Critiques

DEAD LANDES (Critique Saison 1) Certifiée « création originale », à découvrir d’urgence

4 STARS EXCELLENT

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SYNOPSIS: À L’Escapade, petit camping des Landes, les vacances touchent à leur fin et une équipe de journalistes est venue tourner un reportage sur le départ des estivants. Mais soudain, le petit groupe est pris dans un terrible cataclysme : tremblements de terre, colonnes de flammes à l’horizon, objets non identifiés tombant du ciel… Et pour finir, un terrifiant brouillard apparaît et isole totalement les rescapés. Les journalistes et les derniers vacanciers doivent dès lors apprendre à survivre et cohabiter, mais surtout comprendre ce qui leur arrive. Vont-ils être secourus ? Sont-ils les derniers survivants de l’humanité ? Ce brouillard est-il naturel ou surnaturel ? Et qu’y a-t-il derrière…?

Si je vous dis : Le Visiteur du Futur, il y a de fortes chances pour que vous me répondiez : François Descraques. Et c’est bien lui qui se cache derrière la série événement Dead Landes, diffusée dès le 3 décembre 2016 sur France 4. La collaboration avec France Télévisions n’étonne pas d’ailleurs, tant la place laissée aux fictions originales françaises, ces dernières années, a été croissante sur la chaîne avec, semble-t-il, une grande liberté de ton accordée aux créateurs. Ici, François Descraques s’est associé à François Uzan et, pour narrer l’improbable épopée de ces estivants survivants, c’est le format court (20 minutes environ) et le principe du found footage qui ont été retenus. Le procédé évoque un reportage monté après-coup sur la base d’archives et/ou, tout au contraire, le suivi live des événements cataclysmiques qui s’abattent sur le petit camping landais, en conférant à la série une dynamique de narration efficace. La shaky-cam est juste assez frustrante, mais jamais incommodante, tandis que les deux cameramen (ultra motivés les mecs) aux commandes de l’image, permettent aux réalisateurs d’être à la fois derrière et dans l’intrigue, témoins quasi anonymes et muets.

Le found footage permet également une réelle connivence avec les comédiens, qui paraissent, ironiquement étant donné l’environnement dans lequel évoluent leurs personnages, totalement dans leur élément. Le niveau du casting, à cet égard, est excellent, avec une qualité d’interprétation vraiment bienvenue dans ce mélange assez délicat des genres dramatico-comiques et catastrophe. Se détache néanmoins nettement du lot le quatuor de tête, incarné par Thomas VDB, Julie Farenc-Deramond, Yacine Belhousse et Sören Prevost. Avec, notamment, une opposition très nette (et savoureuse) entre des personnages de femmes volontaires et fortes, et des mecs gavés au leadership, mais totalement à la ramasse. L’histoire fait d’ailleurs la part belle à la catégorie d’anti-héros que nous affectionnons le plus : les loosers. « Good heart, but not smart ». Très bien écrits (on sent l’attention portée à leur background, qui nous épargne des stéréotypes maladroits et leur confère énormément d’épaisseur), ils sont tous plein de bonne volonté (enfin…), mais dépourvus de jugeote. Précipités en plein chaos, dont il est pleinement question ici, la série s’attache à passer au crible leurs réactions face à l’imprévisible et à l’inconnu. Et lorsque se mêlent légendes landaises et dérèglement climatique, le chaos est bien évidemment total.

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La légende en question est peut-être un peu maladroitement amenée, comme à chaque fois ou presque qu’il est question dans une histoire de malédiction, peut-être aussi parce qu’on ne s’y attend pas. On pense à de multiples références, de The Mist à Under the Dome, en passant par Silent Hill ou The Walking Dead même, disséminées çà et là sous forme de clins d’œil au détour d’une réplique, d’un cadre, d’une situation ou d’un personnage. Autant d’instantanés qui, mis bout à bout, confèrent un ADN singulier à Dead Landes, qui cherche absolument à s’affranchir de ses modèles anglo-saxons pour imposer son style, bien français. Et c’est sur le désamorçage de la tension que tout se joue, avec le développement d’un humour bien de chez nous : celui de l’à-côté. Quelques répliques mordantes, qui font mouche, au bon moment : celui où l’on ne penserait pas à rire. « Des scènes hyper graves avec des trucs hyper cons en même temps ». Tel est le concept de fond pour faire de ce programme un survival inédit : un humour décalé combiné à une tension permanente, sur fond d’antagonismes forts entre foi et athéisme, vivants et morts, science et irrationalité.

Les questions s’accumulent au fur et à mesure des épisodes, en même temps que des problèmes satellites (peut-être trop nombreux ?) tiennent les rescapés de l’Escapade savamment éloignés de la « Limite », ce brouillard étrange qui encercle les lieux. La tension monte au sein du petit groupe comme on monterait une mayonnaise, et l’isolement de plus en plus pressant nous fait perdre nos repères autant qu’à eux. Dernier très bon point : les décors ultra-soignés, brossés comme par un ouragan, nous plongent sans peine dans cette atmosphère de fin du monde. Si Dead Landes n’est certes pas aussi déconcertante et innovante que ne l’était l’inénarrable Visiteur du Futur, elle a au moins le mérite de conserver la même liberté de ton à la télé que ne l’avait son prédécesseur sur le net. Cette première saison très prometteuse, ultra gérée en tous cas, éveille notre curiosité jusqu’au bout. Certifiée « création originale », à découvrir d’urgence.

Crédits: France 4

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