Critiques

UnREAL (Critique Saison 2) Nouvelle réalité

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SYNOPSIS: Les coulisses d’une émission de dating à travers les yeux d’une jeune productrice dont la mission est de manipuler les candidats afin d’obtenir les rebondissements dramatiques nécessaires à la vitalité du programme…

Nouvelle saison, nouveau Prince Charmant, nouveaux problèmes. Les productrices acariâtres de UnREAL sont de retour pour une deuxième saison (et une troisième déjà commandée) aussi frappadingue et politiquement incorrecte que la première. Succès critique incontesté, auréolé d’un Peabody Award (le Pulitzer de la télévision) décroché l’année dernière, la série de Marti Noxon et Sarah Gertrude Shapiro réunit toutes les conditions aptes à en faire un phénomène : provocation, candeur, vulgarité assumée et une attitude décomplexée plus que rare sur la chaîne Lifetime. Le script tient certes en équilibre précaire sur le fil vacillant du bon goût, mais le fait même que l’on risque à tout moment de balancer dans l’abjection totale donne à la série comme un parfum de rébellion. Un peu comme les fameux bad boys et leurs motos, on a beau savoir qu’il y a de grandes chances que cela finisse mal, l’attrait de l’aventure est trop séduisant pour qu’on résiste.

Notre petite équipe est au grand complet. Rachel (Shiri Appleby) et Quinn (la fantastique Constance Zimmer, qui s’éclate à jouer les patronnes à la peau dure) ont pris les commandes d’Everlasting, l’émission de télé-réalité inspirée par Bachelor, le gentleman célibataire, série sur laquelle la créatrice Sarah Gertrude Shapiro s’est faite les dents. On démarre la saison sur les chapeaux de roues avec nos deux productrices en pleine célébration : la série leur appartient et il semblerait qu’elles aient réussi à trouver un compromis qui leur plaise à toutes les deux, entre Quinn, obsédée par les parts d’audience et Rachel qui n’a pas renoncé à faire du travail qui compte. Elles décident de marquer le coup en se faisant faire un tatouage des plus élégants. Naturellement, cette entente cordiale ne va pas durer bien longtemps puisqu’on ne fait pas d’omelette sans casser des œufs. Certains de ces messieurs de la saison une sont là aussi, entre Jeremy (Josh Kelly) qui, quoi qu’il en dise, n’arrive pas à se sortir Rachel de la tête et Chet (Craig Bierko) venu « reprendre son royaume », c’est un sacré coup porté au concept de romance qui est si souvent la pierre angulaire des séries menées par des femmes. D’autant que l’entrée en scène de Darius (B.J. Brett, vu précédemment dans Agents of SHIELD) prétendant de l’année, Yael (Monica Barbaro), candidate aux motivations mystérieuses et Coleman (Michael Rady) que les patrons de la chaîne font venir pour gérer le chaos qui règne en maître sur le plateau, on est plutôt bien parti pour une myriade de désastres en tous genres.

La grande force et la grande faiblesse d’UnREAL, ce sont ses personnages délicieusement complexes, faillibles, fautifs, voire même carrément détestables. Personne ne sort indemne de la plume acérée des scénaristes qui croquent des portraits peu flatteurs, faisant ressortir les défauts de tout un chacun avec un trait parfois exagéré, ce qui à la longue, peut laisser le spectateur quelque peu indifférent à l’histoire. Comment choisir son champion, en effet, quand notre héroïne est passée tellement maître dans l’art de la manipulation qu’elle ne sait plus se poser de limites ? Et comment s’attacher à ces personnages qui évoluent sur notre écran, tous plus égoïstes et individualistes les uns que les autres ? C’est une bonne question en effet, et la série n’offre pas vraiment de réponse catégorique. Et pourtant, en dépit des réticences que l’on pourrait avoir quant au caractère de Rachel, Quinn et tous les autres, le script et les acteurs parviennent à trouver de rares et précieux moments de vulnérabilité qui font que l’on ne peut s’empêcher de croire dur comme fer qu’ils sont sur le chemin de la rédemption. Ça n’arrivera certainement pas tout de suite, mais tant qu’il y a un fond d’humanité en eux, tout est possible.

Crédits : Lifetime

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1 réponse »

  1. C’est drôle que la fin du billet parle d’une part de rédemption chez les personnages… Autant je peux voir (et accepter) cela chez Quinn, autant les trois autres (Chet, Jeremy et Rachel) me semblent définitivement perdus dans cette saison. Quinn fait tout pour jouer les invulnérables mais son bouclier explose lorsqu’elle apprend qu’elle ne pourra même pas décider de ne pas avoir d’enfant. Rachel tombe de plus en plus profondément dans un jeu de massacre des plus malsains, et l’idée même que Jeremy soit allé jusqu’à tuer pour elle ne la perturbe pas plus que ça… Cette scène de fin m’a fait froid dans le dos.

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