Critiques Cinéma

GHOST IN THE SHELL (Critique)

2,5 STARS MOYEN

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SYNOPSIS: Dans un futur proche, le Major est unique en son genre: humaine sauvée d’un terrible accident, son corps aux capacités cybernétiques lui permet de lutter contre les plus dangereux criminels. Face à une menace d’un nouveau genre qui permet de pirater et de contrôler les esprits, le Major est la seule à pouvoir la combattre. Alors qu’elle s’apprête à affronter ce nouvel ennemi, elle découvre qu’on lui a menti : sa vie n’a pas été sauvée, on la lui a volée. Rien ne l’arrêtera pour comprendre son passé, trouver les responsables et les empêcher de recommencer avec d’autres.

En préambule l’auteur de cette critique si il a vu à sa sortie l’anime Ghost in the shell – mais pas ses suites Innocence ou Stand Alone Complex dont le scénario reprend semble t-il des éléments – ne compte pas parmi ses fans – et n’a donc pas d’investissement particulier, ni d’à priori sur cette adaptation live. Pas plus que le casting de Scarlett Johansson dans le rôle principal ne nous semblait incongru dans le cadre d’une production au budget conséquent. Le script crédité à Jamie Moss (Au bout de la nuit), William Wheeler (Queen of Katwe) et Ehren Kruger (Arlington Road et 3 Transformers) en donne d’ailleurs une justification assez maligne qui rend hommage à l’origine du manga.

GHOST IN THE SHELL

Rupert Sanders avait déjà montré avec Blanche-Neige et le chasseur un certain talent, – avec son directeur de la photo Jess Hall (Transcendance , Hot Fuzz)-  à mettre en valeur une belle direction artistique, sans doute car il est issu d’une école d’art et non de cinéma. C’est encore le cas ici où il propose avec le production designer Jan Roelfs (Bienvenue à Gattaca, Alexandre) un univers cyberpunk assez immersif même si il est un peu « roboratif » (les couleurs vives des hologrammes publicitaires du Tokyo futuriste brûlent un peu les yeux en IMAX). Quasiment tous les éléments du film, décors, costumes, maquillages et accessoires font l’objet d’un design extrêmement soigné. Les effets spéciaux signés Weta et MPC créent une cité connectée impressionnante même si évidemment elle doit énormément au Los Angeles de Blade Runner. Si les compositions de plan de Sanders sont très graphiques il se montre beaucoup plus maladroit dans sa mise en scène de l’action qui manque d’énergie et d’impact. Le gunfight qui ouvre le film se repose ainsi sur des effets de ralentis « matrixiens » qui paraissent datés, le combat dans l’eau avec un fugitif est anti-climatique, le final face à un « spider-tank » restant la scène la plus réussie dans ce domaine malgré un trop plein d’effets numériques.

GHOST IN THE SHELL

Par son sujet Ghost in the shell  invite le critique à la métaphore facile, contrairement à son héroïne, le film est une onéreuse mécanique à qui il manque une âme, un « ghost » pour reprendre le vocable du film. En dépit de ses qualités techniques et du professionnalisme de son exécution on s’ennuie poliment devant un film dont on ne ressent jamais  le pouls, Sanders enchaîne les scènes de façon mécanique et ne parvient pas à  donner à son film un élan. Ironiquement pour un film cyberpunk jamais le spectateur ne « connecte »  avec ses personnages pas plus d’ailleurs qu’il ne ressent une connexion entre eux. On peine à ressentir le lien presque maternel censé unir les personnages de Juliette Binoche et Scarlett Johansson pas plus que l’amitié-affection qui la relie à son partenaire Batou (Pilou Asbæk). Le jeu des comédiens n’est pas mauvais mais ils semblent chacun jouer « dans leur couloir » à l’image de l’interprétation minimaliste de  Scarlett Johansson. Sans doute a t-on déjà trop vu la comédienne dans ce registre le personnage du Major apparaissant comme une variation supplémentaire de ses rôles de Her, Lucy, Black Widow ou Under the skin. Faute de parvenir à s’investir dans les personnages et leur devenir, les questions philosophiques qui les agitent relèvent du gadget. Peut-être aussi Ghost in the shell est-il victime de ce que nous appellerons le syndrome John Carter (du nom du film éponyme). Les thématiques cyberpunk de Ghost in the shell ( Où est la distinction entre  l’être humain et le robot ayant conscience de son existence ? Qu’est-ce qui fait la spécificité de la pensée humaine ? ) qui pouvaient sembler novatrices en 1995 on tant été exploitées depuis (et mieux) dans  le cinéma de S.F que le film de Rupert Sanders parait presque anachronique.

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Titre Original: GHOST IN THE SHELL

Réalisé par: Rupert Sanders

Casting : Scarlett Johansson, Pilou Asbæk, Michael Pitt,

Juliette Binoche, Takeshi Kitano, Yutaka Izumihara…

Genre: Action, Science fiction

Sortie le: 29 mars 2017

Distribué par: Paramount Pictures France

2,5 STARS MOYENMOYEN

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