Critiques Cinéma

CASABLANCAS, L’HOMME QUI AIMAIT LES FEMMES (Critique)

3 STARS BIEN

casablancas affiche

SYNOPSIS: En créant l’agence Elite dans les années 70, John Casablancas invente le concept de « super Top model ». Si des noms comme Naomi, Cindy, Linda, Iman, Gisèle ou Kate font aujourd’hui partie de la culture populaire, c’est en grande partie grâce à lui. Il a vécu la vie dont beaucoup rêvent, entouré de glamour et de beauté. Il raconte ici son histoire.  

Hubert Woroniecki est un ancien booker qui travailla notamment à l’agence Elite,  aux côtés de John Casablancas. C’est avec lui qu’il prépara ce documentaire et conçut le storytelling de cette success story dont il est le narrateur. Woroniecki n’a en effet pas d’ambition journalistique et encore moins polémiste, il ne cherche pas à découvrir l’homme qui se cache derrière l’image de ce golden boy à la réussite éclatante mais controversée. Le programme est dans le titre et le documentaire aurait pu être sous titré: « Casablancas by Casablancas« . Il adopte en effet un point de vue unique, celui de John Casablancas, lequel, en voix off, narre son histoire sans être contredit par d’autres intervenants, ni même par les images dans lesquelles il ne faut chercher aucun sous texte. Seule compte l’histoire officielle, la mise en scène de la réussite d’un homme à la personnalité « bigger than life », aussi attachante qu’agaçante. Ceci étant dit et si on accepte ce programme, Casablancas est d’abord une réussite en ce qu’il se regarde avec plaisir et est arrivé à capter le zeitgest de ces décennies où les mannequins les plus célèbres ont brisé le plafond de verre qui les empêchait de devenir des stars aussi populaires que les grandes actrices. John Casablancas fut présenté comme un génie du marketing et, à vrai dire, il a su avant les autres, percevoir le vide laissé par une industrie cinématographique dont les stars féminines ne parvenaient plus à fasciner le public. Comme le dit John Casablancas avec humour et lucidité: c’est la médiocrité de son milieu et de ses concurrents qui lui ont permis de passer pour un génie.
casablancas 1

La célébrité de ses mannequins, dont il façonna l’image, dépassa largement le petit microcosme de la mode. Les plus grands mannequins de l’époque sont ainsi passés par son agence, on peut notamment citer: Stephanie Seymour, Linda Evangelista, Cindy Crawford, Naomi Campbell (qui fut licencié puis réengagée). Toutes sont devenues des stars planétaires que l’on vit apparaître dans tous les médias. En fait Casablancas se regarde comme on lit un numéro de Gala dans la salle d’attente du médecin et c’est bien là sa limite. C’est d’abord plaisant, tout du moins amusant, mais le manque de matière finit par lasser et agacer. Si le documentaire pêche par son point de vue, il pêche aussi par sa mise en scène. La construction chronologique le prive en effet de toute surprise, l’emmène sur la longue ligne droite d’une route dont on voit en permanence la fin. Le temps paraît même un peu long lorsqu’il aborde la fin des années 90 et qu’il s’agirait alors de retourner cette belle photo, de comprendre ce qui se trame alors dans l’envers de ce décor parfait, quelques mois avant que n’éclate le scandale révélé par la BBC. Le départ de John Casablancas, le scandale qui ébranla l’agence dont il est le fondateur et sur laquelle il construisit sa légende, sont ici plus évoqués que traités. Gérald Marie coupable désigné par l’enquête de la BBC, endosse le rôle du némésis, d’abord dans l’ombre de John Casablancas qui se méfait énormément de lui, mais  avec lequel il finit par s’associer pour permettre à son agence de se développer.

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Le documentaire ne ment pas sur son programme et s’y tient scrupuleusement, de la première à la dernière page, mais il est difficile de ne pas se sentir mal à l’aise quand les pages moins glamour sont tournées aussi rapidement. La construction chronologique ne permettait pas de faire l’impasse sur cette période et sur les polémiques liées aux relations de John Casablancas avec quelques unes de ses très jeunes « supermodels », encore adolescentes, notamment Stéphanie Seymour; mais la façon dont cette partie de l’histoire est traitée, laisse quand même un sentiment de malaise. Finalement Casablancas ressemble bien à son protagoniste. Impeccable, amusant, c’est un trip léger et inconséquent dans ces décennies où le sens de l’image et du marketing de John Casablancas fit de lui un nabab arrivant à se défaire des polémiques nombreuses autour de sa personnalité et de ses méthodes. Ce documentaire est un peu l’équivalent de ces biographies qui garnissent les rayons des hypermarchés et que l’on peut aimer lire sur la plage. Si vous en êtes friand, il est certain que vous aimerez Casablancas.

casablancas affiche

Titre Original: CASABLANCAS THE MAN WHO LOVED WOMEN

Réalisé par: Hubert Woroniecki

Casting : Cindy Crawford, Linda Evangelista, Naomi Campbell,

Stephanie Seymour, Paulina Porizkova, Iman …

Genre: Documentaire

Sortie le: 29 juin 2016

Distribué par: UFO Distribution

3 STARS BIENBIEN

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