlato) doit faire équipe pour transporter une malle mystérieuse, et lorsque les deux hommes tombent sur Amélie (Mathilde Bourbin), jeune fille romantique et quelque peu naïve qui semble partager le besoin de cogner de Cyril, les choses se compliquent rapidement. On s’attache très vite à Paolo avec ses airs de petit malfrat dragueur pas franchement subtil qui se retrouve rapidement dépassé par la folie douce de ses deux compagnons, d’autant que Pierre-Emmanuel Parlato fait preuve d’un talent comique qui confine au virtuose. Cyril et Amélie, d’un autre côté, ont un peu moins l’occasion de faire les marioles : ils se débattent tous les deux avec un besoin viscéral peu commun qu’ils gèrent comme ils peuvent, Cyril en se focalisant uniquement sur l’efficacité et le contrôle, Amélie en se réfugiant dans le romantisme. Ces trois-là vont devoir apprendre à se faire confiance et à s’épauler, surtout quand deux hommes en noir les prennent en filature.

La grande force de Frapuccino, c’est sa capacité à ne jamais se prendre au sérieux. Le ton est léger, décalé, parfois carrément étrange, mais toujours bon enfant. Bien que la série ne soit pas avare dans sa distribution d’hémoglobine, on ne perd jamais de vue que ceci reste une comédie et les acteurs prennent un plaisir évident à jouer leurs rôles, ce qui compense les dialogues inégaux et les blagues pas toujours fines. Qu’importe, le but n’est pas de rivaliser avec Oscar Wilde et d’émoustiller les salons de la haute société, mais plutôt de faire rire, sans aucune prétention, et de nous embarquer dans un périple atypique régulé par trois castagnes quotidiennes. Une série pas forcément pour tout le monde, donc, mais sympa, inhabituelle, et qui ne devrait pas avoir trop de difficultés à trouver son public.

 

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