Critiques Cinéma

INDEPENDENCE DAY: RESURGENCE (Critique)

1 STARS TRES MAUVAIS

independence day resurgence affiche cliff and co

SYNOPSIS: Nous avons toujours su qu’ils reviendraient. La terre est menacée par une catastrophe d’une ampleur inimaginable. Pour la protéger, toutes les nations ont collaboré autour d’un programme de défense colossal exploitant la technologie extraterrestre récupérée. Mais rien ne peut nous préparer à la force de frappe sans précédent des aliens. Seule l’ingéniosité et le courage de quelques hommes et femmes peuvent sauver l’humanité de l’extinction. 

Lorsqu’il y a 20 ans, Roland Emmerich présente au monde Independence Day (ID4 dans le jargon des spécialistes), le réalisateur est conscient d’avoir découvert une recette toute personnelle du film catastrophe à grand spectacle, formule qu’il reprendra dans Godzilla, Le Jour d’Après ou 2012. Les ingrédients en sont simples : la destruction systématique d’une mégalopole Américaine (New York, Los Angeles, Washington, au choix) par des forces supérieures (un monstre, les aléas météorologiques, le magnétisme terrestre ou, ici, des aliens peu amicaux), et des héros militaires, scientifiques ou issus de la société civile qui sont plus malins, plus courageux et plus rigolos que les autres. Ajoutez une bonne dose de la sainte trinité du patriotisme US au cinéma (l’armée, la famille, les phrases chocs), et vous commencerez à comprendre comment ID4 est devenu le plus gros succès US et international de l’année 1996. Et il faut avouer que le film reste un plaisir coupable pour tous ceux qui étaient âgés de 10 à 25 ans lors de sa sortie, grâce principalement à un duo Will Smith/Jeff Goldblum qui faisait des étincelles. Quelle joie donc lorsque les humains apprirent la mise en route d’une suite, par Emmerich lui-même : le monde des blockbusters a bien changé en 20 ans, et Independence Day, avant les Armageddon, Transformers, Avengers et autres œuvres du même acabit, faisait figure de référence. Pourtant, ce Resurgence est un ratage en bonne et due forme, exemple criant du vide créatif intersidéral qu’Hollywood traverse depuis des années. 

INDEPENDENCE DAY RESURGENCE 1 CLIFF AND CO

Par peur de la prise de risque, LE tabou actuel dans les blockbusters, Independence Day : Résurgence se contente de recycler ce qui avait marché dans le précédent film, sans tenir compte des 20 ans qui ont passé, ni du public, qui a bien changé. Surtout cet Independence Day ressemble à tous les gros blockbusters de ces dernières années, où les personnages principaux, le scénario et les effets spéciaux sont interchangeables. Prenez la recette évoquée en début d’article, et remplacez les extra-terrestres par des robots aliens (Transformers) ou une météorite (Armageddon) ou transportez l’intrigue dans la Rome (Pompei) ou la Grèce Antique (Le Choc des Titans), le résultat sera toujours quasiment le même : dans ces films le casting est réduit à un rôle de faire-valoir d’effets spéciaux sensés être jamais vus… Mais eux aussi interchangeables ! Voir la scène de l’attaque de Chicago et New York de Transformers 3 et Avengers ou les tsunamis dans Le Jour d’Après et San Andreas, qui reprennent quasi les mêmes plans. Le tout étant généralement noyé dans un scenario brouillon, dont les scénaristes pensent qu’un dosage 1/3 humour – 1/3 défense des valeurs de l’Amérique – 1/3 phrases couillues bien senties suffisent à faire une histoire. 

independence day resurgence 2 cliff and co

Dans ce ID Resurgence (IDR), Emmerich se contente donc de reprendre ce qui a marché auparavant, sans se casser la bobinette à essayer d’être un peu original, et, important, sans Will Smith, le vrai héros de l’original. Résultat : les premières minutes du film sont expédiées à la vitesse de la lumière, puisque de toute façon les personnages, caricaturaux, ont déjà été vus des dizaines de fois dans d’autres films. A savoir l’ancien pilote de chasse qui a été mis au placard parce qu’il était trop tête brulée (ce qui sera pratique par la suite quand seuls les rebelles le vrais pourront sauver la planète) ; le fils du héros disparu qui doit assumer l’héritage familial ; les petits troisièmes rôle rigolos qui permettent de faire des blagues rigolotes pour compenser le sérieux des héros, des vrais qui eux n’ont pas le temps de rigoler tout le temps (le monde est en instance de destruction, je vous le rappelle) ; les opportunes bonnes femmes qui ont leur caractère, mais qui quand même à la fin vont s’amouracher des héros, parce que c’est trop des héros (Charlotte Gainsbourg, que fais-tu dans cette galère ?) ; le quota personnage chinois pour le marché chinois et acteur black badass pour éviter les polémiques de film trop blanc, à la mode à Hollywood en ce moment.. Bref, tout y est, il faut juste se pencher pour se servir. Et comme c’est une suite, on garde quand même tout un lot d’auto-références (le discours guimauve du Président) qui se veulent un hommage, mais qui permettent surtout de ne pas s’embêter à story-boarder trop de nouvelles scènes d’action. Parce qu’à part la toute dernière séquence (et encore), IDR se contente de reprendre ce qui avait marché dans ID4 : des batailles aériennes incompréhensibles, une visite à l’intérieur du vaisseau mère, une attaque des méchant aliens dans la base des humains, à grand coups de fumée blanche et de vitres pare-balles détruites, le sacrifice de personnages qu’on aime bien, etc.. Bref, là où l’on pouvait attendre un bon film sympathique et divertissant, exploitant ses bonnes idées (le fait que les humains aient intégrés la technologie extra-terrestre à la leur, ce que sont devenus les héros du premier épisode), on tombe dans le remake/suite fainéant, incapable d’apporter de l’eau fraîche à un moulin qui se noie dans un scénario déjà vu, des acteurs lâchés en pleine nature, et des effets spéciaux qui donnent l’impression d’être un copié-collé à peine retravaillé de l’épisode précédent. Si l’on considère que le but d’Emmerich et des producteurs n’est non pas de faire un bon film, mais de relancer une nouvelle franchise (qui évitera, encore une fois, de prendre des risques) en refaisant un Independence Day sauce 2016 avec un casting plus jeune, on peut à la limite comprendre le pourquoi du comment de ce ratage. Mais on ne peut pas pour autant le cautionner.

independence day resurgence affiche cliff and co

Titre Original: INDEPENDENCE DAY: RESURGENCE

Réalisé par: Roland Emmerich

Casting : Jeff Goldblum, Bill Pullman, Liam Hemsworth,

Charlotte Gainsbourg, Jessie Usher, William Fichtner…

Genre: Science fiction, Action

Sortie le: 20 juillet 2016

Distribué par: Twentieth Century Fox France

1 STARS TRES MAUVAISTRÈS MAUVAIS

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