Au commencement...

Au commencement… (Séries) American Gods 1×01

SYNOPSIS: Un homme sortant de prison rencontre un vieil escroc qui l’embauche comme garde du corps, et l’entraîne dans un long périple à travers les Etats-Unis. L’ex-détenu découvrira alors que son « patron » est un ancien dieu nordique en plein combat contre les divinités modernes : Internet, les voitures, la télévision, et tous les nouveaux médias.

C’est LE projet qui fait le buzz depuis plus d’un an. Alors que l’on apprend qu’Hannibal, l’excellente série de Bryan Fuller sur NBC ne sera pas renouvelée pour une quatrième saison, la chaîne Starz fait savoir qu’elle a offert à ce dernier un poste de showrunner pour son prochain gros coup : l’adaptation télévisée d’American Gods, le best-seller de Neil Gaiman. Car Hannibal, la série, était en fait tirée de Dragon Rouge, le roman de Thomas Harris, dont Fuller avait fait l’une des séries les plus esthétiquement dérangeantes de la petite lucarne. Starz déclare ensuite que Neil Gaiman lui-même a signé pour écrire le scénario de quelques épisodes, une stratégie qui paye énormément, comme on a pu le voir avec Game of Thrones, Outlander ou Les Désastreuses Aventures des Orphelins Baudelaire. Suivent ensuite l’arrivée du réalisateur David Spade, qui avait travaillé avec Bryan Fuller sur Hannibal, puis celle d’Ian McShane dans le rôle de Wednesday, de Gillian Anderson dans celui de Media et d’un jeune acteur encore peu connu du nom de Ricky White, qui se glisse dans les basques du protagoniste Shadow. Bref, le livre avait déjà ses fans, mais voilà que d’un coup, tout le beau monde de la télé s’intéresse de très près à cette nouvelle série, qui paraît bien partie pour faire concurrence à toutes les autres grandes fictions fantastiques du petit écran et qui, on le chuchote dans les couloirs, pourrait même peut-être détrôner Game of Thrones dans le cœur du public.

American Gods, c’est d’abord l’histoire de Shadow (White), petit malfrat qui s’est fait attraper pour vol à main armée et qui, alors que le pilote commence, est sur le point de sortir plus tôt que prévu pour bonne conduite. Shadow se faisait une joie de retrouver sa femme Laura (Emily Browning) mais par un cruel tour du destin, il apprend que cette dernière est morte dans un accident de voiture. Alors qu’il part chercher le corps de son épouse pour lui donner des funérailles digne de ce nom, Shadow rencontre un vieillard étrangement charismatique qui se fait appeler Wednesday (Ian McShane) et qui lui propose une espèce de job de garde du corps. Seulement voilà, vous vous en doutez, avec un titre comme American Gods, on ne va pas s’arrêter à une simple histoire de rédemption pour le criminel au cœur d’or. Shadow va se retrouver embarqué dans une guerre de foi, pris au milieu de tous les dieux des panthéons anciens débarqués malgré eux sur les rivages de l’Amérique lorsque que les colons des quatre coins du monde sont venus chercher fortune dans ce nouveau pays. Les Irlandais ont apporté leurs farfadets, les Arabes leurs djinns, les Celtes leur célébrations de Pâques et tous ces dieux d’un autre temps se voient confrontés aux idoles de l’ère moderne. Difficile pour eux de survivre donc, quand de moins en moins de gens croient en eux et que l’humanité se détourne des sacrifices sanglants et rites ancestraux pour se tourner vers l’adoration d’Internet.

Il y a beaucoup de choses qu’American Gods fait suprêmement bien : visuellement, c’est sublime, brillant, élégant, riche en couleur et en beauté naturelle pour ceux qui auraient oublié que les États-Unis est un pays encore sauvage dans bien des endroits. Le ton est mystérieux à souhait, le rythme implacable et intransigeant, et la musique carrément épique, au point qu’on a parfois l’impression d’être davantage devant un opéra visuel que devant une série conventionnelle. Puis il y a les choses qu’American Gods fait un peu moins bien, avec des dialogues un peu patauds qui se veulent métaphoriques et qui tombent un peu trop souvent à côté de la plaque, mais surtout avec une distribution inégale. Pas évident en effet, que de jouer avec naturel quand on est lâché au milieu de ce monde irréel dans lequel les dieux non seulement existent, mais exigent beaucoup de temps et d’attention. Ricky White fait ce qu’il peut avec un personnage plutôt passif mais le fait est qu’il a peu de place pour manœuvrer. Shadow Moon, c’est « ombre de la lune » en français et conséquemment le protagoniste a davantage tendance à suivre l’action au lieu de la mener. Pareillement, la déesse Bilquis (Yetide Badaki) ne pointe le bout de son nez que pour un petit interlude assez graphique et Technical Boy (Bruce Langley) veut tellement vous mettre mal à l’aise qu’il en oublie un peu de réagir aux répliques des autres. Mais d’un autre côté, il y a aussi le magnifique flegme d’Ian McShane qui a l’air de s’amuser comme un petit fou, le charme de Pablo Schreiber qui crève l’écran dans la peau de Mad Sweeney et surtout, la révélation de la série, la fabuleuse Betty Gilpin, qui n’a que deux scènes dans le pilote, mais Dieu du ciel, quelles scènes ! Si tous les autres acteurs déploient autant de talent d’ici les prochains épisodes, on ne donne pas à American Gods deux semaines pour rendre le public complètement accroc.

Crédits: Amazon / Starz

Publicités

2 réponses »

  1. Le pitch de cette série me laisse tellement perplexe que j’ose pas me lancer dedans… Par contre, Ricky White/Shadow Moon, c’est pas Lincoln qui fait sa réincarnation depuis « The 100 » ? Ou faut-il que j’aille m’acheter des lunettes ?

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s