Critiques Cinéma

SHOCKER (Critique)

SYNOPSIS: Horace Pinker, criminel particulièrement sanguinaire, est enfin retrouvé par la police, grâce aux rêves prémonitoires d’un jeune garçon. Condamné à la chaise électrique, Pinker attend sans angoisse l’exécution de sa peine. En effet, il sait pouvoir résister à une charge de 200.000 volts… 

L’après Les Griffes de la nuit est difficile pour Wes Craven qui essuie un double échec avec L’ami mortelle qu’il réalise pour Warner (mérité car le film est nul) et L’emprise des ténèbres son film autour du vaudou (échec injuste c’est peut-être son meilleur film). Dépossédé de sa création par la New Line il est à fond de cale. C’est à ce moment que Alive films (société issue de la division vidéo de Carolco la « mini major » indépendante qui fit fortune avec Rambo) se lance dans la production de films fantastiques à petit budget et a déjà recruté un autre grand du genre en disgrâce John Carpenter qui y signe Prince des Ténèbres et Invasion Los Angeles. Avec Shocker (initialement titré No More Mister Nice Guy d’après le titre d’une chanson d’Alice Cooper qui lui servira de générique) Wes Craven a la ferme intention de se venger de la New Line en créant un croque-mitaine qui pourra concurrencer Freddy Krueger. Horace Pinker (Mitch Pileggi que la série X-Files immortalisera en directeur Walter Skinner ) est un sociopathe des plus agressifs, il massacre l’épouse, le fils et la fille du Lt. Parker, qui enquête sur ses crimes. C’est son autre fils, Jonathan (Peter Berg oui le futur réalisateur de Deepwater et Traque à Boston) qui possède une étrange connexion avec lui à travers ses rêves qui permet son arrestation après que ce dernier ait eu le temps de tuer sa petite amie. Condamné à la chaise électrique, le criminel vend son âme au diable en échange du pouvoir de revenir se venger d’entre les morts…

Il est évident que Craven reprend ici des éléments de Nightmare on Elm Street, les similitudes abondent : l’action se déroule à nouveau dans une petite banlieue Wasp où le jeune héros incompris -dans les deux films le père du protagoniste est un lieutenant de police incrédule- fait face à la vengeance d’une menace surnaturelle, rêves et cauchemars y tiennent une place déterminante et bien sûr le film met en scène un « boogeyman » Horace Pinker qui comme Krueger est un petit prolo-serial-killer (il est réparateur de télévision et le plan d’ouverture le montrant travaillant sur son téléviseur est similaire à celui de Freddy fabriquant son iconique gant)) qui s’en prend à la jeunesse bourgeoise. Il est doté du même humour cruel et survit non pas dans les rêves mais sous la forme d’énergie électrique qui lui permet de prendre littéralement possession des corps pour continuer à tuer. Ironiquement (ou par vengeance) Shocker emprunte ce gimmick de la possession successive au Hidden de Jack Sholder qui réalisa la suite des Griffes de la nuit. Comme pour Freddy l’enjeu est de ramener Pinker dans le monde réel et le couper de sa source d’énergie pour le détruire.

Mais si il démarque sa propre création Wes Craven le fait avec une énergie réjouissante il pousse le curseur vers l’action cartoonesque assumée plus que vers l’épouvante, le film se conclue par un duel très what the fuck où les deux adversaires se poursuivent à travers des programmes TV ! L’aspect onirique du film est réussi, Craven collaborant à nouveau avec son directeur de la photo de Elm Street, Jacques Haitkin (qui éclaira aussi Hidden) et malgré son budget limité fait un excellent d’usage de ses effets spéciaux. L’accueil mitigé du film tuera dans l’œuf le projet de trilogie. Craven reviendra finalement à la franchise Elm Street avant de trouver à nouveau la gloire avec Scream, Alive films disparaîtra non sans avoir produit le premier film d’un ancien employé de vidéo-club nommé Quentin Tarantino… Certes Shocker est désormais daté avec sa B.O de titres Heavy metal des années 80 et n’a pas la force des classiques de Craven mais sa générosité et l’interprétation « larger than life » de Pileggi en fait une série B jouissive idéale pour ranimer l’esprit de la VHS un samedi soir !

Titre Original: SHOCKER

Réalisé par: Wes Craven

Casting : Michael Murphy, Richard Brooks (II), Mitch Pileggi…

Genre: Epouvante-Horreur

Sortie le: 31 janvier 1990

Distribué par: –

TRÈS BIEN

 

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